Ni No Kuni : The Original Soundtrack

Ni No Kuni : The Original Soundtrack

Composition : Joe Hisaishi
Interprétation : Tokyo Philharmonic Orchestra

Année de sortie : 2013
Nombre de CD : 2
Nombre de pistes : 33

Pour un jeu enfanté en collaboration avec Ghibli, qui était le plus à même à en faire les musiques ? Joe Hisaishi à qui l’on doit la plupart des bandes originales du studio d’animation bien sûr ! C’est ainsi que l’on retrouve ce compositeur emblématique de l’animation japonaise aux commandes des musiques de Ni No Kuni, de la même manière qu’il a signé celles de sa suite dont la sortie est imminente. Bien qu’il ait participé à quelques pistes d’une poignée d’OSTs d’obscurs jeux jamais sortis des frontières du Pays du Soleil Levant, il s’agit là du véritable premier essai de Hisaishi dans le monde vidéo-ludique. Et sous certaines mesures plus ou moins discutables, cela s’en ressent tant cette Original Soundtrack composée de deux disques – le premier réunissant les musiques présentes dès la version DS originelle du jeu et le second, celles rajoutées spécifiquement pour la Playstation 3 –, derrière son indiscutable qualité, n’est pas dénuée de quelques défauts que l’on énoncera plus loin directement liés au support duquel elle est rattachée.

 

Soyons clair d’emblée : si dans Ni No Kuni, la patte esthétique sent la patte Ghibli à plein nez, le rôle de la bande-sonore d’Hisaishi amène beaucoup afin d’enfoncer d’autant plus le clou. Par-delà du visuel, le scénario couplé à l’identité musicale véhiculent l’esprit du studio d’animation dans son ambiance. En témoigne le thème principal du jeu (« Dominion Of The Dark Djinn »), reflétant, à grands renforts d’arrangements symphoniques enregistrés par le Tokyo Philharmonic Orchestra, l’essence de ce qu’il a toujours apporté au sein des films d’animation de Ghibli : fantaisie basée sur le merveilleux juvénile tantôt épique, tantôt retenu. Avec une mélodie principale rappelant un peu celle du thème de Mononoké soit dit en passant. Un thème principal repris sous diverses variantes (« World Map » pour ne citer que lui) très efficace qui ne manque pas de transmettre des envies d’aventure.

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Outre « Motorville », la ville natal de notre héros, représentant à merveille l’atmosphère introductive où l’on ressent à la fois sérénité et sécurité, les quelques premières pistes composant l’OST accompagnent des cinématiques qu’il est bon ton d’avoir vu soi-même avant de s’attaquer à l’écoute seule. Un exercice dont Hisaishi s’acquitte avec beaucoup de succès et de facilité tant il reste dans sa zone de confort : la musique correspond au rythme des images et s’adonne même entre un chassé-croisé entre simple soutien de fond et véritable pourvoyeur d’intensité (l’aspect mélancolique décuplé de « In Loving Memory Of Allie » juste avant la transformation de Lumi) quand l’action s’avère plus présente, ce qui ne rend les vidéos que plus marquantes. Petite mention à « Magic With Oomph », véritable annonciateur du véritable début de l’aventure à la fois mystérieux et directement ancré dans le merveilleux de l’esprit conte de fées.

 

Certains thèmes ne manquent pas de panache en terme d’esprit véhiculé comme celui des combats, « Battle », orchestrale et pleine d’innocence légère, nous rappelant qu’il n’est aucunement question de massacre pur et simple de monstres dans le monde de Ni No Kuni et que ceux-ci ne sont même pas spécialement des prédateurs sanguinaires puisqu’ils peuvent pour ainsi dire tous être apprivoisés. De la même manière que les thèmes des villes, très raccord avec leur esthétique, apportant une valeur ajoutée non négligeable à leur personnalité déjà visuellement affirmée (« Ding Dong Dell » et ses sonorités médiévales, « Al Mamoon » et son côté oriental ou encore « Imperial March » et sa grandiloquence stricte et militaire).

 

Lumi la fée reste le seul personnage pouvant se targuer d’un thème qui lui est propre avec « Drippy » appuyant d’autant plus sa personnalité espiègle avec cette mélodie légère et ballotte, un peu bouffonne sur les bords. Il s’agit également du premier véritable thème de l’OST que l’on retrouvera de manière récurrente tout le long de l’aventure.

 

Et c’est d’ailleurs peut-être là où le bât blesse : on se rend compte finalement qu’il n’y a pas tant de matière que cela à se mettre sous la dent dans cette OST, compte tenu de l’ampleur de l’aventure. Des thèmes sont beaucoup répétés ou déclinés de plusieurs manières, donnant vite une impression de redondance somme toute gênante, que ce soit en jeu ou en simple écoute. Des variantes parfois complètement futiles même comme « Battle » et « Battle II » dont le second ne fait qu’à peine accélérer le tempo. Ou très similaires comme « The Fairyground », grosse resucée de « Drippy ». Mais c’est surtout en terme de musique de donjons que le bât blesse puisqu’ils ne s’articulent qu’autour de « Labyrinth » et « Unrest », tous deux forts intéressants en terme d’accroche et d’atmosphères véhiculées, mais gâchant un peu tout le soin visuel apporté à la variété des donjons, au même titre que les villes. Détail trahissant un peu le fait qu’Hisaishi n’ait pas pleinement pris en compte qu’un jeu, tout particulièrement un RPG, possède une durée de vie autrement plus étirée qu’un film d’animation.

 

Malgré ce point plutôt dommageable, cela ne retire pas la qualité qui règne au sein de cette OST. Arrivant à la fois à appuyer les ambiances visuelles, à transmettre des émotions et à offrir une dynamique motivante à parcourir le monde de Ni No Kuni, Hisaishi remplit très bien son contrat. D’autant plus que sa patte artistique renforce l’esprit Ghibli omniprésent à l’écran, ne lui donnant que plus de personnalité. On espère toutefois que ce souci de répétitivité et de redondance soit réglé avec la bande originale du second opus car elle s’avère d’autant plus gênante lors de l’écoute individuelle, la variété des décors n’étant pas présente devant les yeux afin jeter un peu de poudre aux yeux. C’est qu’au final, un peu moins d’une heure et demi de musique totale pour un J-RPG, c’est quand même bien maigre pour un temps passé dessus pouvant osciller entre la quarantaine d’heures en ligne droite jusqu’à une petite centaine pour les plus acharnés.

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