Devil May Cry 4
Appréciation 4

Devil May Cry 4 ne trahit pas la série, bien au contraire même. Il reprend tout ce qui a fait le succès du un et du trois et apporte un nouveau héros et quelques brillantes idées. Doté d’une réalisation impeccable (mais qui aurait pu être encore meilleure, j’en suis persuadé), d’une animation hors pair et d’une maniabilité toujours aussi parfaite, il ne pourra que plaire aux fans. Le titre de Capcom n’est malgré tout pas irréprochable en raison d’un manque évident de recherche quant à l’aventure sous les traits de Dante et ce sur tous les plans. A croire que la partie de Nero a nécessité tout le temps de développement et que celle de Dante s’est vue faite à la va-vite. Fort dommage quand on sait qu’elle constitue tout de même 2/5 du jeu total. Heureusement, au final, le plaisir n’est pas réellement tari et, il faut le reconnaître, nous prenons un plaisir fou à contrôler les deux héros. C’est l’essentiel et nous retrouvons avec l’un des tout meilleurs DMC actuellement disponible sur le marché, juste en deçà de l’indétrônable numéro un

Résumé 4.0 Très bon

Devil May Cry 4

2001. La Playstation 2 est disponible depuis un moment et peine à convaincre les joueurs un tant soi peu exigeants. Les fanboys Sony se débattent avec de malheureux X-Squad et autres SSX et se prêtent à rêver aux Killer-app annoncées. Capcom figure parmi les développeurs les plus productifs de ce début de vie avec deux titres majeurs, des ersatz de Resident Evil à première vue, mais que nenni. Onimusha et Devil May Cry vont bien au delà de cela. Il est ici question du second. Un gameplay nerveux, des graphismes somptueux, une ambiance unique et surtout un héros pas comme les autres. Dante de son petit nom a su conquérir la communauté des joueurs et lancer une console qui aura depuis lors dépassé les 100 millions d’exemplaires vendus.

Après une suite sans grande saveur et un troisième opus excellent mais un peu trop extravagant, voici le quatrième volet des aventures de Dante. Enfin, pas tout à fait. Le grand ténébreux se fait piquer la vedette par un petit jeunot, Nero. Les habitués ne seront pas dépaysés au premier coup d’œil puisque les deux protagonistes se ressemblent fortement, un peu trop diront certains. Cheveux blancs, regard pénétrant, petit sourire en coin, veste rouge, les deux bonshommes pourraient être frères que cela ne nous étonnerait pas. Alors flemme du designer ou réel lien ? Vous le saurez (peut-être) en finissant le jeu. Mais avant d’en arriver là, je vous propose de discuter un peu sur ce si attendu Devil May Cry 4.

Mario, Nero : même combat

Les Devil May Cry n’ont jamais brillé par leur scénario. Buter du démon et calmer un frère démoniaque furent des raisons suffisantes pour défourailler des hordes de monstres tous plus infernaux les uns que les autres. Reconnaissons que le genre du Beat’em all n’a jamais requis un quelconque effort de ce côté-ci. Cependant, l’espoir aidant, nombreuses étaient les personnes venues à croire que Capcom engagerait enfin un scénariste digne de ce nom… Eh bien, on dirait bien qu’ils sont allés taper dans le staff de Nintendo. Jugez plutôt : Nero, jeune garçon dans le vent, est fou amoureux de Kyrie (prononcez kiri… oui, comme kiri goûter…), fière croyante de l’Ordre et cantatrice d’opéra à ses heures. L’Ordre est un groupuscule de personnalités ayant pour but de prier et croire en un « Sauveur » qui nettoierait le monde de son mal et permettrait à tous de vivre dans l’allégresse… Bref, c’est une fichue secte qui désire faire (re)venir un Dieu sur Terre. Mais, au beau milieu d’une sympathique, mais longuette, messe, Dante fait son apparition, plus classe que jamais, et colle une balle entre les deux yeux du prêtre. Nero, en tant que combattant de l’Ordre, se retrouve confronté à notre chasseur de démons favori. Les choses faisant, Kyrie se sentira obligée d’être kidnappée obligeant notre jeune écervelé à défoncer du démon pour la retrouver. Aucune originalité, peu de suspense et des rebondissements dignes du meilleur Steaven Seagal sauront vous remettre les pieds sur Terre : ce ne sera pas Devil May Cry 4 qui marquera l’arrivée d’un bon scénario. Rien d’aussi catastrophique que le deux, soyez rassurés mais rien qui ne tiendrait pas sur un post-it non plus. N’espérez pas non plus un long développement de la relation Nero-Dante, ni même une évolution de Nero-Kyrie. Il y avait moyen de faire quelque chose de plus approfondi, notamment pour nos deux héros, mais le Dieu Capcom en a voulu autrement…

Attention les pouces

L’arrivée de Nero dans la série déboussole un peu. Sera-t-il à la hauteur de Dante ? Se manie-t-il correctement ? Possède-t-il de bonnes techniques ? Autant d’interrogations qui trouvent leur réponse dès les premières minutes de jeu : Nero est à la fois similaire et bien différent de Dante.

