Cosmic Star Heroine
Appréciation 3

Nous sortons partagés de l’aventure Cosmic Star Heroine. Partagés entre l’évidente qualité du jeu, son système de combat original et très bien pensé, sa bande son parfaitement en accord avec l’ambiance, son casting haut en couleurs, d’un côté, et notre absence d’implication dans la trame principale et le manque de développement de son univers. Peut-être aussi un peu déçus de ne pas retrouver l’humour de ses développeurs, ici désireux d’offrir un conflit plus sérieux mais finalement moins bien écrit. Il n’en reste que Cosmic Star Heroine est un RPG de bonne facture, quel que soit son support

Résumé 3.0 Correct

Cosmic Star Heroine

Cosmic Star Heroine a des allures de homebrew, de fan game, de petit jeu, de titre à petit budget. Malgré ses trois années de développement, Cosmic Star Heroine aura du mal à s’opposer aux mastodontes du genre, comme lors de la sortie en Avril 2018 sur PS4, dans la foulée d’un Dark Souls Remastered ou Valkyria Chronicles 4, ou en Août 2018 sur Switch, juste après un certain Octopath Traveler. A défaut de connaître la science du timing, l’équipe de Zeboyd – responsable notamment des RPG parodiques Cthulhu Saves the World et Breath of Death VII – s’est donnée les moyens de passer à la vitesse supérieure, après les deux épisodes, 3 et 4, de Penny Arcade, déjà un cran au-dessus. Pas nécessairement en termes de qualité, mais d’ambition. Alyssa L’Salle est un agent gouvernemental exemplaire. Et cette exemplarité l’entraîne à découvrir un complot mondial, même galactique, impliquant son propre patron. Fort d’une force de frappe colossale, ce dernier modifie très vite le statut d’Alyssa aux yeux du grand public, la transformant d’héroïne nationale à violente terroriste, heureux décédée dans un de ses attentats. Pas bête. Le coeur de l’histoire de Cosmic Star Heroine nous propose de suivre Alyssa dans sa quête de sauvetage de la galaxie et de recherche de compagnons insolites. Le casting est en effet à la hauteur de l’événement puisque se joindront à nous, pêle-mêle, un robot danseur-dragueur, un informaticien fan de jeux vidéo, une fourmi géante cybernétique, un cousin éloigné policier ou encore une armoire à glace barbue toujours prêt à passer à l’action. C’est en cela que nous retrouvons la patte des créateurs.

Et heureusement d’ailleurs, puisque le scénario, se voulant dramatique, ne décolle jamais vraiment. Au travers de dialogues clairs et concis – fait pourtant appréciable – les enjeux ont bien du mal à nous impliquer et mis à part à un ou deux événements près, les péripéties d’Alyssa tiennent davantage des vacances d’été que de la fin du monde connu. Ce casting sauve toutefois tout cela, grâce à des dialogues savoureux et un humour qui vient à point sauver le désintérêt pour la conclusion de ce conflit. D’autant qu’il est difficile de choisir moins charismatique, en guise de bad guy, un salary man aux lunettes de soleil greffées sur le visage. Le périple demande de parcourir plusieurs planètes, chacun avec son ambiance, et, petit plaisir, sa mini carte du monde, desservant en général une ville et moult donjons, annexes comme facultatifs. A la Chrono Trigger diront certains : ils auront raison.

Cosmic Star Heroine s’inspire des productions japonaises, pour un résultat occidentalisé, certes, mais non sans références. La démarche des sprites est un premier indice, la carte du monde comme nous l’inscrivions juste ci-dessus, et, clairement, le système de combat. A l’instar de son modèle, les ennemis sont visibles sur le terrain de jeu. A leur rencontre, les héros se placent sur l’aire de jeu, sans changement de décor, puis apparaît une jauge de tours, à la Grandia ou Final Fantasy X. Très dynamique, le système se veut tout de même particulièrement original, en offrant des fonctionnalités, sans forcément être inédites, peu courantes : techniques devant être rechargées en se protégeant le temps d’un tour, objets à utilisation unique par combat, la notion de style qui permet d’améliorer les compétences, la notion de Hyper, arrivant de manière différente selon le personnage, permettant d’augmenter les dégâts sur un tour ou encore la mort différée d’un tour en cas de points de vie négatifs.


Un commissariat plein de zombies, un hall avec une grande statue, des énigmes à base de rubis dans des statues et de partitions à jouer au piano pour déplacer une armoire, Cosmic Star rend un joli hommage aux deux premiers Resident Evil, et principalement au 2.


