Burning Rangers
Appréciation 4

“Court mais intense” semble être l’expression toute trouvée pour définir ce Burning Rangers. Frais, fun, joli et nerveux, il saura ravir n’importe quel joueur en quête d’originalité pour une poignée d’heures. Un titre vraiment représentatif d’une période dynamique et faste pour la Sonic Team, même s’il est arrivé bien tard dans la vie de la console de Sega qui pensait déjà à son avenir en compagnie de la Dreamcast. En reste aujourd’hui un jeu toujours aussi attachant avec son ambiance remplie de nostalgie.

Résumé 4.0 Très bon

Burning Rangers

Pour ses débuts sur Saturn, la Sonic Team aura particulièrement marqué les esprits avec l’onirique NiGHTS into Dreams…, adulé pour son originalité graphique et ludique toute justifié. Le studio n’aura par la suite pas spécialement fait honneur à son propre nom sur la console 32 bits, n’ayant participé qu’au développement de Sonic-R avec Traveller’s Tales, et surtout parce que le véritable épisode 3D (X-Treme) fût confié à Sega Technical Institute, pour le destin catastrophique qu’on lui connaît. Mais après, ce n’était pas plus mal, l’équipe de Yuji Naka ayant sans doute eu moins de pression et plus de marge de manœuvre pour se faire la main sur de nouvelles technologies ou encore expérimenter de nouveaux concepts, comme Burning Rangers, lui aussi régulièrement cité comme un essentiel de la console de Sega. A juste titre? Voyons cela.

Notre jeu prend place dans le futur – date et lieu indéterminés – où le feu demeure une des plus grandes préoccupations vis à vis de la sécurité de la population. Une équipe de pompiers de l’extrême a d’ailleurs été mise en place pour intervenir dans les situations les plus catastrophiques : les Burning Rangers. Dans cette équipe de l’extrême, nous incarnons les deux bleus, Tillis et Shou Amabane, tous justes recrutés et directement mis dans le bain bouillant avec des missions de sauvetage en milieux fortement hostiles. Pour notre aventure en leur compagnie, on pourra entrapercevoir un scénario, on se rendra rapidement compte qu’il sera aussi rapidement mis en place qu’expédié étant donné le faible nombre de niveaux qui nous attendent. Mais après, peu importe : cette patte animé des années 90 dans son histoire et ses personnages ont indéniablement et encore du charme. Rien que l’entraînante introduction, avec son entêtante musique chantée (tradition de Sega à l’époque), met directement dans l’ambiance.

Si la thématique de la lutte contre le feu n’était pas un concept nouveau dans le jeu-vidéo – les génies d’Human Entertainment avaient par exemple tenté le coup avec The Firemen, l’approche de la Sonic Team sur le sujet restait inédite, mais non loin de leur cœur de métier : la plate-forme. En l’occurrence, nous sommes lâché(e) dans d’immenses niveaux avec une architecture offrant une exploration aussi bien horizontale que verticale… Quitte à rapidement se perdre. Le but final pour chaque mission est de découvrir la source du catastrophique incendie, mais également de sauver le plus de personnes prises au piège. Après quelques doubles sauts et expérimentation des dashs, on se heurtera rapidement au feu à proprement parlé, mais pas de panique : nos rangers disposent d’une arme futuriste pouvant le neutraliser rapidement moyennant un ou plusieurs tirs, selon la couleur des flammes – du faible jaune au tenace violet – et la puissance de charge du tir. C’est d’ailleurs cette charge qui déterminera l’obtention de précieux cristaux : mitrailler permettra d’en obtenir mais fera perdre du temps tandis qu’un tir bien gonflé fera le ménage sans donner quoique ce soit. Il faudra alors gérer l’obtention de ces gemmes avec parcimonie, vu qu’elles offrent la même protection que les anneaux dans Sonic – en gros pouvoir prendre un simple retour de flamme, de quoi augmenter son score en fin de partie et surtout de quoi sauver les personnes en détresse. Celles-ci sont d’ailleurs particulièrement bien dissimulés derrière un murs de feu ou des décombres, et les retrouver tous demandera de recommencer plusieurs fois le même niveau. Car il ne faudra pas s’imaginer de prendre son temps pour aller d’un bout à l’autre d’une bâtisse pour aller butter le boss tranquillement. En effet, le jeu essayera de nous pourrir la vie par deux moyens. Tout d’abord, les explosions imprévues (quoique scriptées), heureusement évitables d’un simple saut arrière à cause du son émis juste avant que ça pète. Attention cependant à ne pas retomber les fesses droit dans des flammes. Ensuite, et c’est plus vicieux de la part des développeurs, puisqu’il s’agit non pas d’une barre de temps (trop facile) mais d’un compteur de chaleur. Exprimé par un pourcentage, celui-ci augmente irrémédiablement, et à chaque vingtaine, le niveau sera inondé d’explosions complètement aléatoires, peu importe où on se situera. A 100% c’est l’immanquable Game Over. Il sera heureusement possible de faire baisser ce niveau de chaleur en neutralisant le feu, dans la limite du palier dans lequel on est. Gaffe à ne pas trop traîner donc. On pourra compter dans cette situation d’un système de navigation très intéressant et pratique : si on se trouve perdu(e), un simple appel au QG nous remettra sûr sur les rails par une indication vocale… En anglais, bien évidemment.

