Secret Files : Tunguska
Appréciation 4

Secret Files : Tunguska se veut un jeu particulièrement logique. Loin de l’invraisemblance d’un Discworld ou d’un Blazing Dragons, encore plus éloigné de l’idiotie d’un De Sang Froid mais très proche d’un Chevaliers de Baphomet ou d’un Runaway, il allie un scénario fascinant, des personnages intéressants et un gameplay fort bien pensé. Premier d’une trilogie, Tunguska est maîtrisé du début à la fin. Pour un premier jeu, Deep Silver a réalisé un véritable coup de génie en offrant au genre un de ses meilleurs représentants. Du coup, une fois l’aventure achevée – une sympathique surprise vous y attend d’ailleurs –, une seule envie vous tiraille : insérer l’épisode deux, Puritas Cordis

Résumé 4.0 Très bon

Secret Files : Tunguska

Deep Silver n’est pas un développeur très connu et pour cause : ce studio autrichien est tout jeune et date de 2006. Son premier titre ? Secret Files : Tunguska. Pour ce projet, ces nouvelles personnes du monde vidéoludique se sont orientées vers le monde PC et ont décidé de proposer un point’n click à leur sauce. Pas de système pointu, pas d’humour tous les deux mots, non, plutôt une aventure au scénario bien ficelé. Secret Files : Tunguska a l’art d’allier classicisme et renouveau. Paru sur PC en 2007, son adaptation sur Wii par la société Keen l’ouvre aux consoleux. La wiimote est-elle suffisamment bien armée pour lutter face au combo clavier/souris ? C’est ce que vous allez savoir tout de suite.

– Tunguska, la nouvelle boisson branchée ?

Le matin du 30 juin 1908, des centaines de témoins observèrent un objet d’origine inconnue traverser le ciel. Quelques minutes plus tard, plusieurs explosions d’une magnitude équivalente à 2000 fois Hiroshima brisèrent le silence des vastes étendues de la Sibérie Centrale. Une gigantesque colonne de flammes s’éleva tout alentour, et les forêts brûlèrent des jours entiers. Une onde de choc incroyable déracina les arbres et renversa hommes et bêtes dans un rayon de 20 kilomètres. L’onde sismique fut ressentie en Allemagne et même aux Etats-Unis, et les aiguilles du centre sismographique d’Irkoutsk, à plus de 1000 kilomètres de là, s’agitèrent pendant cinq heures, pointant frénétiquement dans toutes les directions.

Il s’agit du pitch mot pour mot de SF : Tunguska. Si vous pensez qu’une flémingite aigue est responsable de cet honteux copié-collé, vous avez raison. Toutefois, il est tellement limpide qu’il aurait été dommage de tenter une quelconque reformulation. Mais vous vous doutez bien que le jeu ne débute pas en 1908 ; son histoire présente des faits se réalisant en 2006, le 26 mars plus précisément. Le professeur Vladimir Kalenkov, conservateur de musée et professeur réputé, disparaît mystérieusement. Sa fille, Nina, devant la mauvaise volonté de la police allemande, décide de mener l’enquête par elle-même. Elle découvre bien vite la présence d’étranges hommes en robes noires (ils sont partout ceux-là), des services secrets russes (le FSB), d’une mythique tribu chinoise et d’encore bien d’autres personnages dans cette sombre histoire. Elle se lie très vite d’amitié (et plus, vu qu’il y a affinités) avec Max Gruber, un jeune collègue de son père.

– Suivez le guide

Ces deux protagonistes vont alors explorer le globe à la recherche du père de Nina. A l’image des Chevaliers de Baphomet, pour ne citer qu’un excellent exemple de point’n click, le joueur suit les pérégrinations du couple dans divers pays : Allemagne, Russie, Irlande, Cuba, Chine, … Le dépaysement est de tous les instants. Chaque pays possède réellement ses codes couleurs qui font que vous ne touchez que rarement la notion de redondance. Chose étonnante dans pareil jeu. Les graphistes se sont d’ailleurs suffisamment appliqués pour vous offrir des décors pour la plupart superbes. Et s’il y a quelques irrégularités, la beauté des décors en Russie oblige à être respectueux plutôt qu’ingrats. D’autant que l’insertion des objets et des personnages est excellente. Le souci pour les développeurs est de réussir à rendre le moindre objet bien visible aux yeux du joueur sans non plus le faire trop ressortir dénaturant le paysage. Deep Silver a donc pensé à un système assez excellent : le Snoop Key. Si vous regardez un tant soit peu l’arrière de la jaquette, vous y verrez l’inscription en bas. Les développeurs n’en sont pas peu fiers et ils ont raison. Ce système rend tout simplement le déroulement de Secret Files : Tunguska parfait dans son genre.

