Utopiales 2016 : Les courts-métrages coups de coeur

Utopiales 2016 : Les courts-métrages coups de coeur

Chaque millésime des Utopiales propose une poignée de courts métrages, aux aussi en en compétition. Là encore, un favori du public ainsi qu’une sélection du jury. Cette année encore, trois sessions ont été projetées pour le plus grand bonheur des amateurs de courts.

    SESSION 1

  • TIME RODENT (*)
    de Ondrej Svadlena
    France/République Tchèque,  2016, 15’
  • 2084 (*)
    de Taz Goldstein
    États-Unis,  2015, 3’38
  • DECORADO
    de Alberto Vásquez
    Espagne, 2016, 11′
  • ADAM PEIPER
    de Monica Mateo
    Espagne, 2015, 16’30
  • LA LISIÈRE
    de Simon Saulnier
    France, 2015, 16’35
  • AUTOMATIC FITNESS
    de Alejandra Tomei
    Allemagne, 2015, 20’
  • THE RACE
    de Michaël Le Meur
    France, 2015, 14’30

    SESSION 3

  • ZONA-84
    de Lonan Garcia
    Espagne, 2016, 15’30
  • PLANEMO
    de Veljko Popovic
    Croatie, 2015, 13’35
  • RAE
    de Aaron Rovner
    États-Unis, 2016, 13’
  • RESTART
    de Olga Osorio
    Espagne, 2015, 15′
  • SILENT NIGHT
    de Nastassja Djalog
    Australie, 2015, 11’
  • YOU ARE THE CANVAS (*)
    de Jean-Paul Frenay
    Belgique, 2015, 8’30
  • ZERO
    de David Victori Blaya
    Royaume-Uni, 2015, 28’

(Cliquez le titre pour avoir accès à son trailer… Ou des infos…) – (*) indique que le visionnage complet du court est disponible (au moment de la publication de l’article en tout cas).

Malheureusement, le planning serré de l’équipe ne nous a pas permis de suivre la troisième session, qui devait être à la hauteur des deux premières : étonnante, parfois ennuyeuse, mais toujours un plaisir pour nos sens, aussi bien critiques que biologiques. Comme l’année dernière, plutôt que vous donner un avis sur chacun des courts, nous avons isolé nos préférés par séance. C’est parti !

SESSION 1

Une première session en demi-teinte, avec du très bon et du inutile. Le très bon est incarné par La Lisière, un court-métrage français étonnamment bien mis en scène sachant sous-entendre son passé et poser un cadre en quelques secondes. Sa très bonne réalisation lui donne presque des allures de superproductions en face des autres candidats. Toutefois, Automatic Fitness, tout en stop-motion, a su se démarquer par son humour noir et sa satire de notre société aseptisée et consommatrice, ce n’est pas pour rien qu’il a remporté le prix du public. Mention spéciale à 2084, très court et très drôle. Il n’apportera rien au monde de la science-fiction mais son absurdité a tôt fait de faire rire le spectateur. Aux côtés de ce trio de choix, Adam Peiper décrit étrangement le monde du travail : ce postier du futur réussit à nous ennuyer au cours de ses 16 minutes. Essai transformé puisqu’il s’agit du sujet, mais terriblement triste à regarder. Nous retrouvons également Decorado, un court-métrage du même réalisateur que Psiconautas, perchée, malsaine et… surtout malsaine. Ces petits bouts de dessin décrivant des scènes parfois tristes mais souvent dérangeantes, de morceaux de vie, allant de la routine à la masturbation et au sexe. Surtout d’ailleurs. Une horreur, tout comme Time Rodent, chouchou du jury, à la réalisation technique, tout en 3D, plutôt bonne mais à l’intérêt limité. Reste The Race un court-métrage sans intérêt lui non plus, n’ayant visiblement pas grand chose à raconter au travers de ses formes rondes mises bout à bout.
Voilà une première session plutôt équilibrée, et même si un intrus incompréhensible s’est glissé dans le lot, l’ensemble des courts-métrages diffusés étaient vraiment bons, pas toujours très drôles il faut dire, sauf 2084, une hilarante parodie du livre d’Orwell, rythmée et expéditive, ou encore Automatic Fitness, satire en stop-motion de notre société et petit préféré du public. Time Rodent et La Lisière se voulaient d’offrir une vision dystopique à la française de notre futur, avec une étrange 3D particulièrement malsaine pour le premier, puis des plans très réussis, des acteurs excellents et de la brutalité pour le second. « L’intrus » se voulait être Adam Peiper, portrait aseptisé et bizarre du monde du travail, qui n’offrait pas vraiment de quoi s’intéresser à lui, avec des allégories trop vagues et un rythme bien trop long. Viennent enfin mes deux préférés, à savoir Decorado, autre œuvre d’Alberto Vázquez diffusée durant ces Utopiales (avec Psiconautas), qui respecte le cahier des charges qu’il semble s’imposer : du grinçant, du malsain, de l’humour, une excellente réalisation visuelle et sonore et toujours un doigt d’honneur à notre société. The Race, ensuite et enfin, est un superbe voyage, neutre, sans paroles, sur notre univers, l’humanité, et le temps qui passe. Tout cela basé sur les formes rondes qui composent notre réalité. Fascinant, quoiqu’un peu long, mais fascinant quand même.

