Les Chevaliers du Zodiaque : La Bataille du Sanctuaire
Appréciation 3

La Bataille du Sanctuaire commence bien et rappelle le début de l’anime avec la fuite d’Aioros, chevalier d’or du Sagittaire, un nourrisson dans les bras, terminée par l’attaque de Shura, représentant du Capricorne. La découverte du bébé et du corps mourant d’Aioros par Mitsumada Kido se fait quant à elle dans une contrée glacière. Pourquoi ..

Résumé 3.0 Correct

Les Chevaliers du Zodiaque : La Bataille du Sanctuaire

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Réaliser un film Saint Seiya en CG est une bonne idée. Moderniser l’histoire et les personnages est également une bonne idée. Transposer une dizaine de tomes de manga en un seul film de 90 minutes l’est beaucoup moins. Ce projet fou a été attribué à Keiichi Sato (déjà responsable de Karas), avec l’aide de Masami Kurumada. Les personnes ayant lu Next Dimension savent que cette précision n’est pas forcément synonyme de qualité…

La Bataille du Sanctuaire commence bien et rappelle le début de l’anime avec la fuite d’Aioros, chevalier d’or du Sagittaire, un nourrisson dans les bras, terminée par l’attaque de Shura, représentant du Capricorne. La découverte du bébé et du corps mourant d’Aioros par Mitsumada Kido se fait quant à elle dans une contrée glacière. Pourquoi pas. Le récit reprend le jour du seizième anniversaire de Saori Kido, le nourrisson devenu une belle jeune fille. Réincarnation de la déesse Athéna sur Terre, elle est vouée à être tuée par les chevaliers du Sanctuaire, sur les ordres du Grand Pope. Le Sanctuaire ne se trouve plus en Grèce mais dans les cieux, où le rôle d’Athéna est tenu par une usurpatrice à la solde du Grand Pope. Pour protéger Saori, Mistumasa Kido a envoyé pendant plusieurs années, cinq (et non plus une centaine) orphelins s’entraîner dans différents coins reculés du monde. Tous sont devenus des Chevaliers (Saints) d’Athéna, destinés à la protéger dès ses seize ans. Et heureusement pour elle, ils sont à l’heure. Tandis que sa voiture est violemment attaquée, les Chevaliers Pégase, Dragon, Cygne et Andromède apparaissent et se débarrassent sans aucun souci des opposants. Premier contact avec la nouvelle apparence de nos héros.

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saint_seiya_la_bataille_du_sanctuaire_02Dans son souci de modernisation, Keiichi Sato s’est attaqué au look et à la psychologie des héros. Fini les musculatures et têtes de guerriers aguerris, les protagonistes ont seize ans : visages juvéniles et musculature timide. Au revoir l’épaisse poitrine de Saori : elle ressemble enfin à une jeune fille de son âge. Ces choix sont plutôt judicieux et bien loin des extravagances de Kurumada et ses héros de treize ans. Ajoutons à cela baggy, piercings, vêtements amples et cheveux dans le vent, bref, un style japonais branché qui ne fera pas que des heureux. En raison du format adopté, leur psychologie n’est qu’à peine effleurée (Shiryu | Shun), voire tout simplement ignorée (Hyoga | Ikki). Seiya est quant à lui sur-représenté et constitue le stéréotype du nekketsu, avec un côté bout-en-train parfois drôle mais régulièrement irritant. En ressort un groupe malheureusement assez convenu qui nous fait sentir que l’importance du film ne tient pas dans ses détails. La scène la plus frappante se trouve au début de la grande bataille des douze maisons où Shiryu tente de raconter l’histoire du Sanctuaire tandis que ses compagnons l’esquivent discrètement pour courir à toute jambe vers la maison des béliers.

saint_seiya_la_bataille_du_sanctuaire_06Ce Saint Seiya ne s’encombre pas de fioritures. Si Kurumada oubliait régulièrement l’importance, initiale, de la mythologie dans sa série, Keiichi Sato la délaisse totalement. Il prend l’histoire des douze maisons et fait les ajustements nécessaires pour respecter son format, et contre toute attente, beaucoup de ces ajustements sont judicieux. Les chevaliers d’or sont moins crédules que ceux d’origine, Saori ne semble plus être un si lourd fardeau, ses déplacements se font à dos de Saint et les interventions des Chevaliers d’Or sont cohérentes. Le film corrige pas mal d’absurdités de l’oeuvre originale, mais aurait mérité davantage de pellicule (oui, c’est une expression de vieux qui …) pour éviter de survoler autant son sujet. Le réalisateur a tellement peu de temps pour développer son histoire qu’il place des indices pour aiguiller le spectateur, telles que les lunettes de Mû, habituel synonyme d’érudition. Logique bien qu’étonnant. Le film va vite, très vite, trop vite. Les jeunes spectateurs habitués à la surenchère des productions américaines seront aux anges, d’autant que la technique est loin d’être à la traîne.

saint_seiya_la_bataille_du_sanctuaire_03Faisant suite à Albator : Corsaire de l’Espace, Les Chevaliers du Zodiaque offre une plastique assez incroyable. Le look mi-anime mi-sentai des armures peut diviser, la nouvelle allure des Chevaliers d’Or en surprendra plus d’un, mais il est difficile de reprocher quoique ce soit à la modélisation 3D assez incroyable. Les combats, certes très courts et manquant clairement de montée en puissance, affichent un sacré bon spectacle. Les moments de bravoure sont bel et bien là – mais moins présents que dans le matériau d’origine, question de temps, tout ça – appuyés par une excellente bande son. Yokoyama n’est bien évidemment pas aux commandes mais Yoshihiro Ike ne démérite pas, sauvant quelques décevantes confrontations (Hyoga vs Camus). La bataille finale, en complet désaccord avec l’esprit de la série, n’en demeure pas moins superbe, et clôt un film qui est allé à cent à l’heure dès les premières minutes. L’action ne s’arrête jamais telle une course contre la montre, ce qui, pour le coup, correspond bien au contexte.

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Et c’est aux termes de l’heure et demie que dure le long-métrage que l’on se pose la question de sa qualité. Le fan de Saint Seiya sera outré par tant de digressions et surtout cette aventure expéditive, où des personnages comme Hyoga, Shun et même Ikki ne servent à rien. Où Deathmask est un clown de comédie musicale. Où le sort d’Aphrodite laisse pantois. Mais, et c’est toute la complexité du sentiment post-visionnage : le film fait passer un bon moment. Si vous avez l’esprit un tantinet ouvert considérant le film de Sato comme une adaptation moderne, assumée de A à Z, vraiment, en one-shot, alors vous apprécierez le spectacle. Ne le comparez pas à la série sous peine d’être déçu. C’est une réécriture et il doit être jugé pour ça.

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