Utopiales 2019 : Rétrospectives, séances spéciales, documentaires

Utopiales 2019 : Rétrospectives, séances spéciales, documentaires

Il a bien fallu choisir à quelles projections assister parmi la centaine de films diffusés pendant les Utopiales 2019. Nous avons fait le choix de privilégier la compétition internationale et quelques films atypiques comme ceux ci-dessous.


Au plus près de la Lune

Séance de courts-métrages

Avec le mythique Le voyage dans la Lune de Georges Méliès, Dancing on the moon de David Fleischer, Felix the cat in Astronomeows de Pat Sullivan, Boo Moon de Seymour Kneitel et La Luna de Enrico Casarosa, cette séance est composée de cinq courts-métrages ayant pour personnage principal la Lune.
Cette année, les Utopiales proposait de nombreuses séances et conférences pour les enfants. Au plus près de La Lune était la seule séance conseillée à partir de 4 ans. J’ai donc tenté d’y aller avec mon fils, de 4 ans justement. Premier court métrage : Le Voyage dans la La Lune de Georges Méliès. 1902, muet, en noir & blanc, 14 minutes. Dur. Et ne parlons pas de l’épisode de Casper, Boo Moon, et Dancing on the moon, deux dessins animés doublés en anglais. Etrange, la séance était apparemment prévue en VF… Malgré l’intérêt des deux premiers – Dancing on the moon n’a pour ainsi dire aucun intérêt de nos jours – le “on peut y aller papa ?” à la fin du troisième a fini de me convaincre qu’il y avait une erreur de conseil dans l’âge affiché sur le programme. Cela s’est mieux passé avec Felix the Cat in Astronomeows, heureusement, et définitivement avec La Luna, de Enrico Casarosa (studios Pixar). Autant le film de Méliès est intéressant – historiquement parlant – celui de Casarosa présente la Lune de manière originale, enfantine mais très maligne. Une vraie réussite de 7 minutes. Là, la magie a opéré et les enfants de la salle ont pu en sortir avec des étoiles dans les yeux. Au-delà de l’heure de programmation, la séance était intéressante pour deux de ses films, les autres sont passables et oubliables.

Yuki | Tadashi Imai

1981 | Japon

Yuki vit dans le ciel avec sa famille, protectrice de la Terre. Envoyée dans le Japon médiéval, elle a un an pour ramener la paix.
Yuki est un anime de 1981, restauré pour l’occasion. Et cela se voit. Du dessin à l’animation, rien n’est d’une première jeunesse. Elément étonnant : le seul personnage au design raté est l’héroïne. Soit. Le vrai souci de Yuki n’est nullement sa technique ou son trait, mais son histoire. L’héroïne Yuki ne sert à rien du début à la fin. D’ailleurs, elle le dit elle-même en fin d’aventure “Mais je n’ai rien fait”. Quelle honnêteté ! Le film présente de graves situations de manière tellement nonchalante… Impossible de ne sentir qu’un brin d’empathie – et surtout pas sur l’horripilante héroïne – des fois que vous n’ayez pas encore saisi. Les résolutions sont rarement mises en valeur, et surtout mal mises en scène. Même en partant du principe que le public du film se veut jeune, certaines violences demandent d’attendre un peu pour tout visionnage. Définitivement, tout est raté.
Le fait que Yuki ressorte « en grande pompe », avec une remasterisation en haute-définition, avait de quoi interroger. Un film rare, chef-d’œuvre oublié et enfin retrouvée dans des archives de secrètes ? En fouinant un peu, on peut rapidement voir que ce film d’animation a été réalisé par une personne plus habituée aux drames sociaux avec personnes réelles, qu’il a été produit par Mushi Productions, le studio d’animation fondé par Tezuka, qu’il s’agit d’une adaptation d’une nouvelle à succès de l’époque, qu et que la pellicule a même eu le droit à une version française, il y a bien des années de cela, sous le nom de Yuki : Le combat des shoguns, avant d’être remisé comme beaucoup d’autres pellicules de l’époque. Une superbe aubaine, donc, en tant qu’amateur d’animés, de voir cette œuvre quelques mois avant sa (re)sortie officielle ? Non, assurément, non. Yuki n’est en tout point pas une réussite, si ce n’est sur l’animation en elle même, pas trop mal pour une production de l’époque, mais au deçà de la qualité autrement proposée par le studio. Le scénario, certes adapté à un public très jeune, s’avère d’une pauvreté sans nom, avec une héroïne (Yuki, donc), qui ne sert absolument à RIEN durant toute l’histoire, si ce n’est de faire la potiche pendant que les autres personnages bossent. Le pire c’est qu’elle s’en rend bien compte, à la fin, par un hilarant « Mais je n’ai rien fait ! » qui pousse n’importe quelle personne à lever ses bras à l’écran d’un geste approbateur et légèrement agacé. La remasterisation présentée n’était que visuelle, apparemment, car le doublage français semble être le même que dans les années 80 à l’écoute des voix familières du « Club Dorothée », et dont la pertinence des dialogues a de quoi laisser de marbre. En résumé : il y a beaucoup de vieux films d’animation à redécouvrir, mais Yuki n’en fera pas du tout parti.

