Severed
Appréciation 4

Une durée de vie rachitique, deux petits après-midi, mais une envie irrépressible d’avancer, une esthétique que nous ne sommes pas prêts d’oublier et le destin de Sacha qui interpelle. Dans ce monde anxiogène, où les PNJ se font aussi rares que les jours d’éclaircies en Bretagne, Severed se permet d’offrir une aventure rarement verbale et tout en suggestions qui fait du bien

Résumé 4.0 Très bon

Severed

Severed est plutôt passé inaperçu lors de sa sortie sur PS Vita. Même votre serviteur l’avait boudé, croulant déjà sous le nombre de jeux, malgré une esthétique séduisante. Pourtant, derrière Drinkbox, le studio qui en est responsable, se cachent les pères et mères de Guacamelee et Mutant Blobs Attack. L’air de rien. Cette fois, ce petit studio canadien a décidé de rappeler des souvenirs aux plus anciens en réalisant un Dungeon crawler en en modernisant les codes. Risqué mais pourquoi pas.

A quoi ça ressemble ?

Le style graphique de Severed ne laisse pas indifférent. Bariolé et parfaitement inédit, le monde de Severed présente Sacha, une jeune fille dont le bras gauche a été arraché par un puissant dragon. Un moindre mal quand on sait que le même dragon a kidnappé ses parents et son petit frère. N’écoutant alors que son courage, Sacha décide de partir à leur recherche malgré son état. Bien évidemment, au fil de sa progression, elle évoluera et ses tares se corrigeront. Heureusement, vu la dangerosité de la faune locale, aux allures de démons tous droits sortis d’un Shin Megami Tensei exotique. Le contraste entre le feu d’artifice de couleurs du jeu et la sensation de traverser un Enfer est à la fois étonnant et intriguant. Malgré les déplacements case par case particulièrement rigides – oubliez la marche arrière – parcourir l’univers de Severed est une véritable aventure.

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Comment ça se joue ?

Mais pas une sinécure puisque le chemin est balisé par de nombreux combats, tous indiqués sur la carte mais dont le combat est inévitable pour progresser. L’interface se fait entièrement au tactile : il est donc nécessaire de “trancher” les adversaires. Mais très vite, des spécificités apparaissent : certains savent se protéger, d’autres disposent d’un seul point faible, d’autres encore requièrent un timing particulier. Pédagogique, la progression s’assure que le joueur a bien toutes les cartes en main pour espérer profiter au maximum de son avancée. Celle-ci se fait au travers de plusieurs donjons, parsemés d’énigmes dans l’ensemble simples mais qui demandent un minimum de mémoire pour éviter d’incessants allers-retours, des compétences débloquant des passages dans la plupart des lieux visités. Il est en effet intéressant de trouver un maximum d’upgrades – aussi bien barre de vie que de magie – mais aussi de pouvoirs. Si vous n’êtes pas manchot – ce qui est fort à propos – l’arbre est complété lors de l’affrontement avec le boss de fin, un joli affrontement d’ailleurs, quand la console ne plante pas.

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Pourquoi on en parle ?

Severed, assez peu médiatisé, a connu une ressortie sur la dernière de Nintendo, la Switch. Il s’agit d’ailleurs de la console sur laquelle le jeu a été terminé, disons-le, entièrement retourné, au bout de 5 heures. Une durée de vie rachitique, deux petits après-midi, mais une envie irrépressible d’avancer, une esthétique que nous ne sommes pas prêts d’oublier et le destin de Sacha qui interpelle. Dans ce monde anxiogène, où les PNJ se font aussi rares que les jours d’éclaircies en Bretagne, Severed se permet d’offrir une aventure rarement verbale et tout en suggestions qui fait du bien. A l’instar des Etrian Odyssey ou des derniers Shin Megami Tensei, il montre ce que peut donner le genre du Dungeon crawler modernisé. Eh bien, ça rend très bien, sachez-le.

 

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