Utopiales 2017 : Les films en compétition

Utopiales 2017 : Les films en compétition

Chaque occurrence des Utopiales propose un panel de films en compétition. Les Utopiales sont en effet un festival avec un prix International à la clé. Cette année ont été mis en compétition les films suivants :

  • HOSTILE
    de Mathieu Turi
    France, 2017, 83’, VOSTF
  • A DAY
    de Sun-ho Cho
    Corée du Sud, 2017, 90’, VOSTA
  • PROJECT ITOH 3 : GENOCIDAL ORGAN
    de Shukou Murase
    Japon, 2017, 114’, VOSTF
  • BLACK HOLLOW CAGE
    de Sadrac González-Perellón
    Espagne, 2017, 105’, VOSTF
  • ATTRACTION
    de Fedor Bondartchuk
    Russie, 2017, 125’, VOSTF
  • JOJO’S BIZARRE ADVENTURE : DIAMOND IS UNBREAKABLE CHAPT. 1

    de Takashi Miike
    Japon, 2017, 119’, VOSTA

  • SALYUT 7
    de Dmitry Kiselev et Klim Shipenko
    France, 2017, 83’, VOSTF
  • LE DEMON DE LAPLACE
    de Giordano Giulivi
    Italie, 2016, 97’, VOSTF
  • COLD SKIN
    de Xavier Gens
    France, 2017, 107’, VOSTF

Encore plus de films ont été présentés cette année, et une fois encore, ils ont été tous visionnés. Sans plus attendre, nos avis.

HOSTILE

Dirigé par Mathieu Turi

« Mon nom est Juliette, et j’ai survécu à l’Apocalypse. Vous pensez que j’ai de la chance ? Vous avez tort… »

Dans un monde en ruine après une catastrophe inconnue, l’espèce humaine tente de se reconstruire. Les survivants se battent chaque jour pour trouver de la nourriture et ne sortent que la journée, car dès que le soleil se couche, d’étranges créatures sortent pour chasser. Juliette, une jeune femme intrépide et abimée par la vie, est la seule à oser s’aventurer près des villes pour y trouver quelque chose à ramener au camp. Mais un jour comme les autres, sur le chemin du retour, elle perd le contrôle de sa voiture, et subit un terrible accident. Lorsque Juliette reprend connaissance, elle est blessée, coincée dans son véhicule, et… il fait nuit. Très vite, quelque chose approche…

[youtube width= »590″ height= »376″]https://www.youtube.com/watch?v=o71Byvfe-Sk[/youtube]
Le mariage de la comédie romantique et de l’horreur a de quoi surprendre, et au moins intriguer. Hostile est le croisement improbable entre Pretty Woman et Resident Evil Extinction. L’histoire de Juliette, une fille de la rue, et Jack, un beau et riche propriétaire de galerie d’art (français) a de quoi surprendre, entre deux moments de survie. Sous forme de flashbacks, ces passages ont pour but d’amener un final qui ruine tous les efforts de narration et mise en scène de Matthieu Turi – dont c’est le premier long-métrage. Pourtant, les duels que se livre Juliette face à elle-même et son environnement hostile (justement) ne sont pas dénués d’intérêt et répondent – peut-être un peu trop – aux codes du genre de l’horreur. Matthieu Turi, avec l’aide de Xavier Gens, fait appel à son expertise de la photo pour offrir quelques jolis plans, mais le huit-clos qui se jouera une grande partie du film ne lui permet alors plus de briller. Au contraire. D’autant que le mystère enveloppant souvent ces univers post-apo est, malheureusement, trop vite brisé pour espérer faire parler du film une fois le générique de fin terminé. Une tentative originale, et assez plaisante à voir, mais qui n’est pas suffisamment marquante pour rester dans les mémoires bien longtemps.

La première projection de la compétition n’aura pas mis la barre bien haut, bien au contraire. Partant de la volonté de proposer, sur deux époques différentes, une histoire d’amour et un film d’horreur, Hostile se plante sur de nombreux points. Tout commence pourtant pas mal avec la mise en place d’une ambiance post-apocalyptique pas trop mauvaise prenant place dans un désert californien, sur fond d’une mystérieuse menace qui met bien à mal un restant d’humanité, et une héroïne qui tente tant bien que mal bien de survivre à ça, surtout après le crash de sa voiture. S’en suit différents flashbacks sur son passé, avant “l’événement”. Et là, c’est le ratage complet : un scénario sentimental ridicule, déjà vu, très mal joué, oscillant entre l’ennuyeux et le consternant, qui finit par déteindre sur la partie horrifique du film, pourtant pas exempt de tension, mais assez prévisible dans son ensemble et qui se voit coupée toutes les cinq minutes pour une replongée dans le passé pour longuement expliquer des broutilles. Le bouquet final, on le sent arriver à dix kilomètres en espérant pourtant qu’il ne se concrétise pas, tellement il semble tiré par les cheveux. Dommage, il débarquera avec pertes et fracas, provoquant rires et facepalms dans la salle. Hostile partait d’une très bonne volonté au final, avec une réalisation pourtant bonne, mais à trop vouloir mixer les genres, il finit par se perdre dans la facilité et n’arrive pas à montrer ses meilleurs atouts.