Millennium Actress | Satoshi Kon

2001 | Japon

Chiyoko Fujiwara est une ancienne gloire du cinéma japonais. Aujourd’hui, âgée de 70 ans, elle vit recluse chez elle. Un jour, un homme vient lui rendre visite pour l’interviewer sur son passé. Il lui remet une clé, que Chiyoko avait perdu voilà 30 ans. Devant le journaliste et son caméraman elle se met à raconter son histoire. Une vie pleine d’amour et de passion, passée à rechercher un étrange inconnu, celui-là même qui lui a un jour remis cette clé en lui faisant la promesse de se revoir…
L’oeuvre de Satoshi Kon reste un pan très apprécié de l’animation japonaise. Sa disparition a, de plus, créé une aura autour de ses films. Cette aura force la bienveillance, sur des oeuvres, qui, entre nous, n’en avaient pas forcément besoin. Millenium Actress, peu distribué au cinéma en France, fait partie des oeuvres les plus citées quand il s’agit de parler du monsieur. Et à raison. Comme déjà dans Perfect Blue, et plus tard dans Paprika, Satoshi Kon met une femme au centre du récit : nous découvrons l’actrice Chiyoko Fujiwara, désormais à la retraite. En suivant un duo de reporters, intervieweur et caméraman, nous allons revivre ses plus grandes épopées, aussi bien personnelles que cinématographiques. Découvrir qu’une grande partie de ses actions ont été dictées par une clé. Au fil du film, nous suivons l’évolution, mine de rien, de l’entourage de Chiyoko, et notamment Genya Tachibana, notre intervieweur, qui, lui ramène, justement, ladite clé mais qui a eu son importance dans l’histoire de l’actrice. Passionnant de bout en bout, Millenium Actress sait manier le suspense sur la conclusion de son histoire, et nous nous passionnons pour cette épopée un peu folle. Difficile de ne pas rester un peu sur sa fin : nous en aimerions encore un peu plus, mais ne soyons pas trop gourmand, Millenium Actress nous a déjà offert notre dose de plaisir comme peu de films savent le faire.
Les Utopiales sont toujours l’occasion de découvrir des choses inédites, et Millenium Actress, présenté fièrement au festival, en fait assurément parti. Seconde réalisation de Satoshi Kon après Perfect Blue et avant Tokyo Godfathers, le film n’a jamais eu la chance, pour des raisons de droits, d’arriver dans les salles françaises, et n’aura connu d’une maigre sortie directe en DVD courant 2015. Cette affaire est réglée aujourd’hui grâce à Septieme Factory, et nous voilà devant le film, à le savourer dans de bonnes conditions. Et il fallait s’y attendre : celui qui fera plus tard Paprika, son ultime œuvre culte, nous offre ici avec Millenium Actress non pas seulement une fresque historique particulièrement bien documentée au travers différentes époques de l’Histoire japonaise, mais également un hommage au cinéma en général. La mise en scène, qui se veut de fusionner la trame principale avec les souvenirs de la dite « actrice millénaire », est assez déroutante au départ, mais diablement efficace pour donner du rythme. Le style de Kon est là donc, avec de l’humour et des moments émouvants, et l’animation est, comme on pouvait s’y attendre, au rendez-vous, avec une réalisation digne des plus grandes productions japonaises, et reste toujours percutante à l’écran malgré la vingtaine d’année qui nous sépare de sa date de sortie originale. Surfant étonnement et avec une assurance certaine dans des registres éloignés de ses contemporains de chez Ghibli par exemple, Millenium Actress est un vrai petit bijou, à découvrir assurément, et à priori en 2020 dans les salles obscures françaises.

