Barbie as the Princess and the Pauper

barbie-coeur-de-princesse_jaquette[dropcaps style=’2′]Grande nostalgie de lancer un jeu avec Barbie comme héroïne. Barbie, barbie, barbie… Mignonne petite poupée de plastique qui servait de modèles à toutes ces futures jouvencelles en fantasme du prince charmant. De ce visage plastique parfait et cette longue crinière blonde brillante, tu nous donnes un idéal impossible à atteindre. Car la nature est mal faite : dans la réalité, la fille moyenne sera toujours trop brune, trop vilaine et trop grosse par rapport à ce modèle de canon de beauté. Et vu que, dès mes plus jeunes années, je faisais déjà preuve d’énormément d’intelligence, j’épilais crin après crin la couleur paille, crayonnait exagérément cet harmonieux visage de la même manière qu’une Nina Hagen en transe éthylique avant de les décapiter et les jeter par la fenêtre. Rassurez-vous, mon rapport avec la poupée légendaire de Mattel n’était en rien une preuve avant-gardiste de psychopathie. J’en veux pour preuve : à 26 ans, je me suis vue lancer un émulateur Game Boy Advance pour retrouver cette charmante créature. Comme pour m’excuser de cette vilaine jalousie passée…[/dropcaps]

… Et me donner ainsi bonne conscience. Plus sérieusement, de bonne conscience en est-il vraiment question mais aucunement pour excuser ma sombre pathologie rendant Barbie comme étant la plus grande martyr de ma chambrée au cours des années 90. D’excuse, j’en dois bien, mais surtout vis à vis de notre rédacteur en chef, qui se voit supporter l’image « d’école des fans » à son site, la faute à des rédacteurs trop gentils, dotés de si bons goûts et un si bon pif qu’ils ne peuvent s’empêcher de jouer à de bons jeux au détriment des mauvais. A ce statut pas si loin de la lâcheté, j’ai décidé de rejoindre notre leader dans son sacrifice de subir des mauvaises expériences vidéo-ludiques de temps à autre. Pour le bien de tous, des lecteurs que vous êtes comme pour la bonne fermeté de nos abdos et des jeux estimés qui ne nous paraîtront que meilleurs.

barbie-coeur-de-princesse_screen-001Motivée par la hargne accompagnant toute bonne résolution de début d’année qui se respecte, je me suis lancée dans la folle aventure de Barbie as the Princess and the Pauper. Et la réaction première a été une grosse pointe de déception. Merde quoi ! Il fallait comprendre : dans ma recherche de médiocrité, je me retrouve face à un jeu pas forcément moche – à défaut d’être beau – à la prise en main aussi instinctive que maniable sans véritable caprice. Mieux encore, dès le premier niveau, on se surprend à se retrouver face à un jeu qui semble proposer un but. Bien que l’histoire est bidon, inutilement prétexte à fouler les quatre environnements présents au fil des vingt-et-un niveaux, qui, de plus, n’a vraiment rien à voir avec le conte du Prince et du Pauvre qui vaut son nom au jeu. Mais en tout cas, pour terminer un niveau, on doit ramasser un certain nombre de choses, actionner un certain nombre de leviers et autres joyeusetés. Car Barbie, nommée ici Anneliese, est quelqu’un de serviable.

Après tout, comment peut-il en être autrement quand on voit cette charmante frimousse à laquelle on donnerait le bon dieu sans confession. Et ça, même son entourage ne s’y trompe pas. Car déjà, les habitants n’ont pas honte de profiter du côté bonne poire en quémandant de l’aide à leur figure royale – Barbie qui ne serait pas une princesse ? Mais où va le monde ? – mais surtout, cette dernière n’est pas toute seule dans ses pérégrinations qui la mèneront au vilain – aussi bien dans ses attentions que via sa sale face nous faisant demander si ce n’est pas en fait UNE marâtre – duc Preminger. Même si la jeune blonde a troqué son ombrelle au profit d’un gros bouclier rose autrement plus convaincant, les dangers et obstacles sont tels qu’elle doit également compter sur son amie Erika – donzelle à la voix aussi offensive qu’une Castafiore au sommet de sa puissance – et ses deux chats, Serafina – petite chatte aimant tout autant grimper aux rideaux qu’aux arbres – et Wolfie – mâle péteux à la démarche aussi fière qu’un Simba période Game Boy ayant au moins l’avantage de ne pas avoir peur de donner de ses pattes pour jouer la taupe. Et pas question de se la jouer solo puisque le jeu tout entier repose sur la coopération par paire de toute cette joyeuse petite troupe. Le joueur est donc invité à switcher entre l’un et l’autre des deux personnages mis à disposition pour chaque stage histoire d’utiliser au mieux la capacité propre de chacun afin d’avancer et récolter/actionner chaque objectif proposé. Seule exception pour les boss présents tous les cinq niveaux (sans compter le boss de fin) qui se retrouveront face à un seul compagnon. Des tableaux se présentant plus sous la forme de mini-jeux, par ailleurs repris au sein d’un mode arcade jouable seul ou à deux avec une petite dimension scoring supplémentaire.

