The Legend of Dragoon

the-legend-of-dragoon_screen-005Dernier point et non des moindres : les combats. Si leur déroulement au tour par tour est tout ce qu’il y a de plus bête, c’est bien là que The Legend of Dragoon arrive à se tailler sa petite part de singularité et de personnalité. C’est aussi eux qui pourront rebuter aujourd’hui d’ailleurs vu qu’ils accusent aujourd’hui, en l’année 2015, une certaine mollesse, alors que ça ne dérangeait nullement à l’époque où on lui reconnaissait d’ailleurs un certain dynamisme grâce à des attaques présentées sous forme de combos. Lorsqu’on lance une attaque, une sorte de cible bleue apparaît et le joueur doit appuyer sur la touche X de la manette au moment même où son cœur devient blanc. Certains ennemis plus belliqueux que d’autres se permettront de tenter de contrer et interrompre le combo en question et la cible prendra une couleur rouge où l’on appliquera le timing habituel en appuyant sur la touche O. L’échec interrompra l’attaque dont les dégâts seront fort amoindris et blessera même le personnage concerné. Bref, les ennemis du rythme, du timing et du QTE en général passeront leur chemin tant ils risqueraient de rapidement se casser les dents. Car si les premiers combos – on en obtient de nouveaux en montant de niveaux – sont plutôt faciles à exécuter avec seulement un ou deux coups, les plus puissants basés sur des enchaînements à sept coups s’avéreront bien plus compliqués à sortir. Et les ennemis osant vous contrer vous sembleront bien fourbes. Dans les situations désespérées ou d’attaque dévastatrice de l’ennemi imminente, il existe une position de défense qui divisera les dégâts par de moitié et rendra même quelques points de vie – 1/10 de leur nombre maximal pour être exacte, ce qui peut éventuellement pallier à terme à la consommation d’une potion – parfois suffisant pour se sortir d’un mauvais pas ou retardant purement et simplement l’échéance du Game Over. Alors bien sûr, la mollesse inhérente de l’époque couplé à ces combos provoqueront une terrible sensation de combats à rallonge, même dans les simples combats aléatoires, qui pourra rebuter. Les moins impatients finiront par apprécier ces affrontements se révélant véritablement prenants tant sur les combats aléatoires que contre les boss qui donneront parfois lieu à des situations tendues et épiques. Car pour une fois dans un RPG tour par tour, on ne regarde pas l’attaque se faire, on la vit et on l’alimente. Et les échecs peuvent se révéler mortels, l’inventaire limité faisant office de sablier. Et ce n’est pas Mistwalker qui le contredira puisqu’ils ont repris quelques miettes de ce concept dans Lost Odyssey sans qu’il ne développe pour autant cet aspect comme a pu le faire le sujet du jour.

Si la radinerie en terme de récompense de combat aléatoire rend le leveling totalement obsolète, il y a fort à parier que l’on s’octroiera des pauses afin de maîtriser les nouveaux combos que l’on a pu débloquer. Car il n’y a pas de secret, on ne peut les apprivoiser qu’en les pratiquant. Les développeurs l’ont bien compris et ont même penser à honorer le joueur méritant. Chaque combo possède ses niveaux que l’on peut accroître en réussissant à les sortir en combat. A chaque niveau, le combo en question se renforce en augmentant la pourcentage d’attaque et/ou de point de SP – on y reviendra plus en détail plus loin. Voilà d’ailleurs un aspect qu’il serait fort dommage d’occulter car il s’avère que les gains de niveaux de combo apportent vraiment des bénéfices qui se ressentent beaucoup et rendent la progression bien plus confortable. Sur ce point, The Legend of Dragoon nous présente sa propre façon de faire du level-up. Car un combo bien monté peut montrer des effets assez proches d’une montée de niveau dans un RPG lambda en combat quand bien même les caractéristiques du personnage en question n’évoluent pas.

