Sword Art Online Fatal Bullet
Appréciation 3

Sorte de The Division typé anime, Sword Art Online Fatal Bullet apporte à la fois un gameplay TPS prenant et une bonne richesse de jeu comme de contenu malgré une partie multijoueur sans relief. Seulement voilà, le fan de Sword Art Online pourra être perplexe étant donné le point de vue très distant adopté par ce titre. On ira pas jusqu’à dire que le jeu est impersonnel, mais il y avait sûrement moyen de restituer mieux la passion de l’original au lieu de faire de l’originalité à tout prix. Il reste toutefois un épisode qui assume bien son style et pourra satisfaire les mordus de japanimation même sans apporter l’immersion du premier

Résumé 3.0 Correct

Sword Art Online Fatal Bullet

En déjà quatre jeux Sword Art Online, on en a soupé, de l’heroic-fantasy! Chose bien compréhensible étant donnée l’immense popularité du permier arc de la licence, mais il était temps de passer à autre chose. Préparez vos munitions, nous partons enfin pour le monde cyberpunk de Gun Gale Online.

Dans Sword Art Online Fatal Bullet, vous êtes… vous! Pour la première fois de la série en jeu vidéo, vous n’incarnerez pas un personnage de l’anime (ou très peu, voir plus bas) mais un avatar à façonner soi-même comme dans les jeux dits « de chasse ». La création de personnage est assez proche de celle de Sword Art Online Hollow Realization en termes de possibilités, c’est-à-dire assez correcte sans pour autant étonner. Cela dit, le personnage féminin par défaut est très bien. A peine arrivé dans l’univers de Gun Gale Online, votre personnage fera très vite main basse sur une intelligence artificielle très rare du nom de Afasys (pour Alpha System, mais en plus mignon), qui va le seconder pendant toute l’aventure.

Votre avatar fera également vite connaissance avec le groupe de Kirito, et vous pourrez dès le départ choisir trois personnages de votre choix pour vous accompagner dans les cinq mondes qui composent Gun Gale Online dans ce titre. En termes de progression, il s’agira de progresser à travers des cartes plutôt vastes et de sortir vainqueur des donjons qui s’y trouvent, mais cette fois en vidant un bon vieux chargeur et non à la pointe de l’épée (quoique, voir plus bas). L’IA répond plutôt bien en général : les alliés vous soignent ou vous soutiennent quand il faut et tiennent bien le coup face aux adversaires. L’interface pour donner les directives (soin, rassemblement, offensive, etc.), via le pavé tactile de la manette, est également bien pensé. Il reste cependant quelques bugs par lesquels vos accompagnants restent bêtement coincés dans une salle. Ce défaut devait être corrigé lors de la récente mise à jour mais a priori le problème existe toujours en 1.03. Les donjons se font progressivement plutôt complexes, truffés de téléporteurs menant à des boss secrets ou à des trésors qui font l’objet de quêtes annexes. Il y a même quelques puzzles à base d’interrupteurs : rien de bien révolutionnaire mais cela change un peu des fusillades.

Mais plus que les donjons, ce sont les cartes qui se révèlent assez agréables car elles ne sont pas découpées en petites zones comme dans Sword Art Online Hollow Realization. On a cette fois une vraie map entière à explorer pour aller d’un donjon à un autre ou tout simplement dénichers les trésors et autres ennemis rares. Les adversaires sont très nombreux et parfois très forts, ce qui donne vraiment l’impression d’une zone de combat sans merci. Le désert est très piégieux, avec beaucoup de positions difficiles à prendre ou à tenir. La cité abandonnée donne lieux à des combats de rue assez fun, où vous pouvez être assaillis par des robots géants à chaque carrefour. Ces deux cartes comportent d’ailleurs des ennemis de très haut niveau, apportant une certaine rejouabilité. En parlant des monstres et autres automates, ceux-ci sont assez variés (quoique moins en fin de jeu), allant de l’androïde mitralleur au robot kamikaze, en passant par le mecha volant qui vous harcèle depuis les airs.

Le gameplay est plutôt dynamique. Il faut beaucoup bouger et esquiver dans les donjons car les HP peuvent descendre très rapidement. Cela implique également de contre-attaquer rapidement et bien viser si on veut être le dernier debout. Notez que le jeu comporte un système d’assistance à la visée pour ceux qui auraient du mal avec les TPS. Le niveau des ennemis grimpe plus vite que le vôtre au cours de l’aventure, ce qui, volontairement ou non, rejoute un srucroît de challenge : on se bat pour chaque salle, presque pour chaque couloir. La lutte est relativement acharnée. On regrette d’ailleurs l’absence d’un système de couverture qui aurait grandement ordonné les assauts.

Sword Art Online Fatal Bullet n’est pas avare en termes d’équipement, vous aurez vite les placards qui débordent d’armes. Il y a huit catégories allant du traditionnel fusil d’assaut au fusil à lunette, en passant par le célèbre sabre laser avec lequel, summum de la classe, on peut dévier les balles tel un chevalier Jedi! Mais la cerise sur le gâteau, c’est qu’il existe plusieurs modèles différents au sein d’une même catégorie : les heures passent et on arrête pas de découvrir de nouvelles armes! Pour ce qui est des fusils sniper par exemple, on a des semi-automatiques comme le M21EBR bien connu des gros joueurs de Call of Duty Modern Warfare 2, des fusils anti-matériel comme l’AMR (tellement lourd qu’il faut beaucoup de temps avant de pouvoir l’équiper) et le VSS à tir automatique aperçu dans Metal Gear Solid 4. Il est d’ailleurs très ironiquement renomé ici Quiet…

Toutes ces armes peuvent être améliorées chez Lisbeth pour les rendre plus puissantes. On peut même y intégrer des capacités passives bien utiles (dégâts accrus aux machines, points d’expérience supplémentaires, plus grand chargeur, etc.) en utilisant une autre arme comme matériau. Comme dans Destiny, chaque arme à un degré de rareté, de Common à Legendary : plus l’équipement est rare, plus les capacités sont nombreuses. On se surprend bien vite à courir après le loot. Intuitif et complet, c’est sans nul doute le meilleur système de forge de la série.

