Man of Steel

Ceux qui ont l’horreur et la malchance de me connaître connaissent mon amour – actuel – pour les films de super-héros, qui se résume assez facilement par un désintérêt – quasiment – total pour le genre, et ce depuis ce trio de pellicules estampillées Marvel qui m’a franchement déplus : après un Iron Man 2 ridicule, un moche et chiantissime Thor, et un pas crédible Captain America, j’ai largement évité d’aller voir du blockbuster de la nouvelle machine à fric de Disney. Adieu donc Iron Man 3 et The Avengers, pourtant maintes fois conseillés. J’ai bien tenté avec The Amazing Spiderman, mais cela n’a pas arrangé les choses… Une mauvaise pioche dirons certains. Si bien que j’en aurais presque oublié que déjà, il y a eu Kick-Ass et X-Men : Le Commencement, et que les super-héros, c’est aussi DC Comics, dont je préfère largement les univers! Ce que j’aime bien avec les interprétations de ces bouquins là, c’est que vu qu’elles sont moins nombreuses, on s’aperçoit moins des étrons (verts), et que, croyons à l’impossible, la Warner donne plus de temps aux réalisateurs pour faire leur travail, tout ça, quitte à se répéter à en être lourd. Toujours est-il que j’étais méfiant à la simple annonce d’une énième adaptation de Superman au cinéma, surtout après tous les résultats précédents dans cette tentative. Mais allez, pourquoi pas. Il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis. Soyons fous, soyons joueurs, ne regardons même pas la bande-annonce! Laissons une chance à un film de me redonner foi au genre… Et bien… On dirait que a ça marché.

Attention! Cet article peut contenir des spoilers. Et un homme qui vole. Je vous aurais prévenu!

C’est à Zack Snyder, déjà connu pour avoir adapté le roman graphique 300 et le comic Watchmen, à qui on a confié l’univers du super homme en collants pour ce reboot, qui s’inscrit dans la grande mode initiée chez Marvel, avec pour aboutissement final un melting-pot qui se nommera, on s’en doute déjà, La Ligue des Justiciers (coming soon). Mais sachant que le réalisateur n’est donc pas un néophyte dans le matière, et que le projet est chapeauté par Christopher Nolan, on peut s’attendre au moins à un truc spectaculaire. C’est évidemment le cas, mais pas que!

MAN OF STEELL’histoire débute avec la naissance de Kal-El, sur la planète Krypton. Ses parents sont plus ou moins heureux de cet évènement, car dehors, leur monde se meurt. A contre cœur, mais pour le bien de tous, ils décident de sauver leur enfant, ainsi que tout l’héritage de son peuple, en l’envoyant par une navette sur le lointain caillou que nous connaissons tous, afin qu’il puisse vivre sa vie comme il l’entend… Ce qui n’est absolument pas du goût du Général Zod, chef des armées, qui décide, en plus de réaliser un coup d’état en profitant du vent de panique suscité par la fin du monde, d’arrêter coûte que coûte le décollage du petit vaisseau spatial transportant le nouveau né, pour des raisons que nous n’allons pas révéler ici. En vain donc. Voilà le méchant de notre film emprisonné, avec pour sentence exemplaire un séjour de 300 cycles dans la Phantom Zone avec ses compagnons rebelles. Ces derniers mots invoquent la vengeance, et la mort du jeune Kal-El. Leur rencontre explosive interviendra bien des années plus tard, sur notre chère Terre, et cette fois-ci, c’est l’humanité qui sera bien menacée.

Pas de surprise au niveau de la genèse de notre super-héros, qui reste dans la lignée de tout ce que l’on a pu voir jusqu’alors. Demeurant très importante à l’univers, cette partie est particulièrement bien mise en scène et met directement le ton quelque peu… Explosif. Mais pas question pour Monsieur David S. Goyer, scénariste du film, de s’attarder sur la jeunesse de Superman, ce sujet étant distillé dans Man of Steel à travers de petits flashbacks, largement suffisants, tout en faisant parfois un lien plus ou moins volontaire avec la série Smallville. Notre film s’attarde bien d’avantage sur une étape clef de la vie de notre super-héros: LE moment où il pense, où il veut, où il va devenir ce héros, après toutes ces années à cacher ses véritables pouvoirs et à se demander si l’humanité serait prête à l’accepter, lui, alien aux bonnes intentions. De ce point de vue là, difficile de ne pas saluer l’excellent équilibre entre les deux grosses parties que composent la pellicule.