barbie-coeur-de-princesse_screen-002Bref, tout ceci donne lieu à un jeu bien huilé et sur le papier, pas désagréable en soi. Le cahier des charges de l’acceptable est donc parfaitement rempli. Mais honnêtement, si la sauce prend gentiment cinq minutes, le temps de faire le premier environnement des jardins, on se laisse vite gagner par l’ennui. Le parcours de cette forêt bucolique peuplée de corbacs, kamikazes dès lors qu’on leur fout un bouclier devant les yeux – trop forte cette Barb… Pardon, Anneliese ! –, d’écureuils lanceurs de glands et autres pommes de pin sanguinaires tire déjà la sonnette d’alarme mais la seconde moitié du jeu, lorsqu’on a le courage d’insister bêtement, se révèle franchement ennuyeuse et soporifique, malgré la très courte durée de vie du soft. On a beau changer le lieu – risquer son brushing dans l’humidité sombre d’une mine et un village peuplé de boulangers aux poches si pleines qu’ils en jettent des sacs de farine par les fenêtre au lieu de nettoyer pour se débarrasser des rats présents à chaque coin de rue, de toit et de balcon – la répétitivité est là. Toujours à faire la même chose : ramasser huit machins, actionner huit mécanismes, détruire huit vases… Le tout livré avec une facilité franchement aberrante – en lieu du Prince et du Pauvre, c’est plus à Barbie As Highlander qu’on a affaire – donc niveau challenge, on repassera. Même les tableaux de boss, seules bouffées d’air frais et de diversité à l’ensemble sont (trop) vite expédiés. Enfin, on pestera sur le seul souci technique de l’ensemble qui est de se prendre parfois des dégâts de manière injustifiée lorsqu’on tue un « ennemi », à supposer qu’on puisse utiliser ce terme. Certes, ça n’empêchera pas qu’on sera loin d’entamer une jauge de vie quasi-illimitée mais plutôt blasant à la longue.

[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]Alors, bien entendu, on pourra dire que Barbie as the Pauper and the Princess est un jeu destiné avant tout pour un jeune public mais voilà bien ce genre de parti-pris que j’exècre au plus haut point : les enfants ne sont pas des imbéciles pour autant. Sans aller dire qu’il faille le challenge d’un Dark Souls, on peut quand même y mettre un peu de difficulté mais surtout un peu de diversité.[/section]

  1. N’est-elle pas brune l’acolyte de la blonde princesse sous produit de Barbie ? Enfin châtain, preuve qu’il y en a pour toutes les couleurs. Ce n’est pas mal de critiquer de mauvais jeux, même si ça soulève la grande question, à quoi un blog surtout pour parler de jeux que personne ne joue, parce que les jeux à licence généralement se vendaient et se vendent j’imagine toujours loin d’une clientèle qui s’informe, les lecteurs de blogs sont des clients éclairés et pas vraiment le coeur de cible de la Game Boy Advance, donc mauvais jeux oui, mais pourquoi ? En plus il n’a pas l’air si mauvais non ?

  2. Je pige pas trop la présence d’un article sur un tel jeu sur archaic.

    C’est un truc de pub sponsor ? C’est pour le fun ? Pour dégager toute une colère amassée envers les barbies ? Je comprends pas ! Enfin, tant mieux si ça vous a défoulé / fait plaisir 🙂

    1. Archaic est le reflet de ce à quoi nous jouons. Il arrive donc par voie de conséquence que des titres atypiques apparaissent. Certains les taisent, d’autres préfèrent les crier. Et cela donne ça. :baby:

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