The Relative Worlds | Yuhei Sakuragi

2019 | Japon

Shin est un lycéen ordinaire vivant à Tokyo. Il rencontre un garçon nommé Jin, son double parfait, qui prétend venir d’un autre monde. Selon Jin, un monde parallèle existe, où règne la princesse tyrannique, Kotoko. Jin serait en mission à Tokyo pour tuer le double de Kotoko, qui se trouve être la meilleure amie de Shin, Kotori.
Pour savourer The Relative World, il faut poser son cerveau et apprécier. Car The Relative World est particulièrement joli. Bien sûr, il est nécessaire d’apprécier le mélange 3D et dessin, mais l’ensemble est cohérent et plutôt harmonieux. Le choix se révèle encore meilleur lorsque les scènes d’action se succèdent et que l’animation sublime cela. Le plus surprenant est en effet la constante lisibilité de l’action, et ce même malgré quelques confrontations plutôt impressionnantes. De l’amour, de l’action, de l’humour, The Relative World alterne pas mal de poncifs. Quand le scénario tente de s’emballer, toute logique et cohérence partent en vacances, à croire qu’il ait été rédigé une fois le film réalisé. Les dialogues font le boulot sans aucune imagination ou fulgurance, alors que le pitch promettait tellement. Mais non : tout n’est que prétexte à de jolis effets et roustes. C’est joli, mais c’est tout.
Les Utopiales se clôturent traditionnellement avec un animé choisi dans le cadre de la journée Manga-Tan, et cette année, c’est The Relative Worlds qui a eu l’honneur d’être projeté. Loin du tire-larmes de l’année dernière et de l’abominable ennui la fois précédente, cette production récente s’est avérée être une bonne surprise, malgré des défauts assez criant si l’on commence à gratter la surface. Dans les bonnes choses, la réalisation est excellente, bien qu’un peu étrange dans son procédé, puisque les personnages, bien qu’ayant un design traditionnel de l’animation nipponne, sont en fait en trois dimensions, pour un résultat assez bluffant dans les animations, bien qu’un peu hachurées, et avec des personnages qui ont parfois, durant certains plans, un regard assez « vide », mais cet aspect est largement rattrapé par les scènes de combats qui proposent des plans assez pétés et chiadés visuellement. Le scénario, lui est, classique sur le plan des inévitables amourettes entre les deux personnages, mais plutôt original sur le plan science-fiction. Il est fort dommage que le réalisateur ait décidé de partir en roue libre dès les premières quinze minutes du film en balançant un bête résumé du gimmick derrière l’œuvre au cas où dans les cinq minutes précédentes, nous n’aurions pas cernés l’idée générale du film, ainsi que les tenants concernant nos protagonistes. Cette scénette, digne d’un pré-générique, a de quoi faire sourciller, mais ce n’est rien par rapport aux monstrueux trous scénaristiques dont est perforé The Relative Worlds, avec de nombreux moments où l’on se dit que bon, si les héros avaient fait les choses autrement, PLUS rapidement, et PLUS simplement, les situations et problèmes auxquels ils sont confrontés n’auraient jamais eu lieu. Tant pis pour les nombreux morts et adieu toute logique, le réalisateur ayant préféré mettre à la place des moments rigolos, surréalistes et même pas animés en lieu et place d’une consistance scénaristique, en croyant que ça allait passer crème. Pour le cocktail d’action proposé et la réalisation, à la limite, oui, pour le reste, non, du tout.

En Angleterre occupée | Kevin Brownlow et Andrew Mollo

1965 | Grande-Bretagne

En Juin 1940, l’Allemagne nazie envahit l’Angleterre après la retraite des Anglais à Dunkerque. Peu à peu, la résistance britannique disparaît…
Voilà un objet des plus intéressants. Réalisé par deux jeunes amateurs d’Histoire dans les années 60, avec pour ainsi dire aucun budget mais une motivation sans pareil, mais aussi un peu d’aide de grands réalisateurs comme Kubrick et pas moins cinq-cents figurants (dont l’auteur de SF Michael Moorcock), « It Happened Here » est une belle pièce dystopique, particulièrement percutante dans son traitement de ce qu’aurait pu être l’Angletterre si l’Allemagne nazie avait réussi à envahir le pays. De manière fortement réaliste et glaçant, le film dépeint le contrôle des masses, l’asservissement d’un peuple, l’acceptation sans remise en question du totalitarisme et de la barbarie, mais aussi, en parallèle, la rébellion qui peut en découler et qui est en conséquence fortement réprimée. Le travail de reconstitution, autour des ajouts « imaginaires » (affiches, discours…), ainsi que celui des acteurs de manière générale, celui de Pauline Murray en particulier, demeure excellent et impressionnent encore aujourd’hui par leur pertinence et… leur dérangeante froideur. Dommage que le sous-titrage, que l’on espère pas officiel, a accusé de nombreux ratés, obligeant à suivre le film sur deux pistes différentes. En reste tout de même, en final, un film historique essentiel.

