The Human Race
Appréciation 2

La prison, l’école et la maison sont sûres. Suis les flèches, ou tu mourras. Restes sur le chemin, ou tu mourras. Si tu es dépassé deux fois, tu mourras. Ne touche pas l’herbe, ou tu mourras. Cours… Ou meurs. C’est sur cette phrase, quelque peu macabre mais terriblement intrigante, que débute The Human Race, l’un ..

Résumé 2.0 Passable

The Human Race

La prison, l’école et la maison sont sûres. Suis les flèches, ou tu mourras. Restes sur le chemin, ou tu mourras. Si tu es dépassé deux fois, tu mourras. Ne touche pas l’herbe, ou tu mourras. Cours… Ou meurs.

C’est sur cette phrase, quelque peu macabre mais terriblement intrigante, que débute The Human Race, l’un des nombreux films présentés avec une certaine exclusivité durant les Utopiales de Nantes 2012, en compétition avec d’autres bobines comme Antiviral et Iron Sky. Réalisé en famille par un certain Paul Hough, son concept n’est pas sans rappeler le cultissime Battle Royale, avec un côté fichtrement mystérieux à la Cube. Filmé en famille donc, mais il ne s’agit pas un film familial, comme aime l’indiquer le réalisateur indépendant. A noter qu’il ne s’agit apparemment pas de la version définitive du film que nos yeux ont vu durant le festival, celle-ci étant visiblement prévue pour l’été 2013.

Nous voilà donc en compagnie d’une centaine de personnes, choisies totalement au hasard pour participer à cette course morbide dans une sorte de bout de ville perdue au milieu des montagnes. Le but du « jeu » est donc simple. Courir. Sans être dépassé, sortir du chemin balisé, ou, ce qui est plutôt original, marcher sur l’herbe. Si une personne enfreint les règles, sa tête explose, ni plus, ni moins. Les participants vont du gamin au vieux vétéran de guerre, je vous laisse donc imaginer l’équilibre. Une palette d’âges, de métiers, mais aussi de psychologies différentes, certains faisant preuve, par exemple, d’un important égoïsme et se lancent tête baissée dans cette course, sans en chercher la raison, bousculant, dépassant ses « concurrents » sans penser aux conséquences. La raison, elle, ne sera aucunement révélée durant les neufs (virgule cinq) dixième du film ce qui suscitera évidement l’intérêt du spectateur qui aime toujours comprendre ce qu’on lui montre à l’écran. Mais pas de prise de risques à la Cube ici, les révélations finales sont bien là, plutôt bien emmenées et plausibles.

The Human Race s’attarde principalement sur cinq personnes, à savoir un couple de joggers sourds, deux amis ex-soldats (dont un qui a perdu sa jambe durant la guerre), et une jeune fille qui vient de vaincre une horrible maladie. Le film enchaine différents flashbacks nous exposant ce que ces gens faisaient juste d’avoir vu la lumière blanche qui les emmena dans la partie, comme nous l’indique les dix premières minutes du film avec la miraculée citée précédemment. Mais pas le temps de s’attacher plus à elle, cette dernière finissant en un instant sur l’herbe, poussée par le « méchant » de la pellicule. Boom, plus de tête. Étrange choix scénaristique, mais soit. Nous avons donc à faire ici à un film violent, très violent, donc autant pas faire de chichis et mettre les cartes directement sur la table. Quitte à faire tapis avec les mauvais atouts. Si on voit bien une sorte de satire sociale où les véritables tréfonds de l’humanité sont mis à nus, mais nous balancer toute cette brutalité au visage sans arrêt vire rapidement dans le grotesque, pour finalement terminer dans un curieux mélange de lassitude et de dégout. On court après les moments de calme et de dialogues, bien trop rares. Traiter la bidoche, le sang et les images chocs avec « finesse » est un exercice fort difficile, et c’est malheureusement raté ici.

