The Witcher III : Wild Hunt
Appréciation 5

CD Projekt RED nous embarque dans une aventure absolument incroyable : The Witcher III fait figure de véritable chef d’œuvre. Fort d’une direction artistique (musiques, environnements…) à couper le souffle, d’une histoire aux multiples embranchements et d’un univers extrêmement riches et matures, associés à un gameplay des plus solides, The Witcher III marque avec brio les esprits en dépit de quelques défauts qui subsistent (petites imprécisions techniques, équilibre de la difficulté étrange). Nous tenons ici sans conteste le RPG le plus riche qui soit…

Résumé 5.0 Extra

The Witcher III : Wild Hunt

Jaquette

C’était le jeu phare de ce début d’année, celui vers lequel tous les yeux (ou presque) étaient rivés. En l’espace d’une dizaine d’années, la série The Witcher est devenue une valeur sûre du jeu vidéo. Une ascension aussi surprenante que fulgurante pour les développeurs polonais de CD Projekt RED. Sur le papier, The Witcher III : Wild Hunt représentait un réel défi technique : le plus grand open-world vu dans un RPG, en somme, un jeu censé démontrer la puissance des nouvelles consoles, qui faisaient preuve jusqu’alors d’un démarrage qu’on qualifiera de poussif. Les vidéos sont impressionnantes, les images alléchantes, et même les joueurs peu intéressés par les RPG de façon générale y jettent un œil. La sortie de The Witcher III est assurément un événement majeur dans le monde vidéo-ludique, et quelques mois plus tard, nous pouvons aborder le sujet avec le recul nécessaire pour apprécier l’œuvre comme il se doit. Pétard mouillé ou coup de maitre attendu ?

TW3À chaque sortie de gros titre, les joueurs adorent chercher la polémique, ou du moins, le petit truc qui fâche. En comparant la version finale de The Witcher III aux trailers diffusés il y a quelques années, le buzz autour du fameux « downgrade graphique » était tout trouvé. Certaines polémiques peuvent être justifiées, d’autres témoignent surtout d’une hypocrisie au final assez banale, pour l’amour éternel de taper sur ce qui est populaire. Le downgrade en question n’a rien de honteux dans le cas présent. The Witcher III est un pur jeu new-gen, qui exploite du mieux qu’il peut les dernières consoles. Et justement, la baisse de niveau graphique est probablement davantage imputable aux limitations techniques de ces dites consoles plutôt qu’à CD Projekt RED. Le jeu propose des zones gigantesques sans chargement, affiche des décors aussi sublimes que fournis : il ne pouvait sans doute en être autrement. Rendons à César ce qui est à César, The Witcher III est purement magnifique, downgrade ou pas. Voyager dans les terres désolées de Velen, dans les plaines colorées autour de Novigrad ou vagabonder dans la cité elle-même est un dépaysement qui nous subjugue autant qu’il nous captive. L’arrivée à Skellige, soutenue par une musique des plus somptueuses, conclue cette impression : les équipes du studio polonais n’ont pas fait dans le réchauffé, encore moins dans la banalité. Nous sommes bien loin des décors (trop) formatés auxquels nous avaient habitués Dragon Age : Inquisition et bon nombre d’autres RPG occidentaux avant celui-ci. Que ça soit par l’architecture ébouriffante de Novigrad, la végétation aux couleurs marquées de certaines plaines, l’aspect nauséabond des marécages, The Witcher III est un plaisir visuel dans le sens où il parvient à dépeindre un monde crédible, fort d’environnements qui en imposent et d’un character-design classieux, tout en s’affranchissant des sempiternels poncifs de par sa direction artistique magistrale.