Le Voleur d’arc-en-ciel | Alejandro Jodorowsky

1990 (Originale) – 2019 (Director’s cut) | Grande-Bretagne

Contraint à fuir sa famille qui en veut à son héritage, un prince s’enfuit et trouve refuge dans les égouts après la mort d’un parent, l’excentrique milliardaire Rudolf Von Tannen. Dans les tréfonds du monde, il va faire la connaissance de Dima, un truand sans envergure mais attachant.
Je n’ai pas vu la version d’origine. Et le plus intéressant de la projection a été l’intervention de Alejandro Jodorowsky en amont. Les Utopiales ont en effet eu l’infime honneur de recevoir le réalisateur. Du haut de ses 90 ans, celui nous raconte alors les coulisses de la réalisation du Voleur d’Arc-en-Ciel. Même si nous n’aurons que son son de cloche, il est amusant d’apprendre que l’existence du film n’est dû qu’à une envie de faire plaisir et de mettre en valeur des acteurs et particulièrement une actrice ou que Omar Sharif était irascible au point de démolir l’intérieur d’une caravane sur un coup de tête. Evidemment, le réalisateur s’alloue le beau rôle dans son récit, mais il raconte cela avec tellement d’entrain qu’il est difficile de ne pas en sourir. Et les spectateurs que nous sommes sont plutôt contents d’entendre les difficultés de diriger Christopher Lee. Le Voleur d’Arc-en-Ciel, tel qu’il a été projeté aux Utopiales, est un nouveau montage du film, à la façon Jodorowski. Il profite en effet du décès des producteurs pour offrir au public une vision plus personnelle. Mais, même s’il a tronqué de nombreuses scènes et notamment certaines actrices apparemment déplorables, cela reste un film charcuté. Et clairement, l’ensemble paraît brouillon. Des sujets sont complètement éludés. La notion d’argent, centrale dans l’histoire originale, est ici shuntée afin de rendre l’ensemble plus poétique (non). Nous obtenons des personnages aux comportements inexpliqués (le neveu), des scènes de vie peu intéressantes et un jeu d’acteur, global, assez bas. A la fin du film, le schmilblick n’a pas avancé d’un iota et malgré un potentiel évident, on a l’impression que le charcutage n’a pas eu que du bon. Peut-être était-ce pire avant. Qu’importe, en l’état, la tentative de poésie est ratée. A voir uniquement pour les premières minutes avec Christopher Lee.
Les Utopiales ont eu l’honneur, en cette année 2019, de recevoir entre ses murs Alejandro Jodorowsky, entre autres scénariste de la bande-dessinée L’Incal, et réalisateur culte connu pour (entre autres) son adaptation psychédélique et expérimentale de La Montagne sacrée et surtout son projet démesuré et avorté de porter le roman Dune à l’écran, qui devait, comme on peut le voir dans l’excellent documentaire Jodorowsky’s Dune, compter sur le travail, sur différents postes, d’artistes renommés comme H.R. Giger, Orson Welles, Salvador Dalí, les Pink Floyd… Projet, malheureusement, que l’on ne verra jamais aboutir, et dont il existe des story-boards qui se DOIVENT d’être publiés. Le réalisateur était donc parmi les festivaliers pour présenter, une version revue et corrigée du Voleur d’arc-en-ciel, film qu’il avait accepté de faire, à contre-cœur au final, afin de voir comment fonctionnait le système à l’hollywoodienne. C’est par un long et passionnant entretien que l’homme s’est livré, juste avant la projection et sans langue de bois, sur les coulisses de ce projet, nous parlant de ses relations avec le producteur, sur les idées qu’on lui a imposé et celles qu’il a tenté de mettre en place, les acteurs qu’on lui a collé dans les pattes, ainsi que tout plein d’anecdotes sur Omar Sharif, Peter O’Toole (tous deux récupérés de Lawrence d’Arabie) et Christopher Lee, qu’il tentait de diriger… Un véritable régal à écouter, venant d’un homme simple et indéniablement passionné. De la pellicule originalement sortie, le nouveau montage se veut davantage dans le style de Jodorowsky, avec un ton plus poétique, posé et presque philosophique, au contraire du film plus pêchu et explosif de l’époque. Pour n’avoir pas vu le film original, et pour ainsi dire n’avoir vu que des extraits des autres films du réalisateur, j’ai été plutôt touché par Le Voleur d’arc-en-ciel, pour son ambiance décalée et onirique, par le message qu’il a voulu faire passer (enfin du moins celui que j’ai pu comprendre), la mise en scène plutôt particulière, par le jeu implacable des acteurs qui ont été gardés à l’écran, surtout avec Christopher Lee en roule libre au début. Je pense qu’on est loin d’un trip façon La Montagne sacrée, mais il s’agit peut-être d’un bon moyen de rentrer dans l’univers de l’artiste.

