Q.U.B.E.
Appréciation 3

Incarner un véritable rat de laboratoire n’est guère une chose courante dans le jeu-vidéo. L’idée fût popularisée par l’éminent Portal, dont le concept naquit au travers d’un projet étudiant, avant d’être récupéré par la machinerie de Valve. Un projet estudiantin peut en cacher un autre, car voilà qu’arrive Q.U.B.E. (pour Quick Understanding of Block Extrusion), ..

Résumé 3.0 Correct

Q.U.B.E.

Incarner un véritable rat de laboratoire n’est guère une chose courante dans le jeu-vidéo. L’idée fût popularisée par l’éminent Portal, dont le concept naquit au travers d’un projet étudiant, avant d’être récupéré par la machinerie de Valve. Un projet estudiantin peut en cacher un autre, car voilà qu’arrive Q.U.B.E. (pour Quick Understanding of Block Extrusion), qui partage un développement et un « univers » similaire. Diffusé gratuitement en 2010, cet humble sujet de fin d’année rencontra un tel accueil auprès des joueurs qu’il poussa leurs créateurs à ouvrir leur propre studio, Toxic Games, et ainsi peaufiner leur création dans une vision plus commerciale. Après bien des déboires pour trouver un éditeur, c’est l’Indie Fund, une jeune organisation née de l’initiative de grands noms de la scène indépendante (comme Jonathan « Braid » Blow, ou encore Kellee Santiago, co-fondatrice de thatgamecompany), qui s’occupa de financer le titre pour une diffusion à grande échelle, sur la toile. Un premier essai pour ces deux entités sous le signe d’une bonne réussite, comme nous allons divaguer un peu ici.

Nous voilà donc conviés, encore contre notre gré, à participer à une expérience scientifique ou quelque chose dans ce genre, pour répondre aux pulsions probablement maladives d’une entité supérieure et inconnue. Ou rien de tout cela en fait. Pas d’ordinateur sadique aux répliques incisives qui vous propose du gâteau en tout, ni même une petite boite de dialogue, et encore moins une belle introduction pour nous expliquer le pourquoi du comment. Le scénario de Q.U.B.E. se résume à notre arrivée dans ce labyrinthe et à l’étrange fin que nous ne divulguerons point ici. Nous nous réveillons là, allongé sur une sorte de plateforme qui termine sa descente dans cette structure aux décors aseptisés et composés exclusivement de cubes, blancs et éclatants de perfection comme dans un certain Cosmic Smash. Un coup d’œil rapide de nos mains nous laisse prendre connaissance de la pierre angulaire qui compose le gameplay du jeu: des gants aux propriétés technologiques qui seront très rapidement mis à contribution. Après quelques pas au travers d’un long couloir, l’abondance extrême de #FFFFFF est bousculée par l’apparition de formes cubiques habillés de couleurs primaires qui semblent faire réagir nos appendices doigtés. Par impulsion d’une des deux mains, l’objet bouge, sortant ou rentrant dans le décor. Bizarre. Toujours est-il que ceci permet de gagner les hauteurs, alors continuons ainsi!

Viendront s’ajouter à cette « barre rouge » d’autres formes aux effets différents, comme le cube bleu qui servira de trampoline, le cube violet qui fera bouger toute une partie du niveau, mais également une balle verte qu’il faudra amener dans un compartiment prévu pour l’accueillir, ou encore des aimants, des lasers… Tout un arc-en-ciel de couleurs avec autant de mixes possibles qu’en à leur utilisation dans des énigmes à résoudre pour progresser. Globalement, Toxic Games a parfaitement réussi son travail en nous proposant une grande variété de puzzles et une bonne dose de difficulté pour nous creuser la tête. Le tout est suffisamment bien ficelé de mystères et d’une mise en scène visuelle pour nous pousser à continuer jusqu’au bout : les murs bougent parfois pour nous faire changer de chemin ou nous en ouvrir un autre, certaines salles ont une architecture aussi magnifique que dérangeante (tout ces cubes…) et on s’apercevra bien vite que l’imperfection de ce complexe cubique.

Et il n’y a finalement rien à dire de plus sur ce Q.U.B.E.. Ce titre propose une ambiance sympathique, agrémentée de musiques tout aussi discrètes qu’agréables, et suffisamment de puzzles pour vous occuper le temps d’une bonne après-midi de pluie. Le petit plus, malheureusement non présent ici, aurait été de proposer un éditeur de niveaux pour permettre aux designers en herbe de concevoir leurs propres énigmes, à l’instar du titre de Valve. Quoiqu’il en soit, le titre de Toxic Games est un très bon jeu de réflexion caché derrière un simple FPS, avec des graphismes épurés, un concept simple pour des puzzles bien pensés et variés, mais aussi un titre un brin court, et pas mal flou en ce qui concerne son univers. Mais il est vrai que bon nombre de cerveaux sauront bien se satisfaire de cette petite expérience ludique!

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