Nous avons également quelques soucis au niveau de la technique qui habille The Human Race. La copie présentée durant les Utopiales n’était guère convaincante au niveau de son montage, un peu crado et non sans défauts, et nous assistons durant la durée du film à un melting-pot de bonnes idées, comme le générique de départ qui s’avère vraiment classe, d’autres sous-exploitées (les chiffres qui indiquent le nombre de personnes encore vivantes qui apparaissent aléatoirement en sur-impression par exemple), ou des choix étranges, visiblement inspirés d’autres films ou de séries comme 24. Il y a un certain style cependant, mais pas mis en avant pour le coup. Mais le point noir fût assurément la partie sonore. Un son surchargé, qui crachait sans arrêt, rendant les dialogues difficilement compréhensibles (merci les sous-titres) et la musique agressive pour nos oreilles délicates. Difficile de savoir si il s’agissait bien du film en lui même ou d’un petit problème technique qui aurait du être normalement corrigé dès les premières minutes de visionnage…

En conclusion: vraiment dommage. Mais il faut se rendre à l’évidence que The Human Race est un film d’horreur/action franchement moyen. On sent les idées, le fond et sa critique de la nature humaine sont bien présents, les acteurs sont extrêmement convaincants et la conclusion est pertinente. Mais tout ceci est mis en œuvre avec une telle maladresse et de telles lourdeurs qu’il est difficile de ne pas être un tantinet incisif. Paul Hough signe donc un premier essai bancal, qui va demander encore du travail pour aboutir à une œuvre définitive qui vaille le coup d’être visionnée. Mais le potentiel est là.

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[spoiler intro= »Bonus » title= »L’avis de Hyades Luine »]En allant voir The Human Race, j’étais moyennement enthousiaste. Les grands jeux de survie dans lesquels les protagonistes s’écharpent et s’entretuent jusqu’à « ce qu’il n’en reste qu’un » 1) Ça a été vu et revu et 2) C’est un concept qui me séduit de base aussi peu que d’acheter le dernier DLC en date d’un énième éditeur de AAA malhonnête. Et pourtant le film commence pas mal du tout avec une introduction qui prend le spectateur habilement par surprise et une mise en situation vraiment bien foutue qui joue sur le contraste entre le très commun (les décors terriblement banals et ordinaires) et le bizarre (les règles du jeu, les voix dans la tête des participants, les têtes qui volent…). Mais le tout vire rapidement au festival grand-guignol à mesure que les têtes explosent par dizaines et que les participants dégénèrent dans la barbarie : ça aurait sans doute pu être rendu intéressant, mais ça devient rapidement gratuit et, surtout, chiant. Et c’est là le plus gros problème du film : c’est long, on s’emmerde au bout d’une heure de massacres divers et variés et on chope en prime une tête grosse comme ça à force de devoir subir un environnement sonore bien brutasse. Dommage parce que les acteurs sont pas mal du tout et le film se clôture plutôt bien en répondant à certaines questions que l’on craignait de voir totalement éludées, tout en réussissant à préserver une petite aura de mystère autour de son univers. Mais de là à recommander à qui que ce soit d’aller le voir, il y a un gouffre que je ne franchirai pas.[/spoiler]

[spoiler intro= »Bonus » title= »L’avis de Vidok »]Avec son pitch très prometteur, The Human Race était sur le papier aussi, si ce n’est plus aguicheur qu’Antiviral au cours des Utopiales 2012. Mais n’est pas Kinji Fukasaku (Battle Royale) qui veut. La déroute Battle Royale 2 nous l’avait déjà démontrée. Pourtant, Paul Hough a tenu à tenter l’aventure. L’envie et l’ambition sont palpables, d’autant que la prestation d’Eddie McGee est admirable, de bout en bout. Malheureusement, les fautes techniques sont trop nombreuses pour offrir un divertissement convenable : cadrage épileptique, musique qui l’est tout autant voire davantage, longueurs insoutenables, … Une accumulation qui ternit complètement l’expérience. A l’image d’un Time Out, The Human Race marque par son propos et déçoit dès les premières minutes passées – ces dernières se révélant, elles, étonnantes et prenant les attentes du spectateur totalement à contre-pied. Encore un projet intéressant mais gâché par la jeunesse et la maladresse des coulisses.[/spoiler]

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