Les courts-métrages Quantic Dream

Les courts-métrages Quantic Dream

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Depuis l’arrivée de la Playstation 3, le studio Quantic Dream a pris l’habitude de réaliser des courts-métrages afin de présenter et tester leur moteur 3D. Ces courts-métrages, entièrement réalisés en 3D temps réel, offrent une vision du prochain Quantic Dream, la future version du jeu vidéo selon David Cage.

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=CGmos84ezdQ[/youtube]

C’est ainsi qu’en 2006, lors de l’E3 de Los Angeles, moment choisi par Sony pour présenter sa nouvelle console, la Playstation 3, que Quantic Dream diffuse son premier court-métrage, The Casting. D’une durée légèrement supérieure à quatre minutes, celui-ci propose de voir les progrès du studio en matière de motion capture et de rendu. Pour cela, le studio a opté pour une scène de casting : une jeune femme, incarnée par l’actrice française Aurélie Bancilhon, inconnue au bataillon, mais incroyablement bien retranscrite en 3D, se présente pour participer à Heavy Rain, le prochain jeu du studio français. Et c’est là que le talent des petits gars de Quantic Dream a commencé à exploser aux yeux du monde. The Nomad Soul et Fahrenheit étaient visuellement des jeux vidéo, avec cette démo technique nous passons à un stade bien au-dessus de réalisme. Le moindre geste se veut fidèle à celui de l’actrice. Elle passe du calme à la colère, de la joie à la tristesse, permettant aux joueurs de voir une partie des possibilités de la PS3, en termes de rendu des émotions. La Playstation 2 avait su marquer un grand coup grâce à son Emotion Engine, le CELL semble faire encore bien mieux. Le visage laisse pantois, contrairement, en revanche, au décor et aux vêtements, plutôt classiques et sans fioriture. Il est clair que ces éléments ne constituent pas le centre d’attention des créateurs. Ce premier court-métrage est écrit et réalisé par David Cage, comme les suivants du reste, et confirme tout le bien que l’on avait entendu de Quantic Dream lors de son intervention dans la production d’Immortel, film d’animation français, pour tout ce qui concerne la Motion Capture. Cette démo technique manquait toutefois d’âme. Clairement orientée puissance de calcul, elle ne tente pas spécialement de raconter une histoire. Le monologue formulé par l’actrice a beau tenter d’être crédible, l’environnement et la situation, trop banals, ne nous font pas nous immerger dans un quelconque univers. C’est peut-être justement car l’univers est quelconque. Un court-métrage sans réelle âme mais très prometteur sur l’avenir, un avenir qui s’appellera Heavy Rain.

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Le studio apprend de ses « erreurs », puisqu’en 2012, à la GDC de San Francisco, Quantic Dream marque réellement les esprits avec Kara. Après des propos presque dédaigneux de David Cage envers les modèles 3D de L.A. Noire, Quantic Dream se devait de marquer les esprits. Ce fut le cas. Kara met tout le monde d’accord sur le réalisme de son androïde de troisième génération AX 400. Certainement pas choisie au hasard, la thématique de ce court-métrage est la vie, montrée au travers de la naissance d’un androïde sur la table d’assemblage. Sujet très vendeur – suffit de regarder dans la littérature ou le cinéma – il a aussi pour particularité de représenter le futur et la science-fiction, autrement dit le rêve de beaucoup de monde. Une fois cette idée bien inscrite dans nos têtes, Quantic Dream met tous ses moyens pour proposer une réalisation de haute volée, où le corps et la tête du personnage bougent d’une manière incroyablement fluide, fluide comme rarement auparavant. Cet androïde paraît tellement humain qu’il en trouble le superviseur de montage, pourtant habitué à son travail à la chaîne. Le court-métrage se permet, en l’espace de six minutes, de rappeler l’importance de la vie et poser la question de sa définition. Question hautement philosophique, ici à peine effleurée mais donnant une profondeur au court-métrage que The Casting n’avait pas. Cette fois-ci, Kara fait figure de porte d’entrée dans un univers, ce qui lui donne un attrait bien plus important. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Kara a été aussi remarqué, même lors de certaines conventions ou réunions tel que le festival international des courts-métrages de Los Angeles. David Cage a cependant très vite calmé l’enthousiasme de la foule en précisant que Kara n’avait aucun rapport avec son projet en cours, à savoir Beyond Two Souls. Au vu du résultat final, dommage…

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Mais après des œuvres se prenant extrêmement au sérieux, Quantic Dream s’essaie à la comédie, et pour cela, réalise et produit un court-métrage de plus de seize minutes – autant dire rien à voir avec les précédents – dévoilé à l’E3 2013, lors de la conférence Sony parachevant la présentation de la Playstation 4, The Dark Sorcerer.

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Une fois encore, entièrement réalisé en 3D temps réel, sur Playstation 4, la démo technique impressionne. Le saut de génération nous semble moins explicite que par le passé, pourtant dès que nous nous attachons aux détails, le fossé existant entre les deux machines paraît évident. Effets pyrotechniques de guedin, animation d’un naturel déroutant, des personnages criant de réalisme, que ce soit le magicien, le gobelin ou le démon. The Dark Sorcerer fait son job qui consiste à montrer le minimum de ce que l’on est en droit d’attendre de Quantic Dream à l’avenir. Là où le studio étonne davantage, c’est sur l’absence de sérieux du scénario, puisqu’il s’agit du tournage d’un jeu vidéo, oui, tournage, qui ne se déroule pas très bien. L’acteur David Gant interprète le rôle d’un mage noir, invoquant le puissant démon venu des Enfers, Astaroth, (incarné par Christian Erickson, rôle secondaire dans Cash, notamment) aux côtés de son trouffion de service, incarné un excellent Carl Antony Payne II (inconnu au bataillon mais donnant une étonnante consistance au gobelin). dark-sorcerer_quantic_dream_screen_02Ce trio inédit a bien du mal à tourner convenablement la scène voulue, interrompant le tournage pour des trous de mémoire, des habits qui prennent feu ou une erreur de positionnement. Ainsi, David Cage se moque du métier de réalisateur de jeu vidéo désirant employer des acteurs, montrant notamment un David Gant de plus en plus étonné de la façon de procéder, pour au final claquer la porte au jeu vidéo. La fin, amusante, rappelle les plus mauvais nanars du cinéma et apporte un vent de fraîcheur dans la ludographie (filmographie ?) de Quantic Dream. Un traitement léger pour un sujet à controverse : l’importance d’acteurs de cinéma dans les jeux vidéo. Créneau de Quantic Dream depuis pas mal d’années, le sujet est ici abordé de manière amusante et surprenante. Et si David Cage arrive au travers de The Dark Sorcerer à se moquer de lui-même – au travers du réalisateur pour qui tout va toujours bien ne cernant pas les difficultés de ses acteurs – il finit tout de même sans son acteur principal. Le jeu se poursuit malgré cela ; faut-il y voir un retour arrière : le jeu vidéo continuera même si les acteurs de cinéma n’acceptent pas d’y figurer ?

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Des questions existentielles qui pourraient soulever des incertitudes, si le discours du PDG de Quantic Dream n’était pas si limpide : The Dark Sorcerer était un test dans un univers inhabituel, le temps d’un court métrage, avant que les équipes ne se replongent réellement dans le jeu principal, toujours plus sérieux et expérimental. Soit, mais que David n’oublie pas ce petit côté décalé qui ne ferait pas de mal à ses productions…

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