TW3 De ce côté-là, cette troisième itération ludique des aventures de Geralt de Riv (un héros à la classe indémodable) se présente clairement comme l’aboutissement de l’entreprise de CD Projekt RED. Paroxysme que n’avait pas encore atteint The Witcher II, peut-être encore un peu trop lisse en comparaison à son successeur. Ici, l’ambiance des sept livres écrits par Andrzej Sapkowski (auxquels fait suite la trilogie de jeux vidéo, donc) est retranscrite avec brio. Parce que la saga du Sorceleur, ça demeure avant tout de la pure dark fantasy, au final aux antipodes de beaucoup de clichés accumulés par les jeux de rôle. Le monde que l’on visite est bien loin d’être reluisant. La société, les mœurs, les personnes qui habitent ce monde et plus particulièrement ceux qui gouvernent sont représentés de façon crue. Le désespoir est souvent sur votre chemin, la misère omniprésente lorsque l’on visite les innombrables villages qui composent le jeu. Les personnages ont des comportements réalistes, qui peuvent retranscrire une ambiance que l’on imagine adéquate au moyen-âge. Il ne faudra pas s’étonner quand une femme se servira de son crachat pour nettoyer le sol ou quand d’autres pleureront dans leur coin, attristés par les morts brutales de leurs proches. Évidemment, quand on se dirige vers les grandes villes que sont Oxenfurt et surtout Novigrad, il faudra aussi composer avec les arnaqueurs et tous types de vandales, mais aussi sur les filles de joies, toujours fidèles à la série.

TW3 Nos craintes sur la légitimité de faire de The Witcher III un monde ouvert (surtout aussi vaste) sont assez rapidement balayées de la main. Il faut déjà savoir qu’en fait le monde est divisé en six zones, dont trois réellement importantes. Sur ces trois, il y en a deux que l’on peut directement rejoindre d’une à l’autre (Velen et Novigrad), tandis qu’on passera uniquement par la carte du monde pour voyager vers les autres grâce aux points de voyage rapide que l’on a déjà visités. Les moyens de locomotion se résument ensuite aux chevaux et aux bateaux. Le premier est franchement grisant. Le cheval est très maniable et la logique d’endurance est bien pensée. Voyager à dos de notre destrier dans les immenses environnements de The Witcher III a quelque chose d’incomparable, difficile à retranscrire par de simples mots. C’est tout bonnement une expérience qui nous aurait parue totalement insensée il n’y a même pas dix ans. En revanche, si les bateaux sont eux aussi maniables, on regrettera la relative lenteur dont ils font part. Surtout que dans l’eau, il y a moins d’événements que sur terre, et outre les sirènes qui tenteront de nous attaquer et de détruire notre barque (ce qui est fortement à éviter si on ne veut pas terminer notre trajet à la nage !), quelque coffres cachés en-dessous des eaux, c’est forcément plus monotone. Même si on verra parfois surgir devant nous et à notre plus grand étonnement, au gré de nos ballades maritimes sur l’archipel de Skellige, une imposante baleine. Du fait de la lenteur de ce moyen de déplacement, aller vérifier tous les points d’intérêt situés en mer) n’est pas forcément la chose la plus agréable à accomplir dans le jeu.

TW3 4Les points d’intérêts (exprimés par des points d’interrogation) indiquent en fait les lieux sur la carte où il y a un événement à rencontrer. Ces derniers peuvent être de types variés : cache ou campement de bandits, trésor gardé par un monstre, nid de monstre, site d’énergie (qui nous permet de glaner des points de compétence), site abandonné ou déserté qui s’est fait envahir par des monstres (les vaincre permettra de repeupler le lieu), personne en détresse… Le jeu parvient à remplir convenable son gargantuesque terrain de jeu à travers toutes ces astuces. L’ensemble est servi par un level-design de qualité, parfois impressionnant, parfois plus convenu (et on se frottera avec difficulté aux montagnes de Skellige) mais systématiquement efficace. L’immersion est donc sans aucun doute l’une des principales forces de The Witcher III, qui atteint en la matière un niveau rarement touché dans un RPG. Et si j’ai déjà abordé avec les éloges de rigueur la direction artistique du titre, il ne faut pas en oublier une composante essentielle : la bande-son. En l’occurrence, l’OST de The Witcher III est juste sensationnelle et contribue en grande partie à l’identité de l’aventure. Que ça soit par le biais de chants atypiques, d’une utilisation frissonnante des cors ou autres, les musiques restent en tête et nous feront parfois poser la manette pour en profiter pleinement. Les thèmes d’exploration font preuve d’une qualité exceptionnelle, mais n’omettons pas les nombreuses musiques de combat, témoignant d’une parfaite cohérence. Au milieu de celles-là, on trouvera des thèmes toujours adaptés aux séquences, dont une en particulier qui a de quoi devenir culte tellement elle procure des frissons (Ciri Welcome). En somme, une alternance maitrisée de notes épiques, mélancoliques et reposantes. Je vous conseille vivement d’écouter l’OST (par ailleurs offerte avec le jeu !), particulièrement les morceaux que j’ai sélectionnés pour les bienfaits de cet article. Quant aux doublages, ils sont d’une qualité on ne peut plus professionnelle. Ceux en anglais sont parfaits, mais les doublages français, excellents, ne sont pas en reste.

