Jak & Daxter : The Precursor Legacy
Appréciation 5

Peut-être que la note vous semblera abusée pour ce premier volet. Pourtant, de toute la série, c’est vraiment par cet opus que votre serviteur a préféré. Malgré ses quelques petits défauts techniques de caméra et autres bugs de collision ou encore une durée de vie pas forcément mirobolante. Mais à côté de cela, c’est vraiment par ces timides débuts d’innovation loin d’être anodins tout en jouant sur l’accroche farouche vis-à-vis de la plate-forme passée que le charme des premiers méfaits de Jak & Daxter opère. Car au fond, il y a toujours un moment où l’on sera touché par la fibre nostalgique et c’est justement ce qu’il se passe avec ce jeu : mettre un point de départ à une (r)évolution tout en restant raccroché à cette empreinte enfantine, cartoonesque et déjantée, caractéristiques du jeu de plate-forme mis en place depuis des décennies.

Résumé 5.0 Extra

Jak & Daxter : The Precursor Legacy

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Voilà peut-être un vieux principe que l’industrie vidéo-ludique ne devrait pas oublier avec l’actuelle new-gen de consoles : partir sur de nouvelles bases au passage dans une nouvelle génération, histoire qu’on puisse prendre une grande bouffée d’air frais avec du sang neuf. Même si ce n’était pas systématique, voilà un procédé que l’on observait, souvent avec grand bonheur. Ubi Soft passait de Prince Of Persia à Assassin’s Creed, Insomniac de Spyro à Ratchet & Clank pour finir par osciller entre cette dernière et Killzone ou encore le tout récent Sunset Overdrive, Sucker Punch de Sly à InFamous… Et cetera, et cetera. Et pour Naughty Dog, cela a été pareil car cela fait bien longtemps que le studio n’a plus touché au moindre poil de son marsupial rouge nommé Crash Bandicoot. Et même si beaucoup se sont enthousiasmés de son départ du monde des jeux plate-forme avec Uncharted, on peut quand même rire jaune de voir qu’il ne semble pas passer à autre chose avec la Playstation, quatrième du nom comme il nous avait toujours habitué à faire lors des trois générations précédentes. A la sortie imminente du nouvel Uncharted, tout sauf exotique dans notre présent monde vidéo-ludique, il est peut-être bon ton de revenir sur le premier départ des Vilains Chiens vers la nouveauté, à savoir les premières aventures de Jak & Daxter, qui reprenaient le flambeau aux tribulations de Crash Bandicoot déjà fort éculées sur la première machine de Sony au travers de trois épisodes et deux spin-offs.

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Tout commença par un acte de désobéissance

Pourquoi écouter Samos le sage ? Après tout, il ne s’agit que du maître de l’éco verte et l’un des hommes les plus sages de la planète. Au diable l’avarice, même si le petit vieux tout vert avait dit de ne pas s’approcher de cet endroit dangereux appelé l’île de la Brume, cela n’empêche pas les deux compères Jak et Daxter, deux vilains garnements dans la fleur de l’âge le plus bête, de contourner l’autorité de l’érudit et de se rendre en plein cœur du lieu interdit. Là-bas, ils sont témoins d’une bien étrange cérémonie où deux hurluberlus prêchent la bonne parole à toute une assemblée de monstres appelés lurkers. Mais point d’héroïsme à jouer à ce moment-là pour les deux adolescents je-m’en-foutistes qui retournent tranquillement à leur balade en territoire hostile. Jusqu’au moment où par un élan de maladresse, Daxter tombe dans une cuve d’éco noire. Par miracle, il se voit recracher par cette dernière indemne. Malheureuse contrepartie : son apparence est modifiée et le voilà ressemblant à s’y méprendre à une mangouste. Fissa, les deux compères retrouvent le logis et rendent visite la queue entre les pattes à Samos le Sage qui n’a aucun mal à deviner la situation. Le seul moyen pour Daxter de retrouver – éventuellement – son apparat originel serait d’aller rendre visite à Gol, le Sage spécialisé dans l’éco noire. C’est ainsi que commence le voyage de Jak et Daxter afin d’aller voir cet homme vivant en quasi-autarcie dans l’une des citadelles les plus reculées du monde. Si le voyage commence tranquillement de façon bon enfant, les deux compagnons ont tôt fait de se rendre compte que plus grand-chose ne tourne rond : hormis Samos, les trois autres Sages, responsables des écos bleue, jaune et rouge, se sont faits kidnapper et les lurkers sèment la zizanie un peu partout. Responsable de tout cela : le fameux Gol et sa sœur jumelle Maïa qui s’avèrent être les deux guignols que Jak et Daxter avaient vu dans l’île de la Brume. Le simple voyage plus punitif qu’autre chose se voit peu à peu transformé en sauvetage du monde.

