Greyfox RPG
Appréciation 1

Même si on se dit que dépenser à peine un euro n’est pas la mer à boire, il vaut mieux éviter Greyfox RPG. Mal optimisé, mal narré, autant dire qu’il loupe bien le coche. Ce qui est dommage tant la thématique et les différents axes exploités auraient pu être intéressants tant la vieillesse n’est pas forcément le cas de figure le plus abordé dans le jeu vidéo, plus enclin à traiter de l’enfance.

Résumé 1.0 Pauvre

Greyfox RPG

Certains se souviennent peut-être de To The Moon, un modeste jeu d’aventure et d’énigmes prouvant que l’esthétique RPG Maker pouvait s’appliquer brillamment à d’autres styles que le RPG old-school. Tout en se permettant au passage d’offrir une expérience touchante et poétique. Nul doute que les créateurs de Greyfox RPG ont dû s’en inspirer quelque peu. Pas pour offrir un peu de triturage de méninges cette fois mais plutôt en se focalisant sur l’aspect narratif qui découlerait sur une réflexion. Jusque là, rien d’inhabituel me direz-vous, c’est que le jeu vidéo indépendant a prouvé de bien des manières qu’il était capable d’offrir des expériences marquantes et inciter le joueur à se laisser aller dans des réflexions profondes, quand bien même il ne disposait clairement pas le budget d’un Quantic Dream. Et quand c’est bien, il n’y a rien à redire, juste à s’extasier. Dans le cas inverse en revanche…

A quoi ça ressemble ?

Greyfox RPG n’a de RPG que le fait d’être développé sous RPG Maker. Pas grand-chose à redire sur le plan esthétique, on reste sur quelque chose de très classique en ce qui concerne le support de développement, d’autant plus que le soft ne semble pas spécialement s’appuyer sur des créations homemade mais plutôt sur des modèles pré-existants. On y incarne une jeune fille arrivant dans la petite bourgade de Greyfox afin de changer de vie. De fil en aiguille, elle se trouve confrontée à une mystérieuse magicienne qui la force à vivre sous les traits de certains des habitants de la ville afin de lui montrer les faces obscures de la vieillesse.

Comment ça se joue ?

Étant donné qu’il s’agit avant tout d’un jeu narratif, Greyfox RPG s’articule sur une prise en main la plus simple qui soit, à savoir se déplacer et interagir avec de (très rares) éléments de l’environnement. On a beau récupérer quelques objets et argent en fouinant un peu, ceux-ci n’ont aucun véritable impact sur l’avancée de l’histoire vu qu’ils ne sont utiles que pour des actions annexes un brin inutiles hormis le fait d’étoffer (très légèrement) la durée de vie et servir de carottes pour les achievements. Malheureusement, aussi simpliste soit le gameplay, on ne peut pas dire que l’optimisation à la manette soit bien au point tant on rencontrera quelques soucis sur les directions, de même que le peu de touches mises à contribution sont tout sauf instinctives.

Pourquoi on en parle ?

Même si on pourrait se montrer indulgent étant donné la modestie du jeu ainsi que son prix tournant autour du 1 euro symbolique, Greyfox RPG n’ira pas passionner les foules, tout particulièrement les anglophobes vu que le jeu n’a pas de localisation. Une prise en main pourtant simpliste mal optimisée et surtout un propos très maladroitement narré. Pourtant, la thématique est intéressante et mérite pleinement qu’elle suscite davantage de réflexion de la part du joueur tant cela nous concerne tous au final. Même les axes utilisés, pourtant durs sur le papier, le sont d’ailleurs. Malgré tout, il y a tellement peu de développement, ni même de subtilités que tout ceci ne se montrera pas très captivant. Au point qu’il vaille sans doute mieux allumer sa télévision afin de voir Elise Lucet sur France 2 montrer les sombres réalités des maisons de retraite et de l’état de décrépitude de ses résidents afin de se prendre ce fameux électrochoc qui manque cruellement à Greyfox RPG afin de réellement donner à réfléchir. Par chance, le jeu se termine certainement plus vite que Cash Investigation vu qu’il est très aisé de le plier en deux ou trois heures avec tous les annexes et ses trois fins, aussi inintéressantes les unes que les autres.

Articles qui pourraient vous intéresser

Framed Collection

Framed Collection

Framed Collection ne paye pas de mine forcément tant tout paraît simple dans la théorie. Mais tout est si malin, qu'elle soit dans sa DA, sa narration, son concept ou la mise en pratique de ses mécaniques, que ce diptyque n'a aucun mal à accrocher le joueur en quête d'un petit moment tranquille de triturage de méninges. Que ce soit pour meubler une soirée calme qu'une poignée de minutes erratiques lors des trajets en transport en commun ou autre moment creux de la vie quotidienne..

AMID EVIL

AMID EVIL

Réutiliser, ré-imaginer, rendre hommage aux jeux d'antan avec des idées neuves, tels sont les chevaux de bataille de nombreux développeurs, indépendants ou non, depuis que le jeu-vidéo est jeu-vidéo, et ce pour œuvre unique ou par simple devise quelque peu monomaniaque. Indefatigable...

Telling Lies

Telling Lies

On pourra cracher sur quelques défauts pratiques d'interface qui appartiennent pourtant au domaine du basique, ça n'empêche pas pour autant Telling Lies d'être excellent. Dans son concept qui ne surprendra cette fois nullement ceux s'étant attardé sur le non moins intéressant Her Story. Et, bien sûr, dans l'exécution de cette formule narrative atypique et éclatée, vectrice de bien plus de possibilités que l'on aurait pu le soupçonner. Rien n'est laissé au hasard ici pour se laisser emporter dans une spirale de curiosité, parfois carrément malsaine, quant au fait d'avoir pleinement connaissance et maîtrise de cette histoire, parfaitement écrite, interprétée et mise en scène, sans même que cette dernière ne nous en donne pourtant la moindre carotte, ni même de réelle finalité en soi. Bref, vivement le prochain !

Poster un Commentaire

avatar
2000
  S'abonner  
Me notifier des