L’agrégation de tous ces éléments se veut particulièrement cohérente. Les ennemis ne ré-apparaissant pas, il n’est pas possible de farmer : la compréhension de cet ensemble devient donc indispensable à la progression. Le jeu propose toutefois suffisamment de quêtes annexes pour permettre de toujours disposer de quelques niveaux d’avance sur celui des ennemis principaux. Cosmic Star Heroine mise en effet énormément sur le confort de jeu, comme nous l’indiquent les boucliers qui peuvent être placés sur n’importe qui, les points de vie du groupe qui reviennent à fond à la fin de chaque affrontement, l’expérience distribuée toujours équitablement entre tous les membres de l’équipe, présents ou non sur le terrain, décédés ou non. Rares sont les titres à encourager autant à changer de stratégie et à alterner les membres de l’équipe pour tester de nouvelles formations, chaque protagoniste se jouant radicalement différemment que les autres.

Malheureusement, malgré de nombreux pans facultatifs, la durée de vie du titre s’effondre autour d’une quinzaine d’heures de jeu : les donjons annexes se bouclent en quelques dizaines de minutes, la quête principale tourne autour de la douzaine d’heures et la faculté de sauvegarder n’importe où finit d’enterrer la difficulté. Autant dire qu’il ne faut pas hésiter à pousser le curseur dès le premier parcours sur l’un des deux modes les plus ardus afin de rencontrer un challenge à la hauteur de nos attentes, ce qui demandera de maîtriser encore un peu plus le système de baston – le nombre d’ennemis ne changeant pas. Mais qu’importe, la progression, fluide et rapide, reste agréablement accompagnée par la bande son made by Hyperduck, déjà responsable de la bande son de l’excellent Dust : an Elysian Tail. Il faut ici miser sur des sonorités début des années 90, où les synthés étaient les rois pour accompagner les univers de science-fiction. Un plaisir.

Nous sortons partagés de l’aventure Cosmic Star Heroine. Partagés entre l’évidente qualité du jeu, son système de combat original et très bien pensé, sa bande son parfaitement en accord avec l’ambiance, son casting haut en couleurs, d’un côté, et notre absence d’implication dans la trame principale et le manque de développement de son univers. Peut-être aussi un peu déçus de ne pas retrouver l’humour de ses développeurs, ici désireux d’offrir un conflit plus sérieux mais finalement moins bien écrit. Il n’en reste que Cosmic Star Heroine est un RPG de bonne facture, quel que soit son support.

Articles qui pourraient vous intéresser

Old Man’s Journey

Old Man's Journey

Old Man's Journey a beau être ce genre de petit jeu trop cher par rapport à sa durée de vie au ras des pâquerettes, il n'en demeure pas moins charmant. Direction artistique très réussie, gameplay simpliste qui fait son boulot et n'est pas aussi prétexte qu'il n'y paraît sur le papier tant il vient renforcer l'atout principal qui le fait se démarquer : mettre en lumière un protagoniste âgé. Pour lequel on n'ira pas forcément dire que ce sera notre « nous du futur », même si l'on ne pourra cacher qu'on espère tenir sa même forme physique et détermination lorsqu'on parviendra à son âge. Mais qui nous touchera tant l'on pensera à notre propre papy, ce qui fera que l'on mettra un point d'honneur à l'aider tout au long de son périple à lui aménager son trajet pour qu'il puisse arriver à sa destination. Avec toujours ce plaisir aussi indiscret que coupable de découvrir les tenants et aboutissants de cette petite histoire ordinaire et intimiste..

Ratchet & Clank

Ratchet & Clank

La formule Ratchet & Clank à base de plate-forme et d'action a toujours fonctionné et ce, dès ce premier opus qui n'a pas pris une ride, même sur son support originel. Parce que finalement, la série n'a pas forcément beaucoup évolué au fil des épisodes, hormis le fait de s'appuyer davantage sur ce qui fait le succès du soft : plus d'armes badasses, de gadgets et surtout, d'humour. Parce qu'il fut un moment où le jeu vidéo était peut-être devenu trop sérieux et mature, notamment durant l'ère PS360, d'où le fait que la franchise d'Insomniac Games a toujours réussi à conserver son public. Parce que même si la formule n'a pas forcément beaucoup évolué, les sensations jouissives de jeu et l'univers cartoonesque, non. Et c'est bien là tout ce qu'on demande..

Berzerk

Berzerk

Bien que simpliste, le système de Berzerk n’en est pas pour autant mal rôdé, au contraire. La présence d’Otto, la difficulté progressive, le pallier des 5000 points loin d’avoir été choisi au hasard, sont autant d’éléments démontrant la justesse des choix techniques et des tests effectués. Un vrai plaisir.

Poster un Commentaire

avatar
2000
  S'abonner  
Me notifier des