Il y a aussi à disposition de nombreux gadgets comme différents types de grenades, la claymore, le kit de soins, etc. Mais attention, il faudra beaucoup monter ses statistiques pour utiliser les plus puissants : le semtex ne peut être équipé qu’à partir de 46 de dextérité, ce qui prend un bout de temps… Notez que tous les gadgets, contrairement aux munitions, ne sont pas limités. Il faut simplement attendre qu’ils se rechargent. Pas mal de richesse donc, qui passe aussi par la large gamme de costumes disponibles : il y en a un nombre incalculable et on peut en changer les couleurs. A notre époque du tout-DLC, c’est assez remarquable pour être souligné.

Premier jeu Sword Art Online dépourvu de version PSVita, Sword Art Online Fatal Bullet abolit les dialogues 2D pour offrir cette fois des cut-scenes en 3D. L’effort est louable, certaines ont du panache même si on sent que le niveau d’investissement n’est pas tout à fait à la hauteur des plus gros jeux de la firme. Il n’en reste pas moins que de gros progrès ont été fait par rapport aux précédents titres pour un rendu plus impressionnant et chaleureux, malgré des graphismes parfois hésitants et quelques animations scriptées affaiblissant le tout. En exploration comme dans l’action, ça rend vraiment bien : les animations de combat sont par exemple plutôt bonnes et on passe globalement un bon moment.

Passé le plaisir de la découverte et du gameplay pur, on s’aperçoit avec dépit que scénaristiquement, Sword Art Online Fatal Bullet ne va guère très loin. Le fameux « Kirito mode » est symptomatique de cette déception : en rechargeant sa partie avec ce qu’on appelle une custom data, il est possible de revivre l’anime Phantom Bullet du point de vue de Kirito. Longue d’à peine deux heures en restant large, cette partie ne comporte que trois affrontements peu palpitants, aucune exploration et quelques cut-scenes d’intérêt variable. Très clairement, cela n’apporte absolument rien et on aura mieux fait de remettre les Blu-Ray de l’anime.

On en viendrait à se demander pourquoi le jeu de BandaiNamco s’appelle Sword Art Online, tant il marginalise l’oeuvre originale. Jouer du point de vue d’un avatar muet n’aide pas vraiment à se mettre dans l’ambiance, pas plus que les pitreries d’Afasys qui n’apporte strictement rien à la narration. Les personnages de la série ne sont pas très présents, et donc encore moins mis en valeur : il n’a guère que deux ou trois conversations avec chaque allié dans tout le jeu, plus les traditionnelles illustrations (plutôt réussies, pour le coup). Les personnages secondaires ne sont pas non plus jouables contrairement à Accel World vs Sword Art Online dont le nombre de personnages à incarner s’élève à… 44!

Du coup, il faut un peu jouer les Mr. Bricolage et reconstituer les héros désirés au moyen de l’éditeur de personnage. On peut obtenir de bons résultats comme vous pouvez le voir ci-dessus, bien qu’il faille faire une croix sur les voix d’origine. On a au final plus le sentiment d’être plus spectateur qu’acteur du monde de Sword Art Online, voire même d’être dans une autre œuvre qui en emprunterait vaguement l’univers.

Conscient que les joueurs veulent changer de personnage, BandaiNamco a ajouté un mode multijoueur en ligne appelé Hero Battle, dans lequel on incarne cette fois les personnages de la série. Mais encore faut-il supporter le multijoueur compétitif du Sword Art Online Fatal Bullet qui est notoirement déséquilibré, pauvre avec ses deux toutes petites maps grossières, et dont le matchmaking a toutes les peines du monde à réunir huit joueurs. Le mode coopératif est plus agréable, mais court et facile dans des arènes toutes aussi étriquées. Le multijoueur rate la cible, il aurait plus intéressant de pouvoir parcourir les cartes à plusieurs… Du côté positif, la mise à jour 1.03 ajoute quatre personnages de Sword Art Online Alternative Gun Gale Online, un spin-off littéraire de l’arc Phantom Bullet. LENN, Furikazoh, M et Pitohui viennent donc égayer les parties et c’est toujours bon à prendre.

Surtout que ce nouvel épisode va clairement se centrer sur les personnages originaux créés pour l’occasion, et qui vont complètement supplanter les héros traditionnels de Sword Art Online. Tout le scénario repose sur ces trois intervenants, sensiblement moins charismatiques que les héros traditionnels, et leurs relations avec le personnage principal. Quand à celui-ci, il ne s’amorce vraiment qu’après le Kirito mode, c’est-à-dire assez loin dans le jeu. Avec le retour de la mort comme enjeu, la séquence de fin ne manque pas de pistes intéressantes. Mais voilà, trop peu, trop tard, on a déjà fait de trop longues heures quasiment sans narration. Pire encore, l’histoire ne se finit pas et laisse un vide scénaristique béant. La conclusion est donc pour plus tard et vraisemblablement une nouvelle fois dans le season pass. Exactement comme Sword Art Online Hollow Realization dont Sword Art Online Fatal Bullet ne reproduit décidément que trop les impairs.

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Antoine FREMANN
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Antoine FREMANN

Je vais peut-être le prendre sur ma Switch pour y jouer dans les transports ça peut-être marrant. (enfin si le portage est pas foiré hein) ^^