Utopiales 2017 : Les courts-métrages coups de cœur

Utopiales 2017 : Les courts-métrages coups de cœur

Chaque millésime des Utopiales propose une poignée de courts métrages, eux aussi en en compétition. Là encore, un favori du public ainsi qu’une sélection du jury. Cette année encore, pas moins de quatre sessions ont été projetées pour le plus grand bonheur des amateurs de courts.

    SESSION 1

  • 2BR02B : TO BE OR NAUGHT TO BE
    de Marco Checa Garcia
    États-Unis/Canada, 2016, 18′
  • CENIZO
    de Jon Mikel Caballero
    Espagne, 2017, 10′
  • ANIMAL
    de Ramez Silyan
    États-Unis, 2016, 10’20
  • BEHIND
    de Angel Gomez
    Espagne, 2016, 15′
  • EYE CONTACT
    de Stuart Mannion
    Australie, 2017, 9′
  • EINSTEIN-ROSEN
    de Olga Osorio
    Espagne, 2016, 9′
  • GERONTOPHOBIA
    de Boris Sverlow
    Belgique, 2016, 15′

    SESSION 2

  • GREEN LIGHT
    de Seongmin Kim
    Corée du sud, 2017, 16′
  • FATCULA
    de Martinus Klemet
    Estonie, 2016, 9′
  • ICARUS
    de Tom Teller
    États-Unis, 2016, 20′
  • LACRIMOSA
    de Tanja Mairitsch
    Autriche, 2017, 18′
  • LUNATIQUE
    de Gabriel Kalim Mucci
    Brésil, 2016, 15′
  • NICOLE’S CAGE
    de Joseph Brandi
    Allemagne, 2017, 16′
  • BLACK HOLES : HOW EMBARRASSING TO BE HUMAN (*)
    de David et Laurent Nicolas
    France, 2017, 12′

    SESSION 4

  • IT’S ALL IN YOUR HEAD
    de Greg Jeffs
    Canada, 2016, 6′
  • CARONTE
    de Luis Tinoco
    Espagne, 2017, 15′
  • THE MELTDOWN
    de Connor Kerrigan
    États-Unis, 2016, 13′
  • HYBRIDS
    Collectif (Ecole MoPA)
    France, 2017, 6′
  • THE BOOGEYS
    de Sanjay François Sharma
    Canada, 2017, 20′
  • VOYAGERS
    Collectif (Ecole MoPA)
    France, 2017, 7’30
  • LAST TREE STANDING
    de Agnes Baginska
    Australie/États-Unis/Pologne, 2017, 29′

(Cliquez le titre pour avoir accès à son trailer… Ou des infos…) – (*) indique que le visionnage complet du court est disponible (au moment de la publication de l’article en tout cas).

Seul Vidok aura affronté l’ensemble des courts proposés par les Utopiales, Mizakido ayant préféré, le temps d’une séance, de se risquer à une rétrospective d’Alice aux Pays des Merveilles version 1949. Comme l’année dernière, plutôt que vous donner un avis sur chacun des courts, nous avons isolé nos préférés par séance. C’est parti.

SESSION 1

La première session, anxiogène au possible, avait tout de même quelques pépites qui ont tout de même débouché sur le prix du public : Einstein-Rosen. Choix auquel je me rallie tant ce court-métrage espagnol, avec très peu d’effets spéciaux et seulement deux acteurs – autant dire un film très authentique – réussit à captiver l’attention. En moins de dix minutes, il réussit à expliquer de manière simple et ludique le principe des trous de ver, au travers de la vision de deux frères, l’un cultivé, l’autre non, le premier pragmatique, le second rêveur. Ce contraste étonnamment drôle permet de passer un très agréable moment sur un sujet scientifique au premier abord pas à même de passionner le clampin moyen. Une bien belle réussite. A noter l’attendrissant Cenizo, que tous les parents sauront apprécier à sa juste valeur.

SESSION 2

Il a été globalement difficile de départager certains films. Des sessions ont mené à de difficiles débats intérieurs. La session 2 en fait partie. Finalement, le bon public que je suis, habitué des superproductions et des images tape-à-l’oeil a choisi Icarus pour la superbe photo et des effets particulièrement réussis. Ce court métrage d’une vingtaine de minutes n’a pas à rougir face à certaines superproductions hollywoodiennes, à tel point qu’il suscite l’envie d’en voir plus, d’apprendre à connaître Chris Riley, héros malgré lui de cette histoire. Green Light, autre prétendant, en animation et coréen, a su m’impressionner, visuellement. Dommage que son propos écologique, traité si souvent de cette façon, ne fasse retomber l’enthousiasme.
Une seconde session ma foi très intéressante et équilibrée. Green Light et Faticula, deux films d’animation en 3D, constituaient le bas de peloton avec une réalisation un peu trop cinématique de jeu-vidéo pour le premier (ça me rappelait pas mal Rage) en plus d’une histoire très classique, tandis que l’autre n’était pas spécialement beau en plus de manquer finalement de consistance. Les quatre films suivants, tous avec des acteurs réels, ne manquaient pas d’atout, que ça soit pour l’émouvant et spatial Icarus, le survivaliste Lunatique (dont le titre m’échappe complètement), ou l’absurde et bien pensé Nicole’s Cage (bien joué pour le titre). On passera rapidement notre tour sur Lacrimonia, très beau et impressionnant côté effets spéciaux, mais diablement lent. Vient enfin Black Holes : How Embarrassing To Be Human, dont le style graphique, avec ces personnages difformes et tremblotants, m’ont poussé à faire une recherche plus poussée sur le net, et cela a été rapidement confirmé : ce petit bijou d’humour référencé est réalisé par les loustiques derrière le vieux vieux clip Starlight des Supermen Lovers. Ah là là, que de souvenirs. Raison de plus pour qu’il soit mon favori ex-æquo avec Nicole’s Cage.