Après un petit bout passé à tout faire péter sur Krypton jusqu’à le faire imploser, le premier chapitre du film est entièrement dédié à la psychologie de l’homme de fer, que l’on découvre perdu et barbu, de son importante relation avec ses parents adoptifs, de sa rencontre et sa relation avec la belle et intrépide Lois Lane, mais aussi et surtout de la découverte de son passé à la récupération de son célèbre costume, remis au goût du jour, et qui a définitivement la classe (costume – slip = crédibilité ²)… Pour doucement glisser vers l’action, avec le fameux retour « surprise » du Général Zod. Pour cette partie là, on retrouve les habitudes et l’expertise du réalisateur, qui excelle, voir abuse d’effets spéciaux léchés, de plans nerveux et de trucs qui explosent de partout, quitte à mettre de côté le côté « dramatique » mis en place jusqu’alors, et aussi le fait que la plupart du temps dans les comics, les pertes civiles sont rares. Mais qu’importe, mis à part quelques petits soucis d’enchainements, on ne s’ennuie pas du tout pendant les deux heures et la vingtaine de minutes qui constituent ce Man of Steel, surtout avec cet agréable saupoudrage de références (visuels et sonores) aux anciens films et aux médias inspirés de l’univers de Superman, puis ce léger trait d’humour autocritique, mais aussi sur la société américaine et les autres films du réalisateur. En tout cas, on ne sombre jamais dans le patriotisme, et la morale du film se tourne plutôt vers notre rapport avec notre planète et notre peur de l’inconnu, de ce qui ne peut pas être maitrisé. Et les relations humaines. Classique mais efficace.

MAN OF STEELCe qui est bien aussi dans Man of Steel, c’est son excellent casting. Début du film: Russell Crowe, qui, d’un flegme accent, nous laisse penser que les anglais nous cachent qu’ils sont kryptoniens – en même temps, le pudding et la conduite à l’envers auraient dû nous mettre sur la piste, et incarne le père biologique de Superman avec panache, à en tenir tête à Zod, incarné par Michael Shannon, qui nous envoie à la tronche un méchant mégalo et complètement barré, dont les justifications n’ont égales que sa folie. Niveaux humains, on retrouvera Kevin Costner, que je n’avais personnelement pas vu depuis le sublime Postman et dont je laisserai le soin aux gens de retrouver dans le film (facile), la magnifique Amy Adams en une très percutante Lois Lane, journaliste tout terrain qui fera oublier cette nunuche de Terry Hatcher, ou encore Laurence « Morpheus » Fishburne, qui incarne ici Perry White, le célèbre et vieillissant rédacteur en chef du Daily Planet. Et Clark Kent/Kal El/Superman alors? Et bien… On peut assurément attester ici que Henry Cavill est à ce jour le meilleur interprète de l’homme d’acier, de par son imposante carrure, mais aussi par sa simplicité et son implication à jouer un personnage aussi puissant que paumé, mais au final déterminé à aller jusqu’au bout. Captain America, mais aussi Wolverine version Origins, avec leur psychologie de comptoir, peuvent aller se rhabiller. Un rôle qui va définitivement lancer sa carrière, et c’est amplement mérité. Notons enfin, que comme dans tout film de super-héros, l’abus d’effets spéciaux est donc ici appliqué à la lettre, et nous envoie à la tronche tout ce qui se fait de mieux actuellement de mieux en la matière. Et nul besoin d’inutiles lunettes 3D pour apprécier les décors fantastiques de Krypton, ou cet affrontement final de toute beauté, parfaitement lisible malgré un côté un peu too-much. Les plus pointilleux noterons quelques étrangetés d’animations, mais rien de bien grave cela dit. Il est loin le temps de Thor et ses décors en 2D digne de GoldenEye 007.

Man of Steel est donc une grande réussite, et de bout et bout la meilleure adaptation de Superman à ce jour. Un scénario équilibré, porté à l’écran par des acteurs et des effets spéciaux percutants et convaincants, le tout accompagné des compositions de Hans Zimmer qui semble avoir abandonné ses cornes de brune pour des orchestrations plus pêchues et des sonorités mieux construites. Au final, une vision moderne et très actuelle de l’homme quasi-invincible, mais surtout un cocktail explosif, un tantinet dramatique, idéal pour passer un bon moment, et pourquoi pas être revisionné un peu plus tard avec un certain plaisir. Une véritable fin nous est présentée, mais vu qu’il reste encore plein d’autres personnages à voir et que de nombreux éléments ont été volontairement omis, on ne peut que s’attendre à une suite encore typée blockbuster. Vivement donc.