Jak & Daxter a été l’un des touts premiers jeux de plate-forme de la PS2 et il faut admettre qu’en terme de défriche technique, il se défend plutôt bien. Le jeu est beau, fluide, agréable à jouer même si l’on pestera sur quelques inhérents bugs de caméra dans les endroits les plus serrés. Pourtant, Naughty Dog ne s’est pas autant lâché dans la nouveauté comme il avait pu le faire avec Uncharted. On reste ici dans son monde maternel de la plate-forme avec néanmoins certaines volontés d’aller un peu au-delà, frontières que le studio explosera dans les volets suivants de la série. De Crash Bandicoot, on retrouve pas mal de similitude sur l’appréhension de l’univers : les environnement restent assez similaires à ce que l’on pouvait voir dans le monde du marsupial ainsi que l’appréhension musicale, très porté sur du tribal joyeusement entraînant, pas si éloignée non plus. De même que l’on reste cantonné à une approche lumineuse, très colorée et cartoonesque, faussement enfantin où l’inspiration Disney n’est pas si loin, tout particulièrement pour le personnage de Daxter, cette petite créature ne payant pas de mine jouant à fond la carte de la grande gueule guignolesque afin de compenser son physique ingrat.

D’un côté, les Vilains Chiens ont préféré jouer la carte de la sécurité avec ce tout premier Jak & Daxter. C’est d’ailleurs peut-être pour cela qu’avec le recul, beaucoup de joueurs le catégorisent comme l’épisode le moins bon de la série. C’est vrai ce premier volet ne se lâche pas autant que ses deux petits frères, pas autant non plus chez la concurrence amicale représentée par Ratchet & Clank et Sly, deux franchises marquées par une personnalité plus forte dès leurs balbutiements. En effet, beaucoup d’aspects restent convenus comme une approche plus puritaine de la plate-forme, moins hybride que ce que l’on verra par la suite et un scénario plutôt bon enfant, convenu et aussi superficiel que ce que l’on pouvait voir dans la génération précédente. Pourtant, il ne faut pas oublier le contexte temporel de sa sortie puisqu’il fut le premier en date à voir le jour.

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Naughty Dog, le défricheur

A côté de ce côté plus conventionnel, il serait dommage de prendre ce premier Jak & Daxter à la légère. Car même si modeste il paraît avec le recul, il se pourvoit d’un joli arsenal d’évolutions. Qui ont d’ailleurs servi de base à toute l’identité de ce qu’on pourrait appeler « la plate-forme 128 Bits » aujourd’hui presque disparue. Outre un virage plus grand public que l’on observe principalement par l’absence de vie, nous permettant ainsi de recommencer à l’infini depuis le précédent checkpoint, c’est surtout sur la structure générale que l’on observe une plus grande innovation. Exit les niveaux banalisés, c’est dans une sorte de monde faussement ouvert que l’on mène notre aventure. Enfin, il ne s’agit là que d’une simple illusion car lorsque l’on y regarde de plus près, on discerne toujours cette architecture tournant autour d’un hub central donnant accès à un petit panel de niveaux comme on le voyait chez Crash Bandicoot. Un hub, un peu de la même manière que Spyro, où l’on a néanmoins des choses à faire, tel récupérer des collectibles et rendre service aux autochtones, le tout dans une ambiance plus posée, sans véritables ennemis et obstacles majeurs. Malgré tout, la véritable innovation tient du fait que tout est lié et relié. Le monde de Jak & Daxter a été conçu sous la forme d’une unité et l’accès aux différents niveaux se fait par la force de ses jambes sans qu’aucun chargement et autres subterfuges du passé – portails, téléporteurs, etc, etc – ne viennent se mettre au travers de notre route. Fait tout aussi agréable en terme de rythme que cela représente une innovation technique plus que remarquable.

