The Order 1886

the_order_1886_ps4_jaquette[dropcaps style=’2′]Plus d’un an après sa sortie, la Playstation 4 n’a toujours pas de Killer App. Sony mise alors beaucoup sur The Order 1886, la nouvelle et surtout première licence originale du studio Ready at Dawn. Plutôt discret et finalement encore jeune, le développeur américain a pourtant déjà une sacrée réputation dans le milieu du jeu vidéo, une réputation d’orfèvres. Avec à sa tête un ancien de chez Naughty Dog et deux de chez Blizzard, il paraît évident que la culture d’entreprise de ces deux modèles du genre s’est étendue à Ready at Dawn.

Ready at Dawn, c’est Daxter, Ôkami version Wii et les God of War sur PSP, avec leur adaptation sur PS3. Deux portages, trois jeux s’intégrant dans des licences fortes et déjà bien installées, et surtout zéro licence inédite. Le point commun de ces projets reste toutefois l’impressionnante maîtrise technique des supports. Ready at Dawn a su utiliser la portable de Sony comme peu ont réussi à le faire, offrant peut-être des jeux courts mais rivalisant sans souci avec des productions salon. Les portages des deux GoW sur Playstation 3 ne trompent pas. Ôkami utilise les spécificités de la Wii comme tout un chacun l’aurait imaginé en le parcourant sur PS2. Fort de ces expériences, et de sa trésorerie au beau fixe, le studio s’est lancé dans une toute nouvelle licence, avec un univers à créer de toute pièce. Un vrai “test” pour eux et une aubaine pour Sony en manque de nouvelle IP pour sa console. Et heureusement pour eux, les petits gars de Ready at Dawn semblent aussi bons sur Playstation 4 que sur PSP. Les premières présentations du jeu ont époustouflé la communauté des joueurs. Difficile de ne pas l’être avec ces décors et personnages photoréalistes. Théâtre des événements, la ville de Londres a rarement été aussi crédible, et ce malgré l’année, 1886. Que ce soit les costumes, les noms ou les mœurs décrits, le travail de reconstitution est sidérant.[/dropcaps]

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Désormais disponible, The Order 1886 continue d’impressionner. Il n’est pas rare de ne pas remarquer que la scène cinématique est terminée et qu’il faut désormais prendre le contrôle de Galahad, capitaine de l’Ordre, entité respectée et millénaire, chargée de protéger Londres et accessoirement la race humaine. Cette dernière en proie aux lycans – pour rappel : des loups-garous – est de plus en plus menacée, à la fois par ces créatures mais aussi par la rebellion, terroristes dont l’objectif est inconnu. L’Ordre est constitué de chevaliers à la vie éternelle grâce au sang noir. Ce dernier sert d’ailleurs de médicament permettant de se régénérer à toute vitesse. Les chevaliers n’en restent pas moins mortels, et peuvent succomber à des blessures. Galahad, membre de la chevalerie, sous le commandement de Perceval, va peu à peu découvrir qu’un complot semble se fomenter dans les rangs de l’Ordre et que les ennemis ne sont peut-être pas ceux que l’on pense. Evidemment. Le scénario de The Order 1886, à défaut de nous faire tomber à la renverse, a pour lui d’être plutôt bien ficelé et tient suffisamment en haleine le joueur pour qu’il ne lâche pas sa manette au bout d’une heure. Et pourtant, sachez que l’envie peut être forte.

the_order_1886_ps4_004Passée la claque graphique, il faut reconnaître que les premières foulées sont frustrantes. Le héros n’a que peu de marge de manoeuvre dans les décors. Le level design est simple : c’est toujours tout droit. A aucun moment le jeu ne laisse un choix dans sa progression. L’intéractivité avec les environnements est réduite à quelques explosifs et des documents à consulter. Un mur s’effondrera plutôt sous les coups du scénario que des vôtres, vive les scripts. Frustrant, le jeu l’est également dans ses mécaniques de jeu. C’est du Gears of War. Le système de couverture repompe entièrement ce qui se fait chez les copains, avec un petit mode ralenti permettant de cibler de multiples ennemis dans une fenêtre de temps très courte. Une fonction utile uniquement dans les deux modes de difficulté les plus élevés – ils sont au nombre de quatre. Et il faut vraiment s’y confronter pour espérer ressentir un minimum de résistance. Galahad peut porter une arme de poing, un fusil et des projectiles, style fumigènes ou grenades. Il est nécessaire d’échanger son arme pour en prendre une nouvelle. Les munitions coulent à flots, soit au travers des cadavres soit au travers de boîtes disséminées un peu partout.

the_order_1886_ps4_002Ces phases sont régulièrement entrecoupées de scénes cinématiques et de quelques séquences de QTE, mais, contrairement à ce que l’on pouvait craindre, elles sont en minorité. Heureusement. Autre type de phase de jeu : les combats face aux lycans. Le trailer de l’E3 2014 laissait penser que cela pouvait être musclé. En effet, deux d’entre eux le sont, le reste du temps, il s’agit de se coincer dans un coin de la salle, de tirer sur le lycan chargeant – et jamais deux à la fois – et de presser la touche d’esquive au bon moment. Ennuyeux et complètement ratés, ces phases déçoivent énormément tant les lycans sont importants dans l’histoire de The Order 1886. D’autant que sept ou huit heures après avoir débuté l’aventure, celle-ci se boucle, de manière très abrupte, pouvant laisser penser à une suite. Vu les investissements, il était évident que Ready at Dawn ne pouvait pas se couper de cette possibilité. Mais le joueur, a-t-il envie de retrouver l’univers de The Order ? Très certainement. Le point fort du jeu est son ambiance. Superbe de bout en bout, aucun détail n’a été laissé au hasard. Pourtant, cette perfection technique a un coût, celui de la linéarité, du gameplay vu et revu, et de l’absence totale de replay value. Une fois bouclé, mis à part éventuellement la quête des trophées, il n’y a plus aucun intérêt à se relancer dans l’aventure, quand bien même le dernier niveau de difficulté se débloque.

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[section id= »conclusion » style= »border:1px solid white;padding:10px;overflow:auto;background-color:#00a0db;color:#FFFFFF; »]The Order 1886 laisse un goût amer dans la bouche. Visuellement époustouflant, il subjugue avec ses personnages élégants et aux caractères bien trempés. Le jeu d’acteur est, soit dit en passant, assez fabuleux.Son histoire intéresse suffisamment pour vouloir connaître la fin. Malheureusement, le studio a dû faire des concessions. Obtenir pareil rendu a un prix, celui d’être pris par la main, sans arrêt, et de ne pas avoir une once de réflexion durant les phases de jeu. L’univers mérite d’être connu mais il mérite aussi un second jeu avec désormais un gameplay bien à lui.[/section]

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