TW3 Mais tous ces efforts sur l’immersion auraient finalement bien peu de saveur sans une histoire à la hauteur. Le précédent opus avait réussi à tirer son épingle du jeu avec les deux voies qu’il proposait lors de la seconde partie du jeu, malgré le rythme globalement inégal de la quête principale. La déception du scénario de The Witcher III est finalement d’imposer la voie de Vernon Roche par défaut, celle de Iorveth n’étant pas prise en compte. Les joueurs ayant choisi cette option pendant The Witcher II auront donc sans doute un goût amer, mais une fois le deuil fait, il n’y a pas grand chose à reprocher à TWIII, que ça soit en terme de rythme, de narration ou d’écriture. La trame principale tourne principalement autour de Ciri, la fille adoptive de Geralt, que celui-ci recherche pendant une grande partie du jeu. Honnêtement, je préfère éviter de spoiler les détails, mais l’histoire est très satisfaisante et surtout, l’écriture excellente. Ce qui est d’autant plus appréciable, ce sont tous les choix que nous sommes amenés à faire et qui ont des conséquences, plus ou moins directes et plus ou moins graves. Sans emprunter un système de dialogue à la Mass Effect, puisque Geralt conserve sa personnalité sans s’enfoncer dans des notions manichéennes, le joueur aura de nombreux choix à effectuer tout au long du jeu, que ça soit dans la quête principale ou les quêtes annexes, y compris avec les romances. Il y aura évidemment des répercussions essentielles sur la fin, en conclusion d’un cheminement somme toute assez logique.

TW3 À ce propos, il faut bien avouer que le travail effectué sur les quêtes annexes force le respect. Elles conservent la qualité d’écriture de la quête principale et les histoires sont très intéressantes à suivre ; aucune n’est mauvaise et ne fait tâche à côté des autres. Si le schéma pour les accomplir est souvent le même (utiliser ses sens de sorceleur – qui affichent des éléments autrement presque invisibles pour les humains – pour tracer des indices, puis suivre ceux-ci), les petites histoires elles parviennent à se renouveler de façon à nous pousser d’en faire un maximum. Ces annexes sont divisées en plusieurs types : les quêtes secondaires, les contrats de sorceleur (où il s’agit donc de trouver un monstre, et de le tuer pour en ramener un trophée auprès de la personne ayant posé le contrat) et les chasses au trésor, qui sont les moins scénarisées, mais qui permettent de trouver de nouveaux schémas d’équipement. Certaines quêtes annexes sont plus importantes que d’autres et contribueront carrément à déterminer le destin de certains personnages. À cette occasion, on retrouvera de nombreux protagonistes bien connus des fans de l’univers du sorceleur : Vernon Roche, Dijkstra, ou encore bien sûr Triss Merigold et Yennefer…

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Une question que se posent sans doute les personnes qui rencontrent simplement maintenant l’univers de The Witcher : l’histoire est-elle compréhensible sans avoir lu aucun des romans ni joué à aucun des jeux ? La réponse rend plutôt vers le oui. Et c’est à vrai dire même l’un des tours de force de CD Projekt RED. Si on peut craindre être largués dans les premières heures, en faisant preuve d’une bonne volonté, il devient possible de recoller les morceaux (notamment en lisant les fiches des personnages dans le menu) et de façon globale, les scénaristes ont semble-t-il tenu à contenter tout le monde. La trame est parfaitement abordable pour n’importe qui, mais les fans de la première heures seront ravis avec de nombreuses références, que ça soit aux livres ou aux deux précédents volets. Dans tous les cas, il est tout de même conseillé de se renseigner un minimum sur l’univers au préalable, tant celui-ci est richissime et composé de dizaines de personnages aux personnalités aussi tranchées que fouillées. La réponses sur l’accessibilité du scénario se veut donc plutôt positive. En terme de mise en scène, certains passages, notamment au début, manquent peut-être d’un peu d’impact. Rien de bien grave toutefois. Et surtout, le jeu monte progressivement en puissance, jusqu’au dernier tiers qui relève du pur génie. Certaines séquences sont poignantes au possible et servent elles aussi à ériger The Witcher III en tant que jeu indubitablement marquant. Petit bémol toutefois sur les dessins qui viennent parfois s’incorporer à la narration : si en soit l’idée est intéressante, ceux-ci arrivent en général de façon assez inattendue, parfois au beau milieu d’un dialogue, et leur utilité est inégale. S’ils peuvent être là pour véhiculer des messages, d’autres fois ils se contentent de résumer grosso modo ce que l’on sait déjà. Un peu étrange, mais absolument pas rédhibitoire non plus étant donnée la place infime qu’ils occupent.