A DAY

Dirigé par Sun-ho Cho

De retour d’un séminaire, Jun-young assiste a un accident de voiture. Parmi les victimes se trouvent sa fille Eun-jung ainsi qu’une autre jeune femme, conjointe d’un ambulancier prénommé Min-chul. Jun-young et Min-chul vont être pris dans une boucle temporelle.

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A Day peut être vu comme une ré-interprétation moderne du film Un jour sans fin, à la coréenne. Un cocktail détonnant qui se révèle passionnant à suivre, grâce à l’enquête que les êtres piégés vont mener pour découvrir les raisons de leur systématique retour dans le temps. Grâce à d’habiles montages, l’avancée des indices n’a aucunement besoin d’explications et se suffit souvent d’images et d’apports visuels. Ce thriller à énigme(s) s’autorise des scènes poignantes, entre amour d’un père pour sa fille et d’un mari pour sa femme, au point, même de surprendre quant au dénouement. Des combats, il y en a et c’est peut-être là que A Day pêche le plus : les confrontations ne sont pas son fort. Il est tellement meilleur dès lors qu’il remet le scénario sur le devant de la scène. Mais qu’importe, cette belle découverte laisse un très bon souvenir.
Cette production sud-coréenne s’avère être une excellente surprise. Prenant comme modèles les classiques comme Un jour sans fin ou Edge of Tomorrow, le film plonge ses différents protagonistes dans une boucle temporelle et les spectateurs dans une intrigue musclée et particulièrement bien ficelée. L’idée première de ce genre de pitch où les mêmes évènements se répètent inlassablement est d’apporter de la variation et de la progression à chaque retour arrière, et A Day s’en sort très bien en distillant cela dans un rythme carré et soutenu. Mettant de côté la science-fiction que consiste la boucle temporelle, le film s’attarde davantage sur l’humain et les drames familiaux sans jamais aller dans la mièvrerie larmoyante, avec des acteurs qui assurent le job comme il faut, et une réalisation particulièrement léchée. Au final, A Day constitue vraiment ce que peut offrir les Utopiales : une très bonne découverte, totalement insoupçonnée.

PROJECT ITOH 3 : GENOCIDAL ORGAN

Dirigé par Shukou Murase

Depuis le jour où la ville de Sarajevo a été dévastée par une arme nucléaire de construction artisanale, la guerre contre le terrorisme a littéralement explosé. Les grandes démocraties se sont transformées en états militaires et les pays en voie de développement sont assaillis par une vague de génocides. Un mystérieux américain du nom de John Paul semble être à l’origine de l’effondrement du monde moderne. L’agent Clavis Shepherd des forces spéciales est chargé de traquer ce mystérieux inconnu et de trouver le véritable cœur des ténèbres – un organe génocidaire.

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Dernier volet de la trilogie Project Itoh, Genocidal Organ maintient ce besoin d’être extrêmement verbeux. Oui, il dépeint la guerre, oui, il est le plus ancré dans la réalité du projet, mais il n’épargne pas son spectateur d’échanges et messages. Il est donc indispensable d’en être conscient avant d’entrer en séance, sous peine de rattraper sa nuit en quelques minutes, et même en étant prévenu, ce n’est pas gagné que vos paupières résistent à tous les dialogues. Quelques jours après, qu’en reste-il ? Bien peu de chose, malheureusement. Entre les discours moralisateurs trop longs et l’action sans originalité, moi, spectateur, n’en a conservé que de rares bribes de souvenir. Que dire de plus que : aussi vite oublié que vu.
Après le très sympathique Empire of Corpses et l’abominable <harmony/>, les Utopiales ont diffusé cette année le troisième et dernier opus de la série d’adaptations des nouvelles écrites par Satoshi Itō (ou Project Itoh), à savoir Genocidal Organ. Ce dernier constitue assurément l’épisode le plus terre à terre, avec une intrigue prenant place dans une époque très similaire à la nôtre, avec un mode dont l’équilibre est sans cesse menacé par le terrorisme et des conflits internes de plus ou moins grands pays. L’intrigue propose, au travers d’une équipe de soldats d’élite en apparence sans état d’âme, de critique ouvertement notre société actuelle de manière assez incisive et provocante : complots politiques, influence des grosses corporations, contrôle de l’information par les médias, ignorance de la population… Les dialogues sont pertinents même s’ils partent parfois dans quelques délires philosophiques ou allégoriques, et les scènes d’actions sont aussi réussies que crues et parfois choquantes de réalisme, montrant finalement ce qui peut se passer réellement dans d’autres parties du globe, dans notre monde réel. Au final, Genocidal Organ est peut-être le moins accessible des trois films, mais c’est assurément celui qui fait le plus réfléchir.