SESSION 2

La seconde session avait musclé son jeu, clairement, avec deux impressionnants courts-métrages, Keep Going et The Perceivers. Le premier propose de suivre le destin d’une jeune fille dont la vie dépend du robot qui l’accompagne. Pas de bol : les robots ne sont plus les bienvenus sur Terre et sont traqués par l’Homme. Combats saisissants, ambiance réussie, cette production coréenne en met plein les yeux sans oublier d’insister sur le lien fort des deux protagonistes. Mon préféré, et ce malgré les promesses de The Perceivers. Sous ses allures de court-métrage, ce dernier semble être une ouverture vers un univers plus grand. Sa mythologie éclabousse l’écran et nous fait espérer une version longue. A noter la présence de l’irrésistible Molly Quinn (la « fille de Castle » comme certains se sont écriés dans la salle de projection). Subotika : Land of Wonders avait pour lui d’être particulièrement drôle mais finalement peu marquant. Life Smartphone a beau s’être longuement arrêté sur les prix remportés au cours de divers festivals, il n’en demeure pas moins peu intéressant et convenu. Amo était fascinant : un androïde au look de petite fille tombant amoureux de son créateur. Le dilemme proposé à l’homme est intéressant, le film apporte une réponse possible, et en tout cas pose également la question aux spectateurs. Brillant. H Positive décrit la façon dont a choisi un homme, riche, de mourir : se créer son propre rollercoaster irrémédiablement mortel. Pourquoi pas et c’est plutôt bien fait. Enfin, il reste Freedom of Independence, perché, à l’acteur unique aux multifacettes et son montage énervé. Sûrement intéressant, je suis sûrement passé à côté, privilégiant les autres courts. De loin.
Encore le même équilibre pour cette seconde session, avec une qualité toujours au rendez-vous. On retrouve tout de même des films qui manquaient un peu d’audace, tel que Subotika : Land of Wonders, fresque rigolote mais un peu « on a compris » d’un pays resté dans une réalité post-soviétique en évoluant toujours une industrialisation sale et nucléarisée. Dans le genre de l’humour, le court mais efficace Life Smartphone, satire de notre adoration pour les téléphones, fait son job, bien placé après des sujets plus sérieux. Keep Going et The Perceivers ne manquaient pas quant à eux d’une réalisation musclée, mais le premier rappelait trop un court-métrage diffusé l’année dernière, « Avant » qui proposait un avec un thème similaire (un robot et une humaine dans un monde post-apo), et le second était finalement trop long pour tenir sur un court (mais le concept avait l’air intéressant). Amo incarne finalement le meilleur court, avec une réalisation réussie, un sujet intéressant et accessible, sans trucs vagues et une durée adaptée. Tout aussi adapté dans son minutage serré mais encore plus cynique, H Positive est une bonne baffe dans la tronche, avec un propos et un acteur aussi fous que tranchants. Mon préféré restera tout de même l’expérimental Freedom & Indepedence, qui arrive à fasciner et étonner en étant si bizarrement monté, avec son unique acteur qui incarne absolument tous les rôles, alors que ses paroles ont issues d’une tonne de répliques de films, dont Indepedence Day.

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