Similaire car les routines de combat se ressemblent fortement ; un flingue dans une main, une épée dans l’autre. Les deux disposent d’animations qui se confondraient aux yeux d’un profane. Mais voilà, Capcom a tout de même cru bon de rajouter l’élément qui allait tout changer : le Devil Bringer. Sous ce nom barbare, se cache le bras droit de Nero. Il vous permettra de capter n’importe quel ennemi se trouvant dans votre périmètre de sécurité – périmètre qui n’aura de cesse de croître au fil de votre progression pour peu que vous achetiez les bonnes capacités. Mine de rien, ce petit ajout permet de radicalement modifier l’approche et la philosophie des combats. Le bestiaire a de plus été réalisé pour être plus ou moins faible face aux prises de Nero, tout comme les boss qui verront leur barre de vie diminuer de manière drastique si tant est que vous saisissiez leur point faible au bon moment. A noter l’évidente influence de God of War que ce soit dans le côté imposant des boss que de la nouvelle importance du corps à corps dans les confrontations. Les joueurs des précédents DMC devront réapprendre un peu à jouer dans le but de s’adapter à Nero, chose qui se fera tout naturellement au fil des chapitres.

Dante n’est jouable qu’à partir du douzième chapitre. Son arrivée entre nos paluches se transforme cependant en petite désillusion lors des premiers pas. En effet, alors que l’apprentissage du gameplay Neroesque est enfin achevé, il nous faut soudainement tout réapprendre. Dante se manie exactement comme dans DMC 3 ; les quatre styles de combat – Tryckster (axé sur les mouvements), Sword Master (basé sur l’utilisation de l’épée), Gunslinger (flingue à donf) et Royalguard (tout dans l’esquive) – font leur grand retour. La façon de jouer est donc connue mais la partie d’aventure déjà traversée nous avait introduit un tellement bon outil qu’il est désormais difficile de l’oublier. Sans compter que les ennemis, et boss, ne bougent pas d’un iota, à quelques réglages près. Tout ceci désoriente quelque peu… Heureusement, les retrouvailles avec Dante se passent tout de même bien et le plaisir de défourailler des démons à toute berzingue reprend le dessus… jusqu’à ce que l’on réalise le… comment dire… foutage de gueule, il n’y a pas d’autre mot, organisé par Capcom.

Même joueur joue encore

Sans vous spoiler le jeu, sachez que Nero va grosso-modo pratiquer une ligne droite jusqu’à sa chérie et s’y arrêtera net. Dante, quant à lui, partira de ce point et fera tout le chemin inverse. Ceci sous-entend de franchir les mêmes environnements, rencontrer les mêmes ennemis et, cerise sur le gâteau, affronter les mêmes boss. Développement raccourci ? Obligation de sortir le jeu en début d’année ? C’est aux personnes de chez Capcom qu’il faudrait poser la question mais il est évident que les responsables du jeu se sont clairement reposées sur leurs lauriers pour la partie à Dante. L’aventure n’est qu’un immense aller-retour comme les joueurs affectionnent tant… Quelques nouvelles têtes apparaîtront tout de même, histoire de faire un peu mieux passer la pilule, et les mécanismes de certaines salles se verront altérés ; toutefois, rien ne réussit à faire fondre cet amer goût de laisser-aller. Il faudra donc faire avec.

Et là, vous vous dîtes que DMC 4 connaît le syndrôme DMC 2. Je vous rassure : ce n’est pas le cas. Car au-delà de cette aventure répétitive et ses choix discutables, ce quatrième chapitre est un excellent épisode. Le gameplay est toujours aussi nerveux et jouissif, autorisant toutes les plus belles poses de poseurs que le jeu vidéo ait connu. Je dois reconnaître avoir une admiration sans pareille pour celles offertes par le Gunslinger Style. Un régal ! Nero ne démérite pas non plus et s’appuie amplement sur sa ressemblance physique avec Dante et la puissance de son bras droit. Un savant mélange qui nous fait dire qu’il ne serait pas étonnant que ce volet serve de passation de pouvoir…

C »est bien, c »est beau, c »est New Gen

Nous rêvions d’une réalisation en haute définition appliquée à la série ; eh bien, Capcom l’a fait. Que ce soit sur Xbox 360 ou PS3, les décors affichent une résolution absolument divine. Possesseurs de télé HD et Full HD, apprêtez-vous à être satisfaits. L’aliasing est parti en vacances pour laisser place à des contours nets et sans bavures. Que ce soit les ennemis ou les héros, les modèles 3D sont irréprochables. Seul léger bémol peut-être : les collisions entre monstres et murs sont encore à revoir. Si voir un Mephisto (les clones de Death propres à la série) traverser un mur est normal, perdre de vue la moitié du corps d’un soldat de l’Ordre pour cause de combat rapproché avec un mur est fort dommage. Cela n’altère cependant en rien l’excellente maniabilité. Identique en tout point à celle déjà présente dans les précédents, elle saura aussi bien contenter le néophyte que le joueur chevronné, réelle cible du jeu.

