Mortal Legacies

Un J-RPG dans le catalogue Indie Game du Xbox Live Arcade européen, voilà un fait suffisamment rare pour être noté. Disponible pour seulement 80 points Microsoft, soit un peu moins d’un euro, Mortal Legacies n’est pas le jeu le plus aguicheur du monde. Si son titre aurait pu laisser penser à un quelconque hommage à la série culte de Midway, il n’en est rien, et ce quelque soit l’aspect abordé.

Mortal Legacies nous plonge dans la peau de Valloc. Jeune homme vivant encore chez sa mère à Sunville, il se met en quête de la couronne royale d’Elisia, dérobée depuis peu et pouvant entrainer la fin du monde. Si le début peut paraître dans la veine de bien des RPG de l’ère 8-16bits, il faut se rendre compte que la fin également, puisqu’est ici résumé l’intégralité de la trame principale. La durée de vie n’excédant pas l’heure de jeu. Bien que 4 niveaux de difficulté soient présents (plus un New Game + sans intérêt), il faut bien avouer que monter ses cinq héros au maximum – à savoir le niveau 25 – n’a rien de bien difficile. La progression, classique au possible, alterne quêtes et donjons. Les premières consistent en général à faire avancer le schmilblick en interrogeant le bon PNJ, ce qui ramène de l’expérience ; les seconds étant sur le chemin de la ville suivante. Nul besoin d’espérer un approfondissement du background de chacun : leur histoire ne dépasse pas la taille de la première et unique bulle de dialogue que nous avons avec chacun d’entre eux à leur rencontre.

Si visuellement Mortal Legacies laisse perplexe, il désabuse complètement lors de l’ouverture des menus. D’une sobriété rarement osée, ils font fi de toute notion d’ergonomie. Une véritable gymnastique de l’esprit est requise au démarrage pour ne serait-ce qu’équiper ses héros, ou acheter du matériel. Fait amusant : les vendeurs ne sont jamais derrière leur comptoir et sont planqués dans un coin de leur salle. Moins drôle : le déclenchement des dialogues et des événements à l’approche d’une zone. Fini la pression sur une touche pour papoter avec un PNJ, celui-ci nous adresse la parole à notre approche. Une pression malencontreuse sur une touche lors de l’ouverture de la fenêtre et le dialogue disparaît pour ne pas forcément revenir dans le cas d’un message vital à la progression (!). A se demander ce qui est passé par la tête de Mitchell Davies, unique développeur du jeu. Seul point positif au milieu de cet amoncellement de ratés : la bande son. Très agréable et plutôt entêtante, elle contraste totalement avec le reste de la production.

Mortal Legacies est donc à laisser dans les limbes des Indie Games du Xbox Live Arcade. Un beau naufrage dont son créateur est parfaitement conscient. Il nous promet de tirer profit de ses erreurs et nous révèle s’être mis au travail sur son nouveau jeu peu de temps après la mise en vente de Mortal Legacies. A la bonne heure.

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