the-legend-of-dragoon_screen-004Très vite dans notre épopée, on découvrira que Dart et ses compagnons peuvent utiliser le pouvoir des dragons et peuvent ainsi se transformer en Dragoon, des êtres à la croisée entre humain et dragon. Une autre particularité du jeu assez importante qui lui a valu jusqu’à son intitulé, que ce soit pour le scénario et pour le gameplay. Pour ce dernier point, on pourra profiter avec joie de ces pouvoirs de Dragoon qui représentent finalement l’équivalent made in Sony de ce que sont les invocations dans un Final Fantasy ou autres capacités très spéciales dans tout RPG lambda en général. On pourra profiter de ces pouvoirs spéciaux en combat après avoir rempli une jauge spéciale propre à chaque personnage grâce à des points spéciaux nommés SP qui s’acquièrent en réussissant des combos. C’est d’ailleurs via ces SP et non les points d’expérience classiques qu’on pourra monter de niveau de Dragoon afin d’obtenir plus de puissance, de temps de transformation (jusqu’à cinq tours consécutifs) et de nouvelles magies. Se transformer en Dragoon est d’ailleurs la seule manière de pouvoir utiliser la magie. Chaque personnage ayant reçu le pouvoir d’un dragon qui leur est propre, chaque transformation s’avère personnelle tout comme l’élément qui lui est rattaché – en guise d’exemple notre héros, comme son armure rouge flamboyante le laisse présager, se servira des pouvoirs du feu – ce qui donne lieu à un armada de sorts propre à chacun, souvent offensifs mais parfois curatifs. Ce qui explique pourquoi la magie n’est pas systématique et s’avère même très limitée dans son utilisation, les personnages ne disposant pas d’un nombre mirobolant de PM qu’on aura vite fait de dépenser. Malgré tout, il ne faut pas la sous-estimer pour autant tant certains sorts s’avèrent aussi gourmands que dévastateurs. Outre la magie, les Dragoons pourront attaquer physiquement en profitant du bonus/malus procuré par l’élément rattaché. De la même manière que les attaques normales, le joueur ne sera pas spectateur puisqu’il devra compter une nouvelle fois sur le timing afin de sortir un enchaînement en cinq coups se présentant de façon différente. Point de cible, il sera question d’une sorte d’horloge où une aiguille tournera et où il faudra appuyer au moment où le cercle clignotera puis le personnage attaquera selon le nombre de coups que le joueur aura réussi à faire. L’enchaînement Dragoon s’avère être le même pour tous, ce qui n’est pas un mal tant il reste fort difficile à réussir et fort moins permissif dans le timing – votre serviteur se demande encore si ce n’est pas un caprice technique ou une simple question de « pas douée » – que le système de combos normal. Outre la transformation classique, si tous les personnages se retrouvent avec leur jauge de SP complétée au maximum en même temps, il est possible d’activer une transformation spéciale, chaque personnage se trouvant instantanément transformé en même temps avec un bonus de puissance pour celui qui aura été l’instigateur de la situation. Attention toutefois, le fait d’être un Dragoon empêche toute utilisation d’objets et de garde – contrebalancé par le fait que la créature soit plus résistante que le simple humain – et qu’une fois la transformation lancée, on ne peut nullement revenir à un état humain à la demande et l’on devra patienter le vide total de la jauge de SP. Ce qui amènera un petit soupçon stratégique supplémentaire puisque la transformation ne s’avère pas forcément être un aboutissement en soi et peut représenter un handicap non-négligeable qui pourra s’avérer mortel si l’on se décide bêtement à transformer en même temps pendant cinq tours face à un ennemi puissant qui vous videra vos points de vie en deux tours sans que vous n’ayez l’occasion de vous soigner, faute d’objets ou sorts de soin selon la configuration d’équipe choisie – seul un personnage possédant les pouvoirs de l’élément curatif, à chacun de voir s’il est judicieux d’intégrer ce soigneur à votre équipe de trois combattants ou non selon votre manière de jouer – et/ou l’état de vos points de magie.

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[accordion_item title=’Astuces pour jouer sur PS2′]
Dans l’idéal, je ne peux que vous conseiller de ressortir une vieille Playstation de vos cartons poussiéreux ou des étals d’un vide-grenier pour jouer à The Legend of Dragoon. Il s’agit en effet un des rares softs à rencontrer beaucoup de soucis techniques lorsqu’on le lance sur PS2, configuration que j’ai moi-même utilisé pour refaire le jeu – il s’agissait d’une Slim, j’ignore en revanche si les modèles FAT le font mieux tourner – et sur laquelle je me suis pourtant acharnée jusqu’aux crédits. Mais si, comme moi, vous vous décidiez par souci de tête de pioche à ne pas réinvestir chez sa grande sœur, voici quelques astuces disséminées sur la toile qui m’ont bien aidé durant un périple qui s’est parfois avéré pénible et frustrant, d’autant plus qu’il se révèle impossible de finir le jeu à 100%. Gare aux spoilers pour ceux n’ayant jamais fait le jeu.