Si l’histoire de Jak & Daxter paraît plutôt convenue et narrativement peu développée – car finalement, la trame n’évolue que peu du début à la fin – Naughty Dog a quand même fait l’effort de développer son univers et son ambiance que par le passé. Cela parle beaucoup, Daxter vanne à tout va ce petit Jak muet qui sera le seul personnage que l’on contrôlera dans l’aventure, les tentatives de développement de contexte du monde en place sont nombreuses. Bref, les développeurs ont fait un effort louable à ce niveau, d’autant plus si l’on compare à Crash Bandicoot plutôt pauvre sur ce point précis. Tout ceci nous apporte un rythme fort agréable et l’on mène cette petite aventure avec entrain et enthousiasme. Même si l’on pourra pester sur une durée de vie assez faible puisqu’il faut compter une douzaine d’heures pour en voir la fin avec le pourcentage maximal.

Parce que quelques niveaux en plus n’auraient pas fait taches à l’ensemble. Car si l’ambiance rythme les tribulations des deux compères tambour battant, Naughty Dog a bien fait son truc en jouant la carte de la diversité. Tant sur la variété d’environnements, cohérents avec le contexte qui plus est, que sur la variété de choses à faire. Pas mal de collectibles, certains obligatoires afin de continuer son cheminement, d’autres annexes mais permettant de débloquer une petite cutscene à la fin nous permettant de comprendre davantage la transition entre cet épisode et le suivant, à récupérer qui fera la joie de tous les collectionneurs compulsifs aux objectifs et missions, là encore aussi obligatoires que dispensables selon les cas, très variés, il n’y a pas manière à s’ennuyer. Car l’on passe autant de la pure plate-forme à de l’action dans des prises d’embuscade, en passant par des phases en véhicules, des petits passages de tirs divers et autres mini-jeux, donnant lieu à un ensemble très attractif où jamais on ne ressent cette sensation de redondance que l’on pouvait voir par le passé. Et même si finalement, la plate-forme reste la maîtresse de cérémonie tant on y revient tout le temps, ces petites incursions diverses donnent un caractère hybride à l’ensemble. Une base qui a servi d’exemple à moult grands titres de la génération 128 Bits, à commencer par les amis de toujours de Naughty Dog, à savoir Insomniac, Sucker Punch avec son raton-laveur chapardeur ou bien notre Michel Ancel national dont le Beyond Good & Evil n’aurait sans doute pas la même saveur – ni même Rayman 3 d’ailleurs – si les Vilains Chiens auraient procédé autrement.

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Même si le recul et les années peuvent desservir quelque peu ce tout premier volet des aventures de Jak & Daxter, cela n’empêche pas qu’elles en demeurent excellentes. Car lorsqu’on prend en compte le contexte temporel de sa sortie, Naughty Dog a fait preuve de beaucoup d’innovations qui ont beaucoup fait pencher la balance quant à l’identité 128 Bits et par continuité la suivante. Alors, certes, il s’agit de l’opus le moins jusqu’au-boutiste mais il faut reconnaître que ce petit esprit de conservation de l’esprit plate-forme et appréhension cartoonesque des générations de consoles précédentes donnent un charme particulièrement savoureux et nostalgique à l’ensemble.

 

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