TW3En parlant de messages, il est important d’entrer dans le fond de l’affaire. C’est aussi un reproche souvent fait aux RPG occidentaux : l’absence de réelle sous-couche, de sens profond donné à l’histoire. Si vous ne trouverez guère de double lecture à l’histoire principale en elle-même, qui se contente de mélanger phases épiques, émotionnelles et solennelles à la perfection (comprenez que c’est déjà pas mal !), l’intrigue est pourtant très intéressante à analyser d’un point de vue politique. The Witcher III aborde des problèmes de société qui, en fait, sont bien plus actuels qu’on ne pourrait le penser. Il y a notamment un passage assez fort à propos de la persécution des autres : au début ce sont les sorcières qui sont chassées, et quand elles ne sont plus là, ce sont les non-humains. Quand ces derniers ne seront plus là, ça en sera d’autres, et ainsi de suite… L’Homme aime se trouver des ennemis et surtout des boucs émissaires, et comme souvent, « il s’agit de son voisin le plus proche ». L’univers de The Witcher III pose des questions assez puissantes sur le fond, notamment à propos des systèmes politiques et des politiques eux-mêmes. Skellige oppose pour exemple le dilemme de la démocratie face à la monarchie, quand les plus puissants souverains du monde s’affrontent pour les Royaumes du Nord. Et même si Geralt n’est pas vraiment le sauveur du monde, il est un pion qui a de l’importance et qui peut faire changer les choses. Comme je l’expliquais, vos choix compteront beaucoup, y compris sur la scène politique et ce, à diverses échelles.

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Vous aurez compris que The Witcher III tente de mélanger richesse et accessibilité, ce qui n’est pas toujours simple. Pour l’histoire, ça lui réussit plutôt bien. Et pour le gameplay ? C’est un sujet délicat à aborder… Certains peineront un peu au démarrage. Il faut du temps pour comprendre toutes les subtilités et tous les systèmes : l’utilisation et la régénération des potions, l’alchimie, le craft d’objets et d’équipements, les objets secondaires (bombes, torche), les signes (influencer l’esprit, envoyer du feu, créer un bouclier de protection, faire un cercle pour attaquer les scripts ou repousser les ennemis), etc… Le jeu nous bombarde de tout cela dès le départ, sans marches de progression, et il faut donc s’investir pour saisir chaque détail du gameplay afin de le maitriser complétement. Une fois ceci fait, on prendra du plaisir à utiliser notre signe préféré en combat, à s’informer des meilleurs outils à utiliser pour vaincre un monstre spécifique grâce au bestiaire ou encore à optimiser nos potions. The Witcher III est plutôt complexe, mais à la fois assez bien pensé sur ces choses-là. Pour les combats, il est important de savoir qu’un sorceleur possédant deux épées, celles-ci ont leurs propres spécificités. On utilisera l’épée en acier pour attaquer les humains et non-humains, tandis que celle en argent servira pour tout ce qui est de l’ordre des monstres, spectres, vestiges et compagnie. On peut également renforcer notre équipement grâce à des pierres magiques, et nos épées avec des huiles aux effets temporaires (comme rendre nos coups plus efficaces contre un certain type d’ennemi). L’utilisation d’une arbalète est aussi possible, et sera même requise pour les combats sous l’eau (puisqu’on peut nager mais aussi plonger). Pendant les joutes, on attaque avec X ou Y (manette Xbox), touches respectivement assignées aux attaques rapides ou lourdes (qui sont donc plus puissantes). La touche A nous permet de faire nos habituelles roulades et la touche B, nouveautés, d’effectuer une esquive. Enfin, avec l’aide d’une gâchette, on peut parer les attaques en se protégeant. Cela donne des combats assez classes et dynamiques – qui se concluent parfois par des espèces de fatalities où Geralt dépèce sans vergogne son adversaire – et nettement moins bourrins que dans le dernier Dragon Age. Tout du moins en difficultés supérieures, où il faut d’autant plus savoir utiliser ses méninges !