Le rêve de faire coïncider accessibilité et hardcore gaming est présent dans tous les types de jeux, y compris celui qui nous intéresse ici. Deep Silver a donc conçu un système finalement tout bête mais qui y arrive : via une pression sur le bouton 1 de la wiimote, tous les objets sur lesquels Nina ou Max peuvent interagir sont mis en surbrillance durant une seconde. La procédure peut être exécutée un nombre illimité de fois. Ainsi, il n’est quasiment plus possible de louper d’objets. Attention, ce système ne résout pas les énigmes à votre place non plus. Il vous permet juste de savoir sur quoi agir et avec quoi. Mine de rien, ceci permet d’échapper à bien des crises de nerf. De même, une aide est disponible à qui le veut lors de la résolution d’énigmes bien particulières (chiffrées ou de logique). L’aide est totalement facultative et le Snoop Key est une simple option à cocher/décocher. Le joueur pro des softs de réflexion peut donc tout à fait bomber le torse et y aller sans vaseline en espérant voir le générique de fin un jour.

– A deux, c’est (pas) mieux

Cette idée de gameplay octroie au joueur un confort que peu de softs du genre ont su proposer par le passé. En utilisant cette option, qui je le rappelle, ne ramène aucune résolution en soi, la durée de vie de Secret Files Tunguska ne descend pas en dessous de la dizaine d’heures de jeu, autant dire qu’elle se situe dans la moyenne constatée. Vous pouvez clairement la doubler si vous vous y lancez sans aide. En parlant d’aide, il peut être intéressant de préciser qu’un second joueur peut prendre part à l’aventure. Il ne peut pas participer au jeu en lui-même mais, à l’aide d’une seconde wiimote, il est capable de déplacer un deuxième curseur. Imaginez que vous décidiez de vous lancer dans SF : T aux côtés d’une amie un week-end (toute situation citée est purement fictive, bien évidemment). Au lieu de vous crier dessus pour vous indiquer sur quel trou utiliser la clé en os, elle n’a qu’à vous le montrer avec sa manette. C’est certes limité mais c’est un premier pas vers la convivialité.

Le second pas sera certainement lié à la possibilité de contrôler un autre personnage. Ici, Nina constitue l’héroïne. Vous la dirigez dans huit chapitres sur dix, les deux autres étant dédiés à Max. Ces derniers se passent simultanément à ceux de Nina : il faut donc passer d’un personnage à l’autre via une icône accessible dans l’inventaire. La coopération des deux n’est réellement exploitée que durant un court moment malheureusement. Il aurait pu être enrichissant de pousser l’interaction entre les deux. Heureusement, ils sont aussi intéressants à suivre l’un que l’autre. Même si Nina a une tête affreuse en synthèse, ses répliques savent plus qu’égayer l’épopée. Le doublage est dans l’ensemble de bonnes qualité, avec des voix célèbres pour la plupart des personnages (celle d’Oleg, celle de Sabrina, …). Mais une chose vous turlupinera certainement : pourquoi ne pas avoir respecté les accents locaux ? Tous les PNJ parlent sans accent et ce qu’ils soient russes ou cubains. C’est tout de même fort dommage. A vouloir trop bien faire et éviter les caricatures, il faut croire que Deep Silver a aseptisé un petit peu l’ambiance.

– La patade chaude

Rassurez-vous, il ne s’agit là que d’une goutte de déception dans un océan de bonheur. Secret Files : Tunguska se veut un jeu particulièrement logique. Loin de l’invraisemblance d’un Discworld ou d’un Blazing Dragons, encore plus éloigné de l’idiotie d’un De Sang Froid mais très proche d’un Chevaliers de Baphomet ou d’un Runaway, il allie un scénario fascinant, des personnages intéressants et un gameplay fort bien pensé. Premier d’une trilogie, Tunguska est maîtrisé du début à la fin. Pour un premier jeu, Deep Silver a réalisé un véritable coup de génie en offrant au genre un de ses meilleurs représentants. Du coup, une fois l’aventure achevée – une sympathique surprise vous y attend d’ailleurs –, une seule envie vous tiraille : insérer l’épisode deux, Puritas Cordis.

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