On l’aura compris, le gameplay de Burning Rangers résume bien toute la carrière et le savoir-faire de la Sonic Team dans sa période pré-PS360 : de l’originalité, de la nervosité et l’amour de la plate-forme bien faite. Dans ce sens, le level-design et la variabilité des environnements sont admirables et offrent un délicieux terrain de jeu à découvrir. Le titre arrive même à se passer de balancer des ennemis pendant la moitié du jeu (hormis les boss à proprement parler) sans pour autant perdre en action ou en tension, vu que le caractère imprévisible du feu. Malheureusement, le joueur expérimenté ne se heurtera pas vraiment à une quelconque difficulté tant le jeu est facile dans son mode normal. Les boss ? Pas vraiment compliqués… En conséquence, il peut être torché en un peu plus de deux heures pour seulement quatre (longs) niveaux, ce qui offre une durée de vie un peu limite pour ceux qui veulent seulement voir le générique de fin. Cependant la replay-value demeure excellente, rien que pour parcourir à nouveau la poignée de niveaux, pour tester l’aventure avec un autre personnage, améliorer son score et sauver tout le monde, ou pour profiter du générateur aléatoire de mondes qu’on l’on peut (rapidement) débloquer. Un étonnant ajout qui permettra de s’amuser bien plus longtemps, assurément. D’autant plus que le titre de la Sonic Team n’a pas spécialement vieilli : la maniabilité demande un temps d’adaptation notamment pour le contrôle finalement astucieux de la caméra, mais une fois assimilée, ça saute, esquive, dash et tire tranquille. La fameuse manette 3D est un plus non négligeable pour le coup. Niveau sonore, on notera le calme plat des missions où la musique est presque totalement absente pour ne laisser place qu’aux bruits ambiants de combustion, mais elle saura revenir en fanfare en fin de partie pour nous dire qu’on a fait du bon travail. Niveau réalisation, on retrouve le moteur de NiGHTS into Dreams… peaufiné avec amour pour encore plus de 3D et qui présente fort bien à l’écran avec une batterie d’effets particulièrement convaincants : lumières dynamiques, déformation de l’eau, explosions… Bizarrement, certains visuels ont un rendu assez étrange, comme toutes ces surfaces transparentes qui semblent entourées d’un halo de pixels, ou les flammes dont la faible résolution tranche avec les décors pourtant bien détaillés. Il ne s’agit plus ni moins d’une utilisation astucieuse des deux processeurs vidéo de la Saturn, console dont la capacité à gérer la 3D a toujours été un passionnant sujet de discussion.

“Court mais intense” semble être l’expression toute trouvée pour définir ce Burning Rangers. Frais, fun, joli et nerveux, il saura ravir n’importe quel joueur en quête d’originalité pour une poignée d’heures. Un titre vraiment représentatif d’une période dynamique et faste pour la Sonic Team, même s’il est arrivé bien tard dans la vie de la console de Sega qui pensait déjà à son avenir en compagnie de la Dreamcast. En reste aujourd’hui un jeu toujours aussi attachant avec son ambiance remplie de nostalgie, dont on regrettera amèrement qu’il ne s’agisse là que d’un unique essai, jamais retenté ou ne serait-ce porté ou remaké par la suite. Après toutes ces années, la Saturn aime décidément bien garder ses exclusivités pour elle…

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