Only God Forgives

Only God Forgives

Seconde sélection pour le festival de Cannes, Nicolas Winding Refn revient nous présenter son dernier projet et le moins que l’on puisse dire c’est que les avis sont divisés. Réactions légitimes vu que le réalisateur définit son œuvre comme un Valhalla Rising 2 ! Partant de cette optique, il est évident que l’on va retrouver certains éléments marquants de son modèle : un rythme très lent, une violence brute et des scènes contemplatives. Une version moderne du guerrier silencieux ayant droit à une distribution en salle, voilà de quoi se faire une toile inhabituelle !

Malgré l’enthousiasme que peut soulever de tels propos de la part du metteur en scène, il est toujours prudent de ne pas s’emballer. En effet, il est courant de se retrouver face à une bobine aux antipodes des ambitions évoquées.

 

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Le premier élément qui ressort dès le début du film, c’est son esthétisme. Le réalisateur reprend les codes couleurs du cinéma asiatique et les pousse dans ses derniers retranchements. Cette saturation de coloris nous offre des plans magnifiques avec une prédominance pour le rouge/orange. L’absence de dialogues dans certaines scènes donne l’impression d’admirer des tableaux animés. On retrouve là une des qualités de Refn, son habilité à s’approprier un genre/un code et le transgresser, le façonner à sa façon. Le polar et le film noir pour Drive, l’épopée barbare avec Valhalla Rising, le biopic avec Bronson, les projets se suivent mais sont loin de se ressembler. Du moins sur les sujets abordés, ici le prétexte de la quête vengeresse permet au réalisateur de traiter des sujets bien moins conventionnels tels que la prostitution de mineurs ou l’inceste. Le tout est noyé dans une atmosphère mêlant philosophie et croyance locale.

Un autre point crucial du film est son évolution lente et contemplative où une trame des plus basiques est étirée pendant 1h30. Ce procédé permet à l’auteur d’incorporer des éléments plus intéressants tels que la présence d’un homme mystérieux respecté par l’ensemble de la population, des relations ambigües entre les fils et la mère ou des visions hallucinées du personnage principal. De cette manière, le réalisateur réussit à créer une atmosphère mystérieuse chargée de non-dits. Un point que l’on retrouvait déjà dans Valhalla Rising, la volonté de faire passer un message ou des indices via l’image de manière implicite. L’idée est loin d’être innovante, le génialissime Blow-Up utilisait déjà ce concept. Pour autant, cela fonctionne toujours aussi bien et nécessite une voire plusieurs visions afin de comprendre ces différents niveaux d’écriture.

 

 

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Le réalisateur a toujours eu le flair pour choisir ses têtes d’affiches, Mads Mikkelsen dans la trilogie Pusher et Valhalla Rising, Tom Hardy dans Bronson. Deux acteurs maintenant reconnus dans le milieu cinématographique et depuis Drive c’est donc au tour de Ryan Gosling d’être le nouveau chouchou du metteur en scène. Pour autant, là où les deux premiers cités faisaient preuve d’un talent indéniable, il est difficile d’en dire autant pour le blondinet ayant charmé un partie de la gente féminine. En effet, son jeu quelque peu mono expressionniste dans Drive pouvait être justifié par un choix artistique correspondant à la personnalité du Driver. Lorsqu’on le découvre dans Only God Forgives et que l’on retrouve son inexpressivité tout au long du film, on ne peut en conclure qu’une chose : l’acteur est parfait lorsqu’il s’agit d’incarner un être froid et dénué de sentiments. Par contre, dès qu’il s’agit de donner un peu plus de consistance et de jouer sur un panel d’émotions, on est proche du fiasco ! C’est surement le gros point noir de la bobine, dommage.

Malgré cet handicap, le film est supérieur à son modèle, Valhalla Rising, grâce à sa structure narrative. Son modèle, décomposé en différentes parties explicitement annoncées, souffrait de nombreuses ruptures de rythme rendant le visionnage difficile sans si préparer un minimum. Ce défaut est ici éludé, l’ensemble reste fluide, les scènes contemplatives sont bien moins longues et entrecoupées de moments plus « rythmés ».

Une autre qualité du réalisateur est de proposer une violence brute mais jamais gratuite. On se retrouve donc avec des moments suggérés où seules les conséquences sont visibles telles que le meurtre du frère et d’autres filmés de manières frontales ne laissant pas insensible. Tout spectateur ayant était assidu jusqu’à la fin, se remémorera souvent la scène de l’interrogatoire. Ce point était déjà présent dans Drive, où l’auteur retardait les moments violents pour augmenter la pression et lorsque celle-ci relâchait, on se retrouvait dans un carnage comme l’illustre scène dans la chambre d’hôtel, ou dans Pusher, où le côté documentaire rendait les situations d’autant plus réalistes.

 

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Une nouvelle œuvre dans la droite lignée des précédents films du metteur en scène. On se laisse emporter par ce voyage en terres asiatiques certes parfois très lent mais distillant une savoureuse atmosphère. En terme de futurs projets de Nicolas Winding Refn, il semblerait qu’une adaptation télévisuelle de Barbarella va se mettre en chantier prochainement ainsi qu’un remake de Logan’s Run un film de science-fiction des années 70.

 

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Lilitu
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Trop malsain pour moi ce film !