BLACK HOLLOW CAGE

Dirigé par Sadrac González-Perellón

Une jeune fille, traumatisée par la perte de son bras, vit dans une maison isolée au cœur des bois avec son père et son chien-loup. Dans la forêt, elle découvre un grand cube noir qui a le pouvoir d’agir sur le passé…

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Premier film du réalisateur espagnol Sadrac González-Perellón, Black Hollow Cage semble vouloir faire revenir le film de genre sous les projecteurs. Et comme son réalisateur l’a indiqué lors d’une vidéo projetée en amont : “les avis sont partagés”. Les premières minutes sont enthousiasmantes : les événements se déroulent dans une gigantesque maison perdue en pleine forêt, à la fois majestueuse et oppressante. Les protagonistes enchaînent les prises de vue “méditantes”. Le suspense amené par la découverte par un cube aux abords de la maison et de deux jeunes inconnus agressés non loin également a de quoi tenir en haleine. Et puis très vite, la dure réalité rattrape le scénario : rythme lent, plan contemplatifs sans intérêt, dialogues souvent ennuyeux, logique douteuse et jeu d’acteur déplorable. Mention spéciale à une exécution en fin de “pellicule” (oh la vieille expression qui n’a plus court) qui n’a réussi à amener que l’hilarité à défaut de la peur. Une bien triste constat pour ce titre qui aurait, en effet, pu nous scotcher. Au lieu de cela, il nous fait sortir la montre tous les quarts d’heure en espérant une fin anticipée, qui aurait très certainement suffit.
Parfois on devrait davantage écouter son instinct et fuir à la première occasion. Annoncé par les organisateurs comme la rencontre entre David Lynch et Michael Haneke, Black Hollow Cage est, de l’aveu de son réalisateur et des gens qui ont pu le voir avant, un film que l’on aime ou l’on déteste. Pour ma part, je suis dans le second camp, sans aucune hésitation. Par où commencer ? Le seul point positif, tout d’abord : la photographie est sympa. Les différents plans, majoritairement fixes, sont bons. C’est joli à regarder quoi. Voilà. Pour le reste : scénario inexistant et/ou incompréhensible, un fond de science-fiction un peu trop prétexte et poussif pour être acquiescé sans sourciller, une lenteur générale absolument insupportable, et enfin des acteurs désespérants (ou désespérés), qui incarnent des personnages mous ou particulièrement malsains, qui déblatèrent trois lignes de dialogues à l’heure quand ils ne crient pas pendant cinq minutes face caméra. N’allons pas plus loin : Black Hollow Cage a peut-être ses adeptes, mais ayant trouvé ce film prétentieux et ennuyeux au point de vouloir partir, je n’en fait définitivement pas parti.

ATTRACTION

Dirigé par Fedor Bondartchuk

Abattu par l’armée, un ovni s’écrase sur un quartier de Moscou faisant des centaines de morts. Tout le périmètre est sécurisé autour du vaisseau. Mais ses occupants sont-ils hostiles ?