DMC 1 et 3 ont été de charmants challenges pour le hardcore gamer qui sommeille en chacun de nous. Qui peut prétendre avoir achevé sans trop de souci les modes Dante Must Die ? Sachez que la difficulté propre à la série est de retour avec un mode « Chasseur de Démons » de bon niveau, auquel succédera « Fils de Sparda » et « Must Die » qui sauront tenir en haleine les meilleurs d’entre nous. Et tout ceci sans compter le Palais Sanglant, tour de 100 combats qu’il faudra gravir pour espérer… faire un bon score. Grâce aux fonctionnalités online des consoles, il est désormais possible de mettre ses records en ligne. C’est toujours flatteur de montrer au monde entier à quel point nous ne faisons qu’un avec la manette… ou pas. Espérons que Capcom ne se limitera pas à cela pour le prochain épisode. Un mode coopération se prêterait finalement tellement bien au genre et rallongerait très certainement la durée de vie de quelques heures. Comptez ici une douzaine d’heures pour achever l’aventure avec le niveau par défaut ; multipliez par trois ou quatre si vous désirez les terminer tous (Bon courage ! ). Un DMC plus long qu’à l’accoutumée, et c’est tant mieux ; même si l’on regrette le découpage irrégulier des vingt missions qui composent le jeu.

Smokin » Sick Style

Eh oui, le système propre à tous les numéros a été conservé, tout comme celui des missions secrètes. Ces dernières vous permettent toujours de remporter des quarts d’orbes bleus, saint graal pour espérer voir votre jauger de vie augmenter. Les orbes rouges, verts, jaunes et donc bleus ont elles aussi signés pour rempiler. Les orbes fiers font en revanche leur apparition. A la fin de chaque mission réussie, vous êtes toujours évalué (de D à S) et êtes récompensé par lesdits orbes fiers. Ceux-ci vous offrent l’opportunité d’acheter des capacités pour votre personnage. Les rouges ne servent désormais plus qu’à ravitailler votre inventaire ou accroître vos jauges. A chaque capacité achetée, le prix de toutes les autres augmente. Ce qui fait qu’il faudra un certain temps pour toutes vous les procurer, au moins trois parties. Nouveauté : il est possible de revendre une technique pour en acheter une autre. Finis les regrets de ne pas avoir pris celle d’à côté plutôt que l’actuelle toute pourrie insortable en combat. Je pense que les joueurs de DMC savent bien de quoi je parle ici.

Les techniques sont dans l’ensemble sympathiques mais il est évident que certaines ne vous servirons quasiment jamais. D’autres ont un intérêt clairement douteux, comme les tirs chargés, mais peut-être que certains en raffolent. A voir. En tout cas, il y en a pour tous les goûts, et pour toutes les armes. A l’inverse de Nero, Dante mise énormément sur la diversité de ses outils. Pandora saura vous surprendre, croyez-moi ; contrairement à Gilgamesh qui aurait pu être bien meilleure. Cette dernière n’a pas le panache des gantelets d’Ifrit qui nous avaient tant séduits dans le un. Il vous faudra bien les choisir en tout cas pour espérer faire grimper les points de style à vitesse grand V. Toujours présents, ces « notes » sauront guider vos joutes et flatter votre égo. Dégotter en pleine baston un SSS n’étant pas donné à tout le monde à l’opposé d’un modeste Deadly. Mais ne faisons pas trop la fine bouche, l’armement est plus que plaisant et saura divertir tous les fous que nous sommes.

Devil won’t cry this time

Vous l’aurez compris, Devil May Cry 4 ne trahit pas la série, bien au contraire même. Il reprend tout ce qui a fait le succès du un et du trois et apporte un nouveau héros et quelques brillantes idées. Doté d’une réalisation impeccable (mais qui aurait pu être encore meilleure, j’en suis persuadé), d’une animation hors pair et d’une maniabilité toujours aussi parfaite, il ne pourra que plaire aux fans. Le titre de Capcom n’est malgré tout pas irréprochable en raison d’un manque évident de recherche quant à l’aventure sous les traits de Dante et ce sur tous les plans. A croire que la partie de Nero a nécessité tout le temps de développement et que celle de Dante s’est vue faite à la va-vite. Fort dommage quand on sait qu’elle constitue tout de même 2/5 du jeu total. Heureusement, au final, le plaisir n’est pas réellement tari et, il faut le reconnaître, nous prenons un plaisir fou à contrôler les deux héros. C’est l’essentiel et nous retrouvons avec l’un des tout meilleurs DMC actuellement disponible sur le marché, juste en deçà de l’indétrônable numéro un.

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