SESSION 3

Une des sessions les moins intéressantes, assurément. Pourtant, elle a su voir émerger le prix du public : The Last Schnitzel (la dernière escalope panée). Avec le recul, il s’agit très certainement du meilleur court-métrage de la session, à la fois drôle et loin d’être idiot. Pourtant, je n’ai pas voté pour lui. Mon chouchou, post-visionnage – comprendre celui pour lequel j’ai voté – a été Orbital Inn. Profondément pessimiste, il nous dévoile une vision possible, et surtout très subtile, d’un futur au sein d’un monde surpeuplé et où la procréation est désormais interdite. Il n’use d’aucun artifice et présente sa situation tout en sous-entendu de manière lisible et plaisante. Un court-métrage raffiné qui touchera, assurément, le parent qui est en chacun de nous.
C’est finalement le même constat que pour l’ensemble des autres sessions : les organisateurs ont su trouver cette année de belles trouvailles. Cette troisième session commence très fort avec The Last Schnitzel, hilarante et culinaire parodie politique qui reste assurément mon favoris du lot. Nimmer, qui propose une belle réalisation et de jolis plans, n’a pas su me bousculer par sa poésie. E is for Evolution se voulait d’être drôle mais je suis resté de marbre. The Swelling, quant à lui, propose une intéressante interprétation du roman 1984 d’Orwell, mais se noit quelque peu dans des longueurs. Arrive enfin une sorte de délivrance absurde avec MeTube 2, qui offre une reprise disons très particulière du célèbre Carbuna Burana, avec tenues étranges et délires en tout genre. Le film final, Real Artists, aurait pu gagner mon vote avec son concept nous plongeant dans les coulisses pas si roses d’un studio d’animation, mais le schnitzel a définitivement gagné… Dans mon coeur et dans celui du public.

SESSION 4

Attention, session de qualité. Et si, finalement, le plus long et dernier représentant du genre, Last Tree Standing, était loin d’être aussi bon qu’il était long, les autres relevaient fortement le niveau. A commencer par l’original It’s all in Your Head, qui revisite le mythe du monstre dans le placard avec une petite fille pas si effrayée et un monstre pas si téméraire que prévus. Très amusant à voir. Suivi de près par Voyagers : et si nous mettions au sein d’une fusée et station spatiale un tigre, un indigène, un poisson et un cosmonaute ? Un court-métrage particulièrement drôle avec un joli message final. Hybrids, résultat d’un projet étudiant, a su remporter le prix du jury grâce à son message environnemental. Joli. Mon coup de coeur revient à Caronte. Le spectateur navigue entre deux univers, l’un réaliste avec une jeune fille se réveillant à l’hôpital et une pilote spatiale tentant de s’échapper. Le twist est vu à des kilomètres mais qu’importe, l’enrobage étonnamment bon pour un court-métrage nous tient en haleine. Et puis le fait qu’un jeu vidéo ressemblant étonnamment à Nanostray y tenant un rôle important n’est sûrement pas anodin à ce jugement.
Cette quatrième et dernière session est sans doute la plus équilibrée de toutes. Franchement, il n’y a rien à jeter, même si le dernier des derniers courts pouvait faire peur avec ses trente minutes de déroulé. Il n’en est rien. It’s all in your head reprend la classique histoire du monstre sous le lit mais avec un twist assez rigolo. Côté humour, nous avions aussi The Meltdown, et Voyagers, tous les deux des films d’animation, mais drôles chacun dans un domaine, à savoir les dialogues pour le premier, et le visuel pour l’autre. Chapeau bas aux étudiants de l’école MoPA d’ailleurs, qui nous ont proposé, en plus de Voyagers, le très bien pensé et plutôt critique Hybrids, grand gagnant du jury. Pour les trois autres films, même constat de qualité : Caronte était vraiment émouvant, avec un bel hommage au jeu-vidéo, The Boogeys proposait de beaux costumes et un petit côté série B, tandis que Last Tree Standing, de bons acteurs, et un concept plutôt intéressant. Bref, une session finale de grande qualité.

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