TW3 Par ailleurs, à certains moments, on aura l’occasion d’incarner Ciri. Des phases importantes du point de vue de l’histoire, mais aussi grisantes à jouer. Et pour cause, la fille de l’empereur Emphyr est bien boostée avec une vitesse hors-norme et des attaques ultra rapides, rendant ces batailles des plus dynamiques ! On appréciera la variété apportée par ces séquences. Ce qui pose plus débat, c’est le système de levelling. En soit, le postulat de départ, qui encourage l’accomplissement de quêtes au détriment des combats (qui eux-même rapportent très peu d’expérience), est bon. Mais les quêtes sont classées par niveau (les grises sont celles qui ont un niveau beaucoup plus bas que le notre, les vertes sont situées dans notre fourchette de niveau, et les rouges sont trop élevées) et quand on voit la profusion incroyable de quêtes (que l’on obtient par les panneaux d’affichage disséminées un peu partout, ou par des PNJ que l’on rencontre sur notre route),  il est bien difficile de faire toutes les quêtes lorsque celles-ci sont vertes. Inexorablement, on finit généralement par avoir un niveau trop haut pour certaines en faisant d’autres quêtes, et même si faire des quêtes devenues grises reste agréable pour profiter de leurs histoires, elles ne nous rapportent qu’un unique point d’expérience (autrement dire, rien du tout puisqu’il faut au début 1 000 points pour passer de niveau, puis 1 500 passé le niveau 10, etc…). C’est autrement plus bizarre vu que l’on trouvera des quêtes par exemple au niveau 2 à un endroit que l’on n’est pas censé atteindre à un niveau aussi bas (ça arrive très rarement, mais ça arrive tout de même). Ce n’est pas le seul problème d’équilibre, car la difficulté possède un parcours également discutable. Si les premières heures relèvent quelques passages un brin compliqués, on devient assez vite « surpuissant » et on peut traverser le reste presque comme une promenade de santé. Je déconseille donc de faire le jeu dans les deux premiers modes de difficulté, où le jeu devient très vite hyper facile (alors que The Witcher II avait un mode dit « normal » vraiment difficile !). La troisième difficulté, « Sang, sueur et larmes » m’a semblé être la plus plaisante, jamais trop facile, jamais trop rebutante non plus mais imposant tout de même de la stratégie pour les combats les plus difficiles (sachant d’autant plus qu’à partir de ce mode, méditer ne permet pas de récupérer de la santé, ce qui oblige de faire bien attention à ses potions). Les aventuriers les plus aguerris pourront évidemment se pencher sur le mode « Marches de la mort » qui pour le coup, propose un gros challenge.

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À l’écran, vous aurez de base beaucoup d’interfaces. SI ça vous gêne (en gérant bien, il n’est clairement pas nécessaire d’avoir certaines infos affichées en permanence à l’écran), vous pouvez personnaliser entièrement l’interface pour un maximum d’immersion. Cette dernière permet de faire la transition vers un point toujours délicat avec The Witcher, à savoir les menus. Le manque d’ergonomie a souvent été pointé du doigt pour son ainé. Très franchement, j’ai trouvé les menus de celui-ci très clairs. On trouve tout de suite l’inventaire, l’alchimie est placée de façon évidente, la carte est accessible directement… Au niveau des détails, le placement des statistiques du joueur est un peu étrange, mais c’est du détail étant donné que ce n’est pas une page importante. Par contre, mon temps de jeu a buggué plusieurs fois, et m’a enlevé des dizaines d’heures au compteur ! Bon, ce n’est pas bien grave non plus… Ce qui manque à la limite, c’est la possibilité de passer plus rapidement d’une partie de l’écran à l’autre quand on veut gérer son équipement où acheter quelque chose à un marchand (qui d’ailleurs ont tous, de façon réaliste, leur propre bourse et ne peuvent donc pas vous acheter des objets de façon illimitée). Utiliser les gâchettes plutôt que de devoir zapper les onglets un par un (surtout que quand ceux-ci sont très chargés, ils peuvent mettre deux-trois secondes à afficher le contenu), aurait été plus pratique. À part ça, la plupart des soucis en termes ergonomiques ont été corrigés avec le patch 1.08 : plusieurs coffres pour stocker des éléments de notre inventaire ont été placés et – heureusement – les objets de craft ne prennent plus de place. La capacité de l’inventaire peut être amélioré en équipant notre cheval convenablement (on peut aussi réduire sa panique à l’approche de monstres, et améliorer sa vigueur). L’arbre de compétence quant à lui est plutôt classique, où l’on utilise nos points de compétence pour progresser dans certains domaines. Cependant, les possibilités sont assez restreintes pour chaque partie vu qu’il faut choisir un nombre limité de compétences au total.

