Vampire Rain
Appréciation 1

Vampire Rain avait pour un lui un fabuleux concept : la survie en milieu vampirique ; mais cela ne suffit pas à sauver le titre de la noyade. Sa technique digne d’une Xbox première du nom n’attirera déjà pas l’œil du badaud, ni même la pauvreté de son design. Artoon a pondu un titre dans lequel on s’ennuie fermement et dont on se serait bien passé. Préférez lui donc les aventures de Sam Fisher, moins occultes mais diablement plus accrocheuses et soignées

Résumé 1.0 Pauvre

Vampire Rain

Malgré sa récente création, Artoon fait partie des studios montant. Après s’être occupé de la série des Blinx pour Microsoft, la société s’est vue confiée d’autres projets tels que Blue Dragon pour Mistwalker. Alors quand un nouveau jeu sort sous l’égide d’Artoon, il est légitime d’y porter un regard plus qu’intéressé. Cette fois-ci, c’est AQ Interactive qui édite : Vampire Rain. Voici un titre pour le moins engageant à l’univers que l’on devine d’ores et déjà sombre. Malheureusement, il y a de fortes chances pour que le jeu reste dans les ténèbres…

Gandhi aurait été tué…

De tous temps, des personnes disparaissent sans laisser de traces. Les avis de recherche n’y font rien : nul ne les retrouve. Peu à peu, les humains commencèrent à comprendre qu’une force était à l’œuvre : la famille des vampires. Il s’agit d’une race d’êtres que tout le monde pensait éteinte. En réalité, elle avait juste su se faire discrète. Abrutie qu’elle est, la caste des humains a tenté de résoudre le conflit pacifiquement en laissant traîner… mais les vampires continuèrent leurs exactions et finirent par l’intensifier. Ils en sont arrivés à prendre possession de villes entières. Le gouvernement américain forma alors un groupe de soldats d’élite spécialisés dans l’éradication des êtres suceurs de sang : l’AIB (American Information Bureau). Comme vous vous en doutez, vous prendrez part au conflit au travers d’un des membres de ce bureau, un prénommé John Lloyd. Il est le seul survivant d’une escouade qui a été décimée par les vampires. Il constitue donc l’un des éléments les plus expérimentés dans cette spécialité si originale.

Vampire Rain nous propose de participer à une mission secrète menée le gouverment en suivant les péripéties d’un groupe de trois personnes sur le terrain. Il s’agira de prendre contact avec les troupes de reconnaissance et divers militaires sur les lieux.

Le serpent était visiblement trop rapide

Votre progression se fera à travers diverses missions qui auront chacune un objectif bien défini comme détruire une antenne de liaison. Toutes se feront dans une ville de la côte ouest des Etats-Unis. Elle est non seulement infestée par les vampires mais offre un parcours pour le moins labyrinthique. Les actions se feront de nuit et sous la pluie. Il a été découvert par un institut que des trombes d’eau affaiblissaient sensiblement les sens surdéveloppés des vampires. Malgré cela, leur force reste surhumaine, c’est pourquoi il est préférable dans 95% des cas d’éviter la confrontation. En effet, un vampire est capable de vous tuer en deux coups, sachant que le premier vous sonne, vous privant de toute riposte. Vampire Rain se résume donc à une suite de balade durant lesquelles il vous sera fermement déconseillé de batailler avec vos ennemis. Le mot d’ordre est infiltration.

Le gameplay reprend ainsi aux ténors du genre que sont Metal Gear Solid et Splinter Cell. Il suffit de voir Lloyd bouger pour comprendre que le titre de Kojima a littéralement été plagié. Evidemment, Artoon n’est pas Konami : les gestes manquent de naturel et la rigidité de l’ensemble fera perdre au héros toute humanité. Alors que nous pourrions penser être plantés dans un décor dans lequel il faudra survivre, nous découvrons très vite que l’avancée se veut particulièrement linéaire. Chaque élément est placé pour une raison précise et il est difficile de s’écarter du chemin prévu par les développeurs, des vampires étant postés pour délimiter votre marge de manœuvre. Nous nous retrouvons très vite à suivre un parcours scripté alors qu’une ville entière devait nous tendre les bras.

Regarder mais pas toucher

Se baisser, courir quand les vampires ont le dos tourné, tirer sur des pigeons pour éviter de faire du bruit, descendre des gouttières, voici les principales actions que vous effectuerez dans le titre. Très vite, vous récupérerez enfin des armes vous permettant d’augmenter votre espérance de vie face à vos ennemis mais votre victoire restera proportionnelle à la distance qui vous sépare du vampire au début de l’échange. En effet, il est particulièrement rapide et résistant. Prévoir un bon cent mètres avant d’ouvrir le feu est une bonne idée.

Cette écrasante surpuissance des adversaires, visiblement prévue pour exacerber les sens du joueur et l’obliger à se concentrer sur l’action, fait davantage figure de machine à frustration. Quand les maîtres susnommés offrent une balance tout à fait équilibrée entre les phases d’action et d’infiltration, Vampire Rain souffre de la prédominance de l’infiltration. Sans compter que certaines aberrations enlèvent toute crédibilité aux événements : courez en plein milieu d’une rue, éclairé par les lampadaires, et le vampire posté à quelques dizaines de mètres de là ne remarquera rien. Pourquoi ? Tout simplement car la distance qui vous sépare est (apparemment) trop grande…

Oh le mauvais élève…

Les vampires sont réputés pour être intelligents dans Vampire Rain ; pourtant, ils n’en font montre que très rarement. De toute façon, s’ils vous repèrent en premier, vous êtes mort. Il n’y a pas réellement de plaisir à jouer au titre. Sa réalisation technique tout juste honnête et sa bande son ne le sauveront pas. En soi, le concept est intéressant mais Vampire Rain donne l’impression du titre fait à la va-vite avec ses cut-scenes sans vie tentant ouvertement de copier le titre d’Ubisoft Montréal, ses personnages sans intérêt et son action quasi-inexistante. Les personnes désireuses de rentabiliser leur achat essaieront alors de se tourner vers le mode multi, jouable sur le Xbox Live.

Celui-ci vous permettra de vous opposer à d’autres joueurs, chacun pouvant incarner un humain ou un vampire. Le nombre de points requis pour la réussite de la partie variera logiquement en fonction de votre espèce. Les modes sont habituels mais toujours appréciables : Match à mort, Périr ou devenir un vampire, Destruction et Capture la flamme. Tous sont jouables en équipe. Quand on s’intéresse d’un peu plus prêt aux succès de Vampire Rain, on se rend vite compte que l’équipe a beaucoup misé sur le multijoueur. Serait-ce le point qui sauverait le titre du naufrage ? Eh bien non : le gameplay ne change pas et on participe souvent à des parties poussives et sans saveur. Sans compter qu’il faut trouver des personnes motivées pour cela…

Vampire Rain avait pour un lui un fabuleux concept : la survie en milieu vampirique ; mais cela ne suffit pas à sauver le titre de la noyade. Sa technique digne d’une Xbox première du nom n’attirera déjà pas l’œil du badaud, ni même la pauvreté de son design. Artoon a pondu un titre dans lequel on s’ennuie fermement et dont on se serait bien passé. Préférez lui donc les aventures de Sam Fisher, moins occultes mais diablement plus accrocheuses et soignées.

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