Armed and Dangerous
Appréciation 1

Il ne faudra fort heureusement pas plus de six heures pour boucler ce qui s’avère être un bien triste pétard mouillé. Malgré les années de développement et l’équipe cachée derrière, tout le potentiel de Armed and Dangerous est noyé par un gameplay peu passionnant, pas original et surtout pas varié pour un sous. Tout démarre pourtant bien, avec la promesse d’une quête rigolote, des personnages attachants et de l’action à tous les étages pleine d’armes originales et d’ennemis sur qui les vider.

Résumé 1.0 Pauvre

Armed and Dangerous

Fondé en 1997 par Nick Bruty et Bob Stevenson peu après leur départ de Shiny Entertainment (où ils ont notamment œuvré pour MDK et Earthworm Jim), Planet Moon Studios s’est fait remarqué dès leur première création, fin 2000, avec le cultissime Giants : Citizen Kabuto. Sorte d’hybride entre un third person shooter et un jeu de stratégie, le jeu est notamment connu pour son humour décapant et sa direction artistique très colorée. Davantage un succès critique que commercial, il permit au développeur d’acquérir une certaine notoriété et surtout de quoi lancer le développement de ce qui sera Armed and Dangerous, sorti en 2004 sur PC et la récente Xbox, avec un partenaire de choix (et presque logique) pour l’édition : (feu) LucasArts. Sur le papier, le jeu avait assurément de quoi plaire, vu qu’il s’inscrivait dans la continuité de MDK et Giants : Citizen Kabuto, que ça soit pour son humour visiblement décapant ou ses multiples phases de gameplay. Malheureusement, comme nous allons le voir, les quatre longues années de développement (peut-être tumultueuses) n’auront pas suffit pour arriver à la cheville de ces deux modèles du genre.

Armed and Dangerous prend place dans le royaume de Milola, où nous suivons le groupe de mercenaires des Cœurs de Lions, dans leur quête du mystérieux et magique « Livre des Règles ». Nous retrouvons ainsi Romain, héros et militaire de son état, Q, un robot amateur de thé, Jonesy, un homme-taupe fana d’explosifs, et Rexus, un vieil homme aveugle et… malodorant. Leur aventure va les balader aux quatre coins du royaume, et où ils seront rapidement confrontés aux armées du roi Clovis, un tyran bien décidé à mettre la main sur l’ouvrage magique avant eux afin d’offrir à son idiot de fils les pleins pouvoirs. Le jeu ne s’attarde pas tellement sur son histoire finalement assez classique pour se concentrer sur un humour absurde et potache, avec de nombreuses situations loufoques, gaffes et moqueries diverses… Un humour qui vire parfois au pipi-caca un peu facile, malheureusement. C’est assurément à l’appréciation de ceux qui sont derrière leur écran, mais face à Giants : Citizen Kabuto, difficile de nier que malgré son casting assez génial et attachant, le niveau est nettement en dessous, et ne fera pas autant exploser de rire comme son grand frère… Peut-être que la version française du mal à coller avec le ton très anglais des blagues, si bien que certaines d’entre elles tombent vraiment à plat.

 