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Bref, si on pourra regretter certains problèmes d’équilibre global, rien qui n’entamera profondément notre enthousiasme pour autant. Des problèmes, plus d’ordre technique, subsistent à ce jour en dépit des mises à jour de CD Projekt RED : certains PNJ ont des problèmes d’animations, des soucis de collision sont aussi toujours présents. J’ai également rencontré un marchant itinérant qui ne fonctionnait pas, et plus embêtant, j’ai eu le droit à quelques « chargements infinis » m’obligeant à redémarrer ma console. Des imprécisions techniques donc, sur lesquelles les développeurs continuent à travailler même si elles ne sont pas encore toutes corrigées. Heureusement, nous avons une équipe soucieuse des attentes des joueurs et placée dans l’optique d’améliorer l’expérience de jeu au plus haut niveau possible, c’est qui est extrêmement bénéfique pour tout le monde. Par contre, c’est dommage de constater que les PNJ (ceux qui n’ont rien d’intéressant à nous dire et pas de quête à nous donner) ne se renouvellent que très peu. On entend souvent les mêmes phrases, et si certains adaptent leurs dialogues par rapport à des quêtes terminées, ça reste rare. Encore une fois, c’est un petit détail qui n’entache pas franchement la qualité du jeu, mais qui pourrait faire encore plus la différence. The Witcher III est un jeu exceptionnel, mais évidemment pas parfait, ce dont on s’y attendait un peu pour un jeu aussi vaste. Mais dans le fond, même s’il est imparfait, lui dispose d’une personnalité unique, qui lui est propre… et il vaut peut-être mieux ça qu’un jeu qui suit scrupuleusement un cahier des charges sans s’en écarter, tel Dragon Age : Inquisition, aussi bon soit-il, qui est une production bien plus aseptisée que personnelle en comparaison

TW3Et puis pour couronner le tout, déjà qu’il est un monstre de contenu, The Witcher III dispose aussi d’un « jeu dans le jeu », le Gwynt, à l’instar du Triple Triad de Final Fantasy VIII. Je ne vais pas me risquer à vous expliquer les règles ici en détails, mais ce jeu de carte jouable avec de nombreux personnages du jeu a de quoi vous rendre accro à plus d’un titre ! Surtout que l’aspect tactique monte crescendo au fil des rencontres. Collectionner l’ensemble des cartes est un réel challenge, et défier des personnages importants pour leur prendre une carte rare est forcément gratifiant. Un mini-jeu qui est au final bien plus que ça et a de quoi occuper de nombreuses heures ! Outre ceci, à défaut de retrouver le lancer de dés, d’autres activités annexes (courses de cheval – très faciles donc un poil décevantes – ou tournois de combats à mains nus) parsèment le jeu. Explorer le monde The Witcher III en terminant tout ce qu’il y a à faire vous prendre plus de deux cent heures de jeu. Le mode New Game + et les deux extensions à paraitre, qui promettent une trentaine d’heures de jeu supplémentaire au total, seront là pour relancer une nouvelle fois l’intérêt du titre de CD Projekt RED, à la richesse incomparable.

Indéniablement, The Witcher III : Wild Hunt se présente comme LA nouvelle référence du RPG. Après The Elders Scrolls V : Skyrim, c’est bien lui qui s’impose comme un nouveau modèle à suivre. Il parvient à exceller dans tous les domaines : ses musiques nous enchantent, ses graphismes nous en mettent plein la vue, son histoire et ses personnages nous captivent, son contenu nous tient en haleine pendant des dizaines et des dizaines d’heures. Il existe bien des défauts, que je relève dans ce test. Ou du moins, des détails qui mériteraient d’être revus. Peut-être que ça sera le cas. Dans tous les cas, The Witcher III est un grand jeu. 

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