Tales of Phantasia
Appréciation 4

Tales of Phantasia fait sans conteste partie des plus grands jeux de rôle de la Super Nintendo, de par ses qualités très nombreuses. Outre un système de combat aussi nerveux que novateur, on pourra également retenir une bande-son de choix, ainsi qu’une histoire qui se développe agréablement et astucieusement au fil de l’aventure. Long et riche, en dépit de quelques lourdeurs qui paraissent vraiment mineures face au plaisir procuré par ce premier Tales of, voici un jeu absolument incontournable pour tous les amateurs de RPG !

Résumé 4.0 Très bon

Tales of Phantasia

ToP jaquette

Retour en 1995, avec les débuts de ce qui est maintenant devenue une série phare du J-RPG mondialement réputée. Tales of Phantasia posait déjà les principaux fondements des Tales of suivants ; et ajoutait en plus de cela des nouveautés plutôt originales dans le petit monde des jeux de rôle de l’époque. Il faut admettre que les joueurs de Super Nintendo étaient déjà bien gâtés en terme de RPG (encore plus s’ils étaient japonais)… Tales of Phantasia avait-il de quoi rivaliser avec les plus grands ? Namco et le studio Wolf Team (dont une bonne partie des développeurs quitteront le navire pour fonder Tri-Ace et créer Star Ocean peu de temps après) ont pu obtenir une sacrée légitimité dans le monde du RPG avec ce premier Tales of, qui constitue aujourd’hui encore un titre indémodable et essentiel à la série.

Tales of Phantasia

Tales of Phantasia

Pourtant, au milieu des multiples RPG de l’époque, le début de ce Tales of Phantasia pouvait laisser présager quelque chose de presque « quelconque », ou tout du moins qui sentait un peu le réchauffé : village natal qui brûle, héros qui se retrouve orphelin, et qui se voit forcé de partir à l’aventure, animé par un certain désir de vengeance… Il ne faut pas se fier aux apparences, car malgré ces allures de classicisme assumé et ce démarrage des plus convenus, le jeu va rapidement se développer pour nous offrir une expérience marquante sur plusieurs points. L’intrigue est au final bien plus profonde qu’elle n’y parait au premier abord. La manière dont elle est développée est réellement intéressante, notamment avec l’évolution des relations entre les différents protagonistes du jeu. Car la première grosse réussite du jeu, assez rare parmi les jeux de rôle de l’époque pour être soulignée, ce sont ses personnages qui paraissent si « vivants ». A base de petites scènes, jamais trop étouffantes (un joli pied de nez aux RPG d’aujourd’hui qui nous bourrent souvent de longues scènes futiles) et très bien amenées, on en apprend régulièrement davantage sur nos héros, auxquels ont finit forcément par s’attacher. Bien que Cless, le héros, reste le plus simple dans sa conception, il n’est jamais énervant ou trop naïf comme peuvent l’être bien trop de personnages principaux dans ce type de jeu (souvent blondinet ; la couleur de cheveux étant apparemment la marque de fabrique des héros niais).

Tales of Phantasia Notre Cless va cependant rapidement être séparé de son ami d’enfance, Chester, et faire de nouvelles rencontres durant son périple temporel… Temporel oui, car nous serons amenés à voyager à trois époques différentes pour essayer de vaincre Dhaos, le roi tyrannique. Cless se liera ainsi d’amitié avec des personnages qui deviendront de précieux alliés. Car si on joue celui-ci durant les combats, les autres apporteront des spécificités au gameplay qui permettront d’apporter de l’épaisseur aux combats. Klarth par exemple est le seul capable d’utiliser les invocations, Mint quant à elle servira d’unité de soin, tandis que l’excentrique Arche, qui a toujours le bon mot pour faire rire et le don de se mettre dans des situations délicates, apportera ses précieux pouvoirs de magicienne. Les compétences des personnages se développeront évidemment au fur et à mesure de notre progression, mais pas forcément de la même manière : les invocations sont à affronter (dans la quête principale ou non) dans certaines grottes ou donjons ; mais les magies peuvent, pour certaines d’entre-elles, être achetées à différents personnages du jeu, ou encore être trouvées dans des coffres. Et il faudra être téméraire, car passée la moitié du jeu, les donjons se corsent sérieusement et arborent des architectures parfois assez complexes qui risquent de vous faire tourner en rond assez longtemps pour trouver la bonne sortie. Avec de multiples étages et des pièges divers, ces donjons aux level-designs parfois difficiles à appréhender mais néanmoins travaillés constituent une bonne partie de l’aventure du joueur dans Tales of Phantasia.

Tales of PhantasiaMais ce qui vous occupera le plus, ce seront sans doute les combats… il faut dire qu’ils sont extrêmement nombreux, à ce niveau-là, on se rapproche d’un vieux Dragon Quest, et ceux qui ne sont pas habitués aux RPG à l’ancienne risquent d’être vite étouffés. Mais n’ayez crainte, car le système de combat est aussi ce qui fait le charme du jeu, en proposant quelque chose d’encore inédit jusqu’alors. Les joutes sont d’une nervosité encore jamais vue, puisque les déplacements se font en temps réel sur un écran de combat en vue de profil, et non pas au tour par tour comme on avait tant l’habitude au milieu des années 90. Si on joue Cless, qui se bat à l’épée, cela ne nous empêche pas de pouvoir donner des ordres à nos alliés. Alliés qui ont cependant une IA assez moyenne, et qui n’utilisent pas toujours leurs sorts de la façon la plus judicieuse qui soit. Cela a malheureusement tendance à rendre parfois la structure des combats un peu lourde, voire à compliquer la tâche inutilement lors de certains combats plus difficiles. Dans un cas ou dans l’autre, le rythme des batailles est souvent haché à cause d’un allié qui utilise un gros sort inutilement, ou bien parce que l’on doit naviguer dans les menus pour donner l’ordre qu’il faut… Malgré tout, vous pouvez tout de même pré-définir des réglages pour les combats, comme la façon de se battre de chaque personne (préserver la magie, attaquer de toutes ses forces, etc…) ou tout simplement choisir à l’avance quels sorts utiliser. Ceci est bien utile, même s’il est dommage que les animations de sorts (qu’on ne peut que regarder) brisent le dynamisme des combats. Pour le reste, c’est assurément un plaisir que de participer à ces combats dynamiques et stratégiques à la fois, car certains boss risquent bel et bien de vous faire suer. Comme dans beaucoup de jeux de rôle, la gestion de votre équipement est également primordiale pour prendre le dessus sur les ennemis en fonction de leurs principales faiblesses ; tandis que le level-up est une étape indispensable pour pouvoir progresser convenablement dans l’aventure.