Est-ce un oiseau ? Est-ce un avion ? Non. C’est un très très bon film!

MAN OF STEEL

  1. Je partage ton point de vue à 100% et j’irai même plus loin je me suis demandé si ce n’était pas le meilleur film de superhero que j’ai vu (oui oui), et Cavill est indéniablement l’acteur qui a endossé le mieux son rôle sur ces dernières années, bien plus qu’un Downey Jr pour comparer.

    Un vrai film de superhero ou ça se tape (et quelle seconde partie clairement orienté action) ! bref du bon vivement la suite de la trilogie.

    5/6 pour ma part. Le combo Snyder/Nolan fait mouche

    1. Et on peut dire que la supervision de Nolan (malgré les lourdeurs dans ses derniers films) permet d’avoir une certaine certification que le background et la psychologie du personnage sera travaillée. On est vraiment loin des Wolverine, Thor et Captain America avec leur charisme d’huitre pas fraiche.

  2. Très bonne critique, et surtout très agréable à lire, qui m’a sacrément donné envie de le voir. Meilleur Superman donc ? Pourtant, le précédent, Superman Returns, de Bryan Singer, était très bon, présentant un Brandon Routh convaincant dans le rôle du super-héros partagé, et un peu gauche, avec un peu d’action, mais pas trop, et surtout de la vie du personnage principal.

    1. Évidemment, la partie technique y joue pour beaucoup (il y a un énorme et indéniable fossé :/:, et Returns n’a pas super bien vieilli si on applique le théorème de Jurassic Park) mais je trouve Henry Cavill bien plus classieux et « dur » que Brandon Routh pour le rôle de Superman. C’est sans doute le costume. C’est le costume :lol:. Ils ont vraiment bien fait de le remettre au goût du jour, et surtout de virer ce slip ridicule. Le personnage y gagne beaucoup en crédibilité.

  3. Je suis malheureusement pas aussi enthousiaste que toi pour cette version de Superman. Bon c’est la seule adaptation cinématographique de ce super-héros que j’ai vue, j’ai essayé de mater Superman return, j’ai tenu 10 minutes 😳

    J’ai bien aimé le côté film dramatique limite auteurisant dans un univers fantastique mais il y a beaucoup de points qui m’on déçu. C’est le même sentiment que j’ai eu avec le dernier Batman, sur le coup tu passe un bon moment mais avec du recul, je remarque divers éléments qui finalement entache l’ensemble.

    Le premier c’est la volonté a bien te faire comprendre que Kal El est l’élu rabâché par différents protagonistes et alourdis par une comparaison christique au départ audacieuse mais finalement trop lourde.
    J’ai un peu de mal avec la structure en flashbacks, j’aurais préféré une évolution plus classique et le fait qu’il prenne conscience de tous ses pouvoir qu’à l’age adulte me déconcerte un peu.
    J’ai trouvé les scénes d’actions de la seconde partie assez bordélique et illisible. Pareil, le mec est torturé entre sa condition de semi-dieu et le devoir qui lui incombe par contre il t’éclate Métropolis sans remord. Niveau morts le body count a du explosé pourtant!

    Bref Zack Snyder avec des supers-héros je préfère largement Watchmen.

    Sinon pour confirmer tes dires, un Man of Steel 2 est déjà planifié et il parle de Mark Strong dans le rôle de Lex Luthor.

    1. Cela va faire une petite semaine que je l’ai vu, et pour ma part, je n’ai pas encore l’effet The Dark Knight Rises dans les pattes… C’est peut être parce que finalement, j’attendais vraiment rien de ce Man of Steel et que j’ai été très étonné de la qualité général du bousin. Certes on reste dans un film assez Nolanien dans l’esprit, mais je trouve la touche Snyder fort intéressante! On reste dans le crédible et il n’y a pas de grosses fausses notes comme dans Rises. Tout est suffisamment justifié (comme le coup de Metropolis) pour pas que ça devienne ridicule. Pour le statut de dieu, je pense justement qu’une certaine scène du film balaye littéralement cette idée (difficile d’exposer laquelle sans spoiler :mrgreen:)

      En tout cas, c’est vraiment plus travaillé que les derniers Marvel que j’ai pû voir :napo:

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