Quant est-il du gameplay ? Comme abordé plus haut, Armed and Dangerous s’inspire nettement de MDK. On peut donc s’attendre à un third person shooter nerveux, jouissif et surtout réactif, mais avec les améliorations que peuvent apporter les bêtes de puissance du début des années 2000. Au premier abord, oui : il s’agira grossièrement de trucider du troufion grâce à une panoplie de flingues ou d’engins explosifs. Petite restriction cependant : on ne dispose que de trois emplacements pour les armes principales et cinq pour les secondaires, et c’est par l’intermédiaire des pubs disséminés un peu partout que leur choix ou changement pourront se s’effectuer. On débute notre aventure avec un simple fusil à huit coups et une poignée de grenades collantes, à qui viendront s’ajouter rapidement des pétoires et accessoires plus ou moins conventionnels : une mitrailleuse, un lance multi-roquettes, un mini trou noir portatif… Mention spéciale au lance-requins, qui lâchera au sol un poisson aux dents acérées qui ira – lentement mais sûrement – croquer un soldat présent sur sa trajectoire, ou encore une sorte d’énorme tir-bouchon qui permet de littéralement retourner le monde afin de précipiter dans le vide des ennemis qui n’ont pas pu s’accrocher. Plutôt drôles et inventives, n’est-ce pas ? Le problème, c’est que le plaisir de la découverte s’arrête vite. Alors que l’on pouvait s’attendre à découvrir de nouvelles armes loufoques tout au long de l’aventure, elles sont intégralement présentées dès les deux premiers niveaux du jeu, et ne sont que trop peu nombreuses. Pire encore, elles sont fournies au bon vouloir des développeurs, à des moments jugés importuns. On devra donc se contenter la majorité du temps d’un fusil de sniper, la mitrailleuse et du lance-roquettes (avec leur déclinaison en tourelle), efficaces certes, mais plutôt « ennuyeuses » face aux délirantes alternatives.

Une déception qui sera accentuée quand on regarde comment est finalement fagoté le jeu. Fini les mondes ouverts de Giants : Citizen Kabuto, et place aux couloirs étroits et monotones. Et ce n’est pas les objectifs de chaque mission qui vont tromper leur monde : on parcourt les niveaux d’un point A à un point B sans vraiment se perdre, et on ne va pas dire que le cœur du jeu, à savoir du shoot pas prétentieux où l’on pose son cerveau dès l’écran titre, est vraiment réussi : Armed and Dangerous manque furieusement de nervosité et de fun malgré les vols planés et dernières paroles des ennemis tués, et n’essaye même pas proposer un gramme minimal de profondeur. En effet, aucune stratégie n’est à adopter quand il s’agit d’affronter certains types d’ennemis (soit les balles suffisent, soit des explosifs sont nécessaires), les armées de Clovis sont aussi débiles qu’elles sont sur-armées, ce qui résulte très souvent sur des morts injustes car l’on se trouvait en plein milieu d’un point de respawn placé de manière aberrante, et aussi parce que Q et Jonesy qui nous accompagnent parfois ne sont même pas capables de répondre à deux ordres (suivre ou défendre), de se décaler d’un tir soutenu de mortier ou de tenir tête face à trois gus. Pour ce qui est de la variété du gameplay, outre le shoot, il viendra parfois s’ajouter du sauvetage de villageois emprisonnés, et certaines missions impliqueront de repousser l’assaut d’une ville à la tourelle… Et de faire sauter des portes, pas mal de portes. Si on met de côté les graphismes évidemment datés, le titre ne brille pas dans la variété et la beauté de ces environnements, et l’on devra se contenter la plupart du temps de montagnes et de ravins aux couleurs passées, avec un level-design pas suffisamment intéressant pour inviter à l’exploration. Sans être trop médisant, deux dixièmes des niveaux sont plutôt sympas car ils offrent la possibilité d’utiliser un jet-pack pour des séquences de plateforme et d’attaques aériennes. Mais bon, malgré les explosions, les décors légèrement destructibles, les musiques sympas sans plus et l’humour omniprésent qui se répète dans le feu de l’action, c’est mou et morne.

 

Il ne faudra fort heureusement pas plus de six heures pour boucler ce qui s’avère être un bien triste pétard mouillé. Malgré les années de développement et l’équipe cachée derrière, tout le potentiel de Armed and Dangerous est noyé par un gameplay peu passionnant, pas original et surtout pas varié pour un sous. Tout démarre pourtant bien, avec la promesse d’une quête rigolote, des personnages attachants et de l’action à tous les étages pleine d’armes originales et d’ennemis sur qui les vider, mais passé la première demi-heure et la déception de la pauvreté de l’arsenal, on parcourt les niveaux sans grande conviction ou pour le moindre intérêt ludique, en esquissant parfois un sourire ou deux et en rêvant d’un titre qui avait largement de quoi proposait mieux. Comme quoi faire du no-brain efficace est une véritable science dont Planet Moon Studios n’a pas retrouver la formule. Gros, gros dommage.

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