Tales of PhantasiaLes spécificités du gameplay ne se limitent pas à son système de combat. En effet, Tales of Phantasia vous permet également de vous adonner aux joies de la… cuisine, avec un système original qui sera repris à diverses sauces par d’autres RPG. A travers le monde, on peut dénicher des cuisiniers qui nous offrent alors gracieusement de nouvelles recettes. Celles-ci peuvent avoir des effets différents ; mais pour les faire, il faudra surtout réunir les éléments adéquats. Le système n’est nullement obligatoire et on peut tout à fait finir le jeu en se passant de ça ; mais ça constitue encore une fois un bonus intéressant qui apporte une richesse supplémentaire et appréciable au jeu. Et puis, outre la quête principale, de nombreuses activités annexes (quêtes, donjons, et bien d’autres choses à faire…) vous occuperont de longues heures durant. Déjà que le jeu est bien long en ligne droite (une grosse quarantaine d’heures), si vous décidez d’accomplir toutes les quêtes optionnelles, de réunir toutes les magies et de découvrir les multiples secrets du jeu, comptez bien sur le double, étant donné que vous tenez là l’un des jeux de rôle les plus complets de l’ère Super Nintendo ! Et même si les quêtes annexes n’étaient pas encore systématiquement scénarisées comme celles des mythiques Final Fantasy VI ou Chrono Trigger, elles comportent parfois des scènes assez drôles (Arche qui essaye de faire la cuisine, un grand moment), des clins d’oeils sympathiques (comme une petite course qui fait référence à Rally-X, jeu d’arcade de Namco), ou encore d’autres qui relèvent tout bonnement du pur challenge (passer tous les étages des mines de la Morlia) ; en bref, il y en a à toutes les sauces et pour tous les goûts ! On pourra cependant regretter un manque d’indication sur ce que l’on doit faire à certains moments de la quête principale : on a tendance à tourner en rond pour trouver notre destination, et comme dans les RPG de la vieille école, il faut beaucoup discuter aux PNJ ou essayer de deviner là où on doit se rendre pour continuer l’histoire.

Tales of PhantasiaVous l’aurez compris, malgré quelques défauts très secondaires, Tales of Phantasia regorge de qualités et fait aisément partie des RPG les plus complets et les plus variés de son temps. Cependant, ça ne s’arrête pas là, car il faut aussi parler de son aspect graphique, une autre réussite évidente du titre. Les couleurs des environnements extérieurs peuvent parfois sembler un peu ternes, mais au final, cela fait simplement partie de l’ambiance du jeu, et sert parfaitement son scénario, dont la trame principale n’est finalement pas si gaie que ça. Les intérieurs, eux, foisonnent de détails. Les jeux d’ombres sont toujours excellents et globalement, les décors regorgent de détails et nous surprennent parfois par leurs architectures audacieuses (dont une ville qui semble s’inspirer de Venise, notamment). Il s’agit sans aucun doute du plus beau jeu de rôle de la machine avec Rudora no Hihou et évidemment Star Ocean, qui améliora un peu cette base. L’ambiance sonore n’est pas en reste non plus. Motoi Sakuraba, qui n’avait à l’époque pas encore le même prestige dont il peut jouir à l’heure actuelle, officiait déjà pour ce premier opus et nous régalait avec une OST variée et remplie de mélodies mémorables. Quelques exemples ? Mystic Forest, Be Absentminded, Desolate Road, Fighting of the Spirit, Burning Tower, Final Act, et j’en passe… Des touches reconnaissables que l’on retrouvera ensuite dans des jeux cultes comme Valkyrie Profile, Star Ocean et autres Golden Sun… le maitre était déjà bien là, c’est certain. En bref, si certains auront peut-être du mal avec l’architecture relativement old-school du jeu, et ses combats extrêmement nombreux, ceux qui savent apprécier les J-RPG à l’ancienne ne peuvent que se ruer sur une telle mine de richesse, tellement Tales of Phantasia regorge de qualités sur d’innombrables aspects. Un premier opus fantastique pour la série, et sans doute l’un des tous meilleurs RPG de la Super Nintendo. Son contenu énorme, ses systèmes de jeu immensément riches et novateurs, son histoire suffisamment développée pour attiser votre intérêt et sa forme (graphismes, musiques) de grande classe devraient convenir à la plupart des joueurs en quête d’un excellent RPG !

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C’est vrai que ce titre est impressionnant quand on repense à son support. Ne jouant pas à l’époque sur Super Nes, je l’ai découvert dans son portage (plus que remake) Playstation. Et même sur ce support, il ne vieillissait pas tant que ça, face aux Wild Arms, Arc the Lad et autres Suikoden de la même période. J’aimerais mettre la main sur cette édition Super Famicom pour découvrir cet opening chanté dans sa version d’origine. Un truc assez oufissime vu l’époque.