L’Intelligence des arbres | Julia Dordel et Guido Tölke

2017 | Allemagne – France

Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres communiquent les uns avec les autres en s’occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller La Vie Secrète des Arbres qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques, dont Suzanne Simard, à l’Université du British Columbia au Canada.
Très intéressant. Que sont les arbres ? Ce documentaire – scindé en deux parties – nous subjugue pendant près d’une heure et demie. Au travers de l’avis de multiples scientifiques, nous découvrons les relations entre les arbres et leur mode de fonctionnement que nous ne soupçonnions même pas il y a encore quelques années. L’importance des acides aminés, la notion d’arbres-parents et d’arbres-enfants, le rôle des champignons sont autant de sujets fascinants abordés, avec juste ce qu’il faut de faits et de speculations. Les recherches sont encore toutes récentes, certaines découvertes abordées dans le documentaire datent de la fin 2016. Le réalisme des scientifiques interrogé est à la fois plaisant et laisse rêveur quant aux possibilités de découvertes. La seule fausse note de la première partie est d’intégrer au milieu de tant d’avis pertinents celui d’une énergéticienne lambda. Soit. La seconde partie se focalise sur l’avis d’un garde-forestier allemand Peter Wohlleben – auteur d’un livre à succès, mais contesté par nombre de scientifiques – et de Suzanne Simard, professeure en écologie forestière au Canada. Les deux discours sont passionnés, l’un contient plus de passion que de faits scientifiques que l’autre, évidemment, mais l’ensemble est plutôt cohérent. Il est dommage que ce second, et majeur morceau, cite moins le milieu scientifique que le premier et tente de vulgariser davantage. Trop, pour le coup. En tout cas, ce documentaire nous permet une sensibilisation – si ce n’était déjà fait – tout à fait opportune.
Le festival, ce ne sont pas que des conférences et des films, récents ou non, mais également des documentaires. Cette année, dans le lot des diffusions, un duo de réalisations concernant les arbre, dont l’Intelligence des arbres, a été montré sur grand écran. Le premier documentaire, dont le nom m’échappe (et non indiqué dans la programmation) traitait de manière plutôt intéressante d’avancées scientifiques sur la sensibilité des plantes à son environnement, ou comment il a été découvert que les végétaux réagissent aux apports de l’extérieur, qu’ils sont agressifs ou non, et comment ils réagissent à cela, et ce, apparemment, de manière plus rapide qu’on le croit. Tout à fait sympathique, même si le discours à trois quart scientifique est étrangement bousculé par de (trop longues) théories d’énergéticiens. Après, il en faut pour toutes les disciplines, il est vrai. Pour l’Intelligence des arbres, inspiré du bouquin « La Vie Secrète des Arbres » de Peter Wohlleben, c’est un peu plus concret, car il expose, via la validation scientifique, les interactions entre les arbres, mais aussi d’autres organismes nécessaires à cette communication, à savoir les champignons. Un récit lui aussi intéressant, quoiqu’un peu redondant dans son traitement, sur des fait que je ne connaissais simplement pas voir que je ne soupçonnais pas, à savoir les végétaux partagent une « mémoire collective », qu’ils se préviennent en cas d’attaques externes, et qu’ils s’entraident au lieu de se faire de la concurrence. En résumé : deux documentaires sympas pour se couper des films, loin d’être inédits ou rare, que l’on pourra sûrement rattraper un jour sur France 5, arte ou tout autre chaîne diffusant ce genre de productions.

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Margoth
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Eh bien, c’est moi où il y avait beaucoup d’animation japonaise cette année ? En tout cas, bien dégoûtée de ne pas avoir été là : mon patron avait parlé de prendre une semaine de vacances (et par conséquent, que j’en bénéficie aussi) pile poil cette semaine-là, le karma en a malheureusement décidé autrement…

Vidok
Admin

Pas forcément beaucoup plus d’animation que d’habitude mais elle a été mise particulièrement en avant (faudrait vérifier avec les programmes passés). Et de l’animation plutôt de qualité, quand même, avec, je trouve, des têtes de file de bonne qualité tels que Weathering with You, Le Serpent Blanc, Millenium Actress et The Relative Worlds (quand même sacrément joli).