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Que se passerait-il si un vaisseau alien, pacifique, venait à être abattu en pleine ville terrienne ? Comment la population réagirait ? Comment le gouvernement et l’armée réagiraient ? Autant de questions qu’Attraction se posent. Premier Contact de Denis Villeneuve avait proposé des réponses particulièrement pertinentes et intéressantes. Attraction se veut davantage grand public et se positionne presque, par certains aspects, comme un film de super-héros. Le film cultive certaines longueurs, dont la majorité posée par une histoire d’amour étonnamment rapide et finalement bien peu utile. L’évident point fort du titre tient dans ses effets spéciaux digne des meilleures productions américaines et à son affrontement final, qui a déjà fait le tour de l’internet. Attraction est un très bon divertissement, à l’image d’un Marvel comme dirait l’ami Mizakido.
La Russie était à l’honneur cette année aux Utopiales avec pas moins de deux productions qui n’ont vraiment rien à envier aux blockbusters américaines. L’un d’eux était Attraction, qui a tout pour être le Marvel russe : des acteurs beaux gosses, un méchant qui se dessine au bout d’une demi-heure, de l’action, des effets spéciaux par palettes, un soupçon d’humour, une histoire d’amour, une belle morale… Attraction le fait très bien : on ne s’ennuie pas, c’est vraiment très joli, le scénario est drôle et plutôt touchant, il y a un happy-ending, et le rythme général est bon. On pourra donc logiquement tiquer sur un certain manque d’originalité de l’œuvre, surtout pour ceux qui commencent à avoir du mal à digérer la structure d’un film monté à l’américaine et projetant des super-héros en collants. Pour les autres, le divertissement pendant deux heures est là, et c’est l’essentiel.

JOJO’S BIZARRE ADVENTURE : DIAMOND IS UNBREAKABLE CHAPTER 1

Dirigé par Takashi Miike

1999, Morioh, Japon. C’est la rentrée scolaire au Japon et Jotaro vient rencontrer un certain Josuke Higashikata. Jeune lycéen, il s’avère être à son grand étonnement l’oncle de notre ancien héros (fruit d’une relation adultère de Joseph avec une Japonaise). Il vient aussi le mettre en garde contre un mystérieux manieur de Stand qui vient menacer la vie paisible de sa petite ville. Troublé, Josuke se voit obligé d’accepter sa destinée lorsque le danger vient frapper à sa porte : protéger sa ville et ceux qu’il aime des malveillants manieurs de Stand qui commencent à apparaître…

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Comment adapter Jojo’s en film live ? L’anime et le manga sont tellement hors-norme que cela paraît aussi casse-gueule qu’un Dragon Ball. Pourtant, rien ne fait peur à Takashi Miike. Ainsi, les fans retrouveront vite les stands – en image de synthèse de bonne facture – et les improbables coupes de cheveux des personnages. Josuke Higashikata, Koichi Hirose ou encore Okuyasu Nijimura répondent à l’appel, au travers d’un casting plutôt XXL pour ce premier chapitre. Les trailers pouvaient laisser percevoir un surplus de discours : le film alterne particulièrement bien les dialogues et les moments de bravoure. N’étant pas le plus enclin à juger de la fidélité du film à l’oeuvre originale, je ne me lancerai pas dans cette difficile entreprise ; cependant, l’envie de voir les prochains chapitres a su pointer le bout de son nez, ce qui est plutôt positif. 

SALYUT 7

Dirigé par Dmitry Kiselev et Klim Shipenko

La station spatiale Salyut-7 ne répond plus et menace à tout moment de tomber du ciel. Sa chute nuirait non seulement à l’image du pays, mais pourrait aussi causer une tragédie. Pour éviter la catastrophe, deux astronautes sont envoyés afin de réparer la panne. Cependant, personne ne s’est jamais encore amarré à un engin incontrôlé dans l’espace. Commence alors la mission la plus compliquée de l’histoire spatiale.

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Salyut 7 pourrait être vu comme la réponse russe au Gravity américain. Salyut 7 n’a certes pas son budget, mais dispose sans l’ombre d’un doute de son audace. Les plans novateurs intérieurs et extérieurs de la station Saliout 7 sidèrent, tout comme les prises de vue. Les événements, ancrés dans l’histoire de l’aérospatiale russe – tirés de faits réels donc – même romancés restent fascinants. Prix du public, prix du jury, Salyut réussit à rafler les principales distinctions du festival des Utopiales 2017. Tant mieux, il mérite d’être vu et vécu : sortie en janvier en France, en DVD et Blu-Ray. Achetez-le.
Cette seconde super-production russe n’a absolument pas eu à rougir face à Attraction, diffusé le même jour, au contraire. S’inspirant de la mission Soyuz T-13 de 1985 en la dramatisant au possible, ce film catastrophe est, on peut dire sans détours, la version russe de Gravity, avec tout autant de moyens et le même niveau de réussite, voir peut être plus. Plutôt que nous plonger dans le feu de l’action d’un simple film catastrophe spatial, Salyut 7 (nom de la station russe où se déroule la mission) prend le temps, à la manière d’Apollo 13, de présenter ses protagonistes, le contexte politique assez surréaliste de l’époque, avant de lancer en orbite, durant la seconde partie de la pellicule, la mission très risquée qui ne va évidemment pas se passer comme prévue. Il n’y a franchement rien à reprocher à Salyut 7 : les acteurs jouent divinement bien, les effets spéciaux sont excellents, la tension et les moments dramatiques sont très bien distillés et le film s’autorise en plus pas mal de pointes d’humour histoire de relâcher la pression. On sent bien que la mission originelle (sacrément badass quand même) a été romancée ici sans vergogne, mais des petites incrustes mystérieuses confirme bien l’intention des deux réalisateurs, à savoir de proposer un divertissement efficace basé sur un fait réel. C’est réussi.