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[list_item]Pour commencer bien et malin, avant même de lancer le jeu, réglez vos paramètres PS2 sur une vitesse de lecture de disque rapide (à paramétrer de nouveau à chaque nouveau lancement de la console). Cela limitera le risque de blocage sur écran noir durant les changements de zone qui peuvent arriver de temps en temps et de façon complètement aléatoire.[/list_item]

[list_item]Ces problèmes intervenant tout particulièrement lorsque vous voulez passer à une nouvelle zone depuis la mappemonde, sauvegardez bien avant d’entrer dans le donjon ou la ville voulue. D’ailleurs, sauvegardez souvent tout court, cela vous allégera la frustration inhérente à chaque mauvaise surprise éventuelle, bien que la première astuce fait quasiment disparaître le problème sus-cité.[/list_item]

[list_item]Un autre gros problème intervient face aux combats de boss. Lorsque celui-ci débouche sur une séquence animée en finish, il est très fréquent que le jeu bloque sur un écran noir après avoir passé l’écran de récompense et ce, là encore de façon totalement aléatoire. A priori, ce bug commence à intervenir à partir du boss de la chapelle de Shirley et se répercute jusqu’à la fin du jeu, boss de fin y compris (la cinématique de fin plantera et se soldera par un écran noir jusqu’à ce que l’écran des crédits prenne le relais). Il existe une manière fort simple d’éviter cela : ne pas se transformer en dragoon de tout le combat. Plutôt embêtant et handicapant pour certains boss, notamment celui en fin de disque 2 et le boss de fin, voilà qui peut poser un petit challenge supplémentaire pour les forcenés car il est tout à fait possible de s’en sortir sans les transformations si l’on monte bien ses combos (devenant à terme plus puissants que les attaques dragoon) et qu’on gère son inventaire à bon escient entre objets de soin et d’attaque élémentaire, pouvant s’avérer dans ce cas fort pratique voire vital.[/list_item]

[list_item]Si malgré tout, vous tombez dans l’impasse dans l’affrontement d’un boss sans transformation, utilisez-les en évitant toutefois la transformation spéciale qui augmente davantage le risque d’apparition du problème, le changement de décor se posant encore plus gourmand en ressource. Soyez patient, croisez les doigts et selon votre chance, le jeu finira bien par vous permettre de passer outre ce bug aléatoire pour le boss en question.[/list_item]

[list_item]Notez fort heureusement que pour l’affrontement optionnel contre l’esprit du Dragon Divin lors du dernier disque, ce problème ne rentre pas en compte puisqu’il n’y a pas de finish animé spécial, vous pouvez donc vous en donner à cœur joie contre cette saloperie se posant comme le combat le plus difficile du jeu.[/list_item]

[list_item]Le changement de disque avec la console sous tension ne fonctionne pas, sauvegardez donc bien quand on vous le propose avant le passage à une nouvelle galette car vous devrez redémarrer la console avec le nouveau disque et recharger la partie afin de continuer.[/list_item]

[list_item]Les différents disques ne contiennent pas forcément toutes les zones du jeu, faites donc bien attention à certains moments car les retours à des zones antérieures s’avèrent impossibles : le jeu demande de changer de disque sans laisser la possibilité de sauvegarder comme lors du changement imposé par l’histoire. Ne retournez par conséquent pas dans les lieux visités dans le second disque lorsque vous serez au disque 3. De même que certaines zones du disque 3 sont inaccessibles lorsque vous serez au disque 4.[/list_item]

[list_item]Pour ce dernier point, cela vous rendra deux quêtes annexes complètement impossibles à faire : la tour Dragoon et Faust. Celle du Port Magrad peut être faite lors de votre premier passage dans la zone enneigée dès le disque 3, la faire en chemin se révèle donc être la seule manière de la valider. Si vous avez en tête de récolter toutes les poussières d’étoile, récupérez-les au fur-et-à-mesure de l’histoire pour éviter tout risque de ne plus pouvoir y accéder.[/list_item]

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[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]C’est par cette singularité au cours des combats que The Legend of Dragoon a pu se forger une identité qui lui a valu une certaine estime. Car en-dehors de cela, le RPG de Sony s’inscrit dans des schémas fort classiques, complet mais simplifié, où le féru du genre pourra se sentir fort limité. Affichant de plus un certain retard technique par rapport à ce qu’il pouvait se faire, tant à sa sortie japonaise en 1999 qu’à sa sortie européenne presque deux ans plus tard, inutile de dire que Final Fantasy IX qui sortait peu de temps après a réussi sans mal à le plonger dans l’ombre. Car s’il voulait concurrencer Squaresoft, Sony a sorti un jeu trop modeste et non dénué de petites maladresses d’inexpérience malgré de bonnes idées – les combos amenant des combats fort prenants tout particulièrement – pour que The Legend of Dragoon ait la prétention de faire de l’ombre à un Final Fantasy, voire se hisser simplement au même niveau. Son caractère vieux jeune accuse d’autant plus une mauvaise vieillesse qui pourra aujourd’hui rebuter purement et simplement mais une fois l’état d’esprit replacé dans son époque, ce premier et seul RPG made by Sony s’avère plaisant à parcourir, découvrir ou redécouvrir, même s’il ne peut se permettre d’avoir la prétention de se placer en incontournable de l’ère 32 Bits, ni même d’un soft qu’on se reprendra à relancer régulièrement.[/section]

 

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