Utopiales 2017 : séances spéciales et documentaires

Utopiales 2017 : séances spéciales et documentaires

En dehors de la compétition internationale et des rétrospectives, les Utopiales permettent de découvrir quelques films qui n’entrent pas dans ces catégories ainsi qu’une poignée de documentaires. Cette année cependant, pas mal seront passés à l’as du côté d’Archaïc, de par la faute d’un planning déjà très chargé et à des conflits d’horaires. Ne seront donc abordés ici que le documentaire Einstein et la relativité générale : Une histoire singulière et les longs-métrages d’animation Mukafukaz et Junk Head.


Einstein et la Relativité Générale : Une histoire singulière de Quentin Lazzarotto
France, 2016, 52’, VF

La théorie de la Relativité Générale d’Albert Einstein a révolutionné notre conception de la gravitation, de l’espace et du temps. Cette théorie centenaire a marqué l’histoire scientifique du xxe siècle. Dès sa naissance, surgit un problème mathématique : la singularité de Schwarzschild. En compagnie de grands physiciens relativistes internationaux, le film nous emmène à la découverte de cette théorie au destin singulier.

AVIS DE VIDOK :

Pas de grande maison de production derrière ce documentaire puisqu’il est l’initiative de l’institut Henri Poincaré, épaulé par l’institut Lagrange, le CNC et RMC Découverte, afin de fêter le centenaire de la théorie majeure d’Einstein. Par conséquent, vous ne verrez que des scientifiques au jeu d’acteur maladroit mais aux dialogues passionnants. Le documentaire revient sur la théorie de la relativité générale, publiée par Einstein, de manière simple et ludique, en détaillant, surtout, son histoire. Comment Einstein en est arrivée à cette théorie et surtout que s’est-il passé ensuite. Comment a-t-elle été accueillie par la communauté scientifique et comment a-t-elle été mise en défaut par le mathématicien Schwarzschild. La théorie de la relativité générale qui est désormais acquise dispose d’une histoire méconnue du grand public. Ce documentaire est donc constitué de 52 minutes passionnantes, pour les néophytes comme moi, durant lesquelles des scientifiques reviennent sur la puissance et la révolution qu’est cette théorie.


Mukufukaz de Guillaume Renard
France/Japon 2016, 90’, VF

À la suite d’un accident de scooter provoqué par la vision d’une mystérieuse inconnue, Angelino, un bon à rien comme il y en a des milliers à Dark Meat City, une sordide mégapole de la côte Ouest, commence à avoir de violentes migraines accompagnées d’étranges hallucinations. Avec son fidèle ami Vinz, il tente de découvrir ce qui lui arrive, alors que de menaçants hommes en noir semblent bien déterminés à lui mettre la main dessus…

AVIS DE VIDOK :

Sauvez-moi : je n’ai rien compris. “Trop bien, il y aura Mutafukaz !” ai-je entendu autour de moi avant de me rendre aux Utopiales. Et puis j’ai découvert la couverture des premiers tomes dans l’immense librairie du festival. J’ai aperçu une salle de cinéma complète avant l’extinction des feux et le lancement de la projection. Innocent, je découvrais la licence. De premier abord, le film paraît irréprochable. Entre un dessin très racé, avec un style à part entière, à mi-chemin entre le manga et le comics mais sans non plus oublier ses origines européennes, le long-métrage impressionne rapidement. Tout comme son animation : fluidité et vitesse répondent bien présents. Et puis interviennent les premiers rires de la salle. Je rate une scène, puis deux, puis trois. Les rires se font de plus en plus fréquents et forts. Je souris tout au plus à certains passages et suis le scénario sans grande originalité et des dialogues déplorables mais djeuns. “C’était très drôle quand même” entends-je en sortant de la salle. Il paraît…

AVIS DE MIZAKIDO :

Co-production entre le français Ankama et le japonais Studio 4°C, Mutafukaz, adaptation de la BD du même nom, est une bonne réussite, mais non sans quelques ratés. Prenons d’abord ce qui mettra tout le monde d’accord : l’animation. Autant dire que le savoir-faire des deux sociétés se voit à l’écran, tant le film est vivant de détails, richement travaillé, et plein de trouvailles et délires visuels en tout genre. L’univers de la bande dessinée, très influencée par le manga et le comic, tout ça sur fond de sauce west-coast de pop-culture, est visiblement respecté. Pour quelqu’un qui ne connaissait absolument pas le matériel original, ce melting-pot fait quelque peu capharnaüm avec cette tripotée de scènes aussi violentes que grotesques, mais propose une poignée de personnages plutôt sympathiques, en particulier pour les seconds rôles. Je regrette cependant que le scénario fût au final un peu trop classique, avec des situations prévisibles et sans rebondissements. Le doublage, ensuite, ne m’a guère convaincu, en particulier pour le héros, assuré par un Orelsan pas toujours dans le ton. De même, l’humour, pourtant omniprésent durant toute la pellicule, ne m’a personnellement fait esquisser un sourire qu’une ou deux fois. Probablement un écart générationnel, vu les fous-rires dans la salle. Mais pour le coup, cela m’a donné envie de yeuter de plus près la BD, histoire de refaire une seconde opinion d’une œuvre qui ne manque absolument pas d’atouts.


Junk Head (version vue : part 1) de Takehide Hori
Japon, 2017, 115’ (version vue : 30 minutes), VOSTA

Les êtres humains ont abandonné la mortalité et la reproduction naturelle. Toute notion de danger ou de corvée a été reléguée à des clones, jusqu’à ce que ces créations soumises se révoltent et s’exilent dans un vaste monde sous-terrain. Les créatures, jadis serviteurs artificiels et dociles, sont devenues des monstruosités terrifiantes. Mais les humains aussi ont changé, devenant presque méconnaissables…

AVIS DE MIZAKIDO :

Le planning serré de cette édition des Utopiales aura eu raison de Junk Head, et c’est bien dommage ! Fort heureusement, pour se rattraper, il existe sur le net une version « plus courte » du film, disponible gratuitement sur la chaine YouTube du réalisateur, et qui permet tout à fait de constater le potentiel de la pellicule définitive ainsi que tout le travail accompli par une seule et unique personne, à savoir Takehide Hori. Celle-ci constitue en effet une première partie du film, et diable que c’est quand même vraiment pas mal. L’univers est crados au possible, avec des monstres et humanoïdes difformes, et des décors labyrinthiques et plutôt anxiogènes. L’histoire est ma foi plutôt intéressante même si elle n’est donc présentée ici qu’à moitié, mais elle permet d’au moins prendre connaissance avec le héros (?) ainsi qu’une poignée de personnages tout à fait étranges, en plus de saupoudrer de temps à autre un peu d’humour. Le tout est projeté à l’écran en stop-motion, et le résultat est excellent. Mieux encore, l’animation logiquement hachée confère au film un cachet horrifique supplémentaire, en plus de donner aux travellings et autres mouvements de caméra de la nervosité qui m’a rappelé (avec la musique) le mythique (et terrifiant) Tetsuo : The Iron Man. Je n’ai finalement qu’une hâte : voir la suite.

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