LE DÉMON DE LAPLACE

Dirigé par Giordano Giulivi

Une équipe de chercheurs tente de trouver en combien de morceaux peut se briser un verre en chute libre. Il s’agit d’une expérience autour des théories des probabilités. Un vieux confrère convie cette équipe dans son manoir. Sur place, ils se rendent compte qu’ils sont en fait les pions d’un jeu de hasard grandeur nature.

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Film italien de 2017 entièrement en noir & blanc, Le Démon de Laplace tire l’influence de son titre du scientifique Pierre-Simon de Laplace, un déterministe réputé du XVIIIème siècle. Et l’on comprend très vite cette référence : un groupe de scientifiques est un invité chez un “docteur” dont le laboratoire se situe sur une minuscule île. Très vite, le groupe se retrouve piégé dans une expérience grandeur nature où le moindre de leurs faits et gestes est anticipé par le maître des lieux tandis que les membres disparaissent un par un. Le Démon de Laplace utilise tous les codes du film d’horreur et le fait très bien. Sans compter qu’il recèle une pléthore de bonnes idées telles que l’avancée de l’intrigue au travers d’une maquette qui permet d’intensifier chaque disparition. Un véritable bijou de thriller.
Autre belle surprise de ces Utopiales, Le Démon de Laplace est un objet bien particulier. Fait à partir de bric et de broc par une bande d’amis, le film propose une sorte d’hommage à la Quatrième Dimension, avec une une enquête en huit-clos dans un immense manoir, propulsée par une galerie de personnages hauts en couleurs, sur fond d’horreur et de fantastique. Le spectateur est amené lui aussi à percer le mystère de la demeure, et ne pourra qu’apprécier la délicieuse ambiance très années soixante, légèrement kitch, avec une pellicule en noir et blanc et surtout un jeu d’acteur légèrement surjoué. Le scénario quant à lui est savamment écrit, et saura se révéler par petites touches jusqu’au dénouement final, bien trouvé sans être vraiment imprévisible. Mais vu le bon moment passé, on ne va pas s’en plaindre !

COLD SKIN

Dirigé par Xavier Gens

Au lendemain de la Grande Guerre, un officier météorologique de l’armée est envoyé sur une île isolée en Antarctique, dont le seul habitant est un vieux gardien de phare russe. La nuit venue, ils sont attaqués par de mystérieuses créatures marines.

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Cold Skin est un film franco-espagnol. Un jeune cartologue débarque sur une île pour prendre des mesures pendant l’année qui arrive. Son prédécesseur est introuvable et le garde du phare situé non loin semble avoir perdu la raison. Très vite, le jeune homme est attaqué par des créatures humanoïdes, ne sortant que la nuit et adaptées au milieu aquatique. A l’inverse de beaucoup de films de son genre, Cold Skin fait intervenir rapidement ses créatures, et bien. Il évacue d’entrée les clichés et les jump scares habituels pour se concentrer sur une histoire plus fine qu’il n’y paraît. Il n’hésite pas à attaquer le sacro-saint Darwin pour justifier et rendre crédible son univers. Heureusement, il le fait bien et le trio de protagonistes se marient finalement très bien. Une belle surprise.
N’ayant jamais vu Hitman version 2007 ou encore Frontière(s) (qui sont pas trop mauvais, parait-il), je ne connaissais pas le travail de Xavier Gens, et je dois avouer qu’avec Cold Skin, il a fait un plutôt bon travail. Plus qu’un film d’horreur ou fantastique Cold Skin aborde des thématiques intéressantes, comme la solitude, la perte du prochain, ou tout simplement la folie de l’homme, aux travers ces deux types bloqués sur une île désert et  attaqués chaque nuit par de mystérieuses créatures marines. Il est juste dommage que le film traine un peu trop en longueurs et s’accroche coûte que coûte à certains illogismes qui peuvent provoquer chez le spectateur une certaine incompréhension quant aux situations et actions entreprises par nos héros. Au final, après repos et réflexion, voilà en somme un bon film qui ne restera pas spécialement dans les mémoires.

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