Utopiales 2018 : Les courts-métrages coups de cœur

Utopiales 2018 : Les courts-métrages coups de cœur

Chaque millésime des Utopiales propose une poignée de courts-métrages, eux aussi en compétition. Un favori du public ainsi qu’une sélection du jury. Pour cette édition 2018, ce n’est pas moins que cinq sessions qui ont été diffusées, et l’équipe n’a (malheureusement ?) pas pu toutes les voir. Toutefois, nous avons mené notre enquête auprès de visiteurs des Utopiales, et… il semblerait que nous n’ayons à regretter. Car, évidemment, avoir raté une séance de courts-métrages signifie tout simplement avoir privilégié d’autres projections, des projections que vous découvrirez notamment dans la partie Retrospectives et Séances Spéciales.

    SESSION 1

  • PAPILLOPLASTIE
    de David Barlow-Krelina
    Canada, 2018, 5′
  • L’AUXILIAIRE
    de Frédéric Plasman
    Belgique, 2018, 9′
  • OCCUPANT
    de Peter Cilella
    États-Unis, 2018, 4′
  • THE REPLACEMENT
    de Sean Miller
    États-Unis, 2018, 16′
  • SPACE FLOWER
    de Pam Covington
    États-Unis, 2018, 13′
  • EDGE OF ALCHEMY
    de Stacey Steers
    États-Unis, 2017, 19′
  • LAURA & VINETA (* EN VO)
    de Roberts Kulenko
    Lituanie, 2017, 20′

    SESSION 2

  • THALAMOS
    de Scott Robson et Andrew Jaksch
    Australie, 2017, 23′
  • A CAT’S CONSCIOUSNESS
    de Andrea Guizar
    Pologne/Mexique, 2017, 15’
  • ATTACK OF THE CYBER OCTOPUSES
    de Nicola Piovesan
    Estonie, 2017, 20′
  • BENDITO MACHINE VI
    de Jossie Malls Alvarez
    France, 2018, 14′
  • MÉCANIQUE
    de Collectif (Ecole Esma)
    France, 2017, 6’10
  • CONTRACTOR 014352
    de Simon Ryninks
    Grande-Bretagne, 2017, 13′
  • EVERYTHING (*)
    de David O’Reilly
    États-Unis, 2017, 10′

    SESSION 3

  • THE CURE
    de Mike Olenick
    États-Unis, 2017, 20′

  • EMERGENCY STAIR
    de Mae-Hwa Park
    Corée du sud, 2017, 20′
  • CYBORGY
    de Adam Zadlo
    Pologne, 2018, 8′
  • VOYAGER
    de Kjerstl Helen Rasmussen
    Norvège, 2017, 8′
  • IRONY
    de Radheya Jegatheva
    Australie, 2017, 8′
  • INFORMATION SUPERHIGHWAY
    de Mathew Nelson
    États-Unis, 2018, 11′
  • RERUNS
    de Rosto
    France, 2018, 14′

    SESSION 4

  • KEEP THAT DREAM BURNING
    de Rainer Kohlberger
    Autriche/Allemagne, 2017, 8′
  • RFLKTR
    de Matt Turner
    États-Unis, 2018, 7′
  • SOG
    de Jonatan Schwenk
    Allemagne, 2017, 10′
  • THE LAST WELL
    de Filip Filković
    Croatie/France, 2017, 20′
  • THE MANDALAS OF THE INEXPLICABLE REVERIES OF DAEMONBOY
    de Sujay Narayan
    Grande-Bretagne, 2017, 10′
  • PALEONAUT
    de Eric McEver
    Japon, 2017, 16′
  • WORLD OF TOMORROW 2 : LE LOURD FARDEAU DES PENSÉES DES ASTRES
    de Don Hertzfeldt
    États-Unis, 2017, 23′

    SESSION 5

  • RUST IN PEACE
    de Will Welles
    États-Unis, 2018, 18′
  • UGLY
    de Nikita Diakur
    Allemagne, 2017, 12′
  • 72%
    de Lluis Quilez
    Espagne, 2017, 20′
  • WALKING MEAT
    de Shinya Sugai
    Japon, 2018, 21′
  • RILEY WAS HERE
    de Jon Rhoads et Mike Marrero
    États-Unis, 2018, 14′
  • SPINNING RECORD
    de Emily Downe
    Grande-Bretagne, 2017, 2′
  • LO SIENTO MI AMOR
    de Eduardo Casanova
    Espagne, 2018, 8′

(Cliquez le titre pour avoir accès à son trailer… Ou des infos…) – (*) indique que le visionnage complet du court est disponible (au moment de la publication de l’article en tout cas).

SESSION 1

The Replacement :
Et si la société nous permettait de créer des clones de nous ? Et si les clones disposaient, une fois présents, de droits aux mêmes titres que leurs originaux ? Et si l’un des clones disposait d’une plus belle vie que son original ? The Replacement pose la question. En plus, quelles peuvent être les conséquences quand on ressemble à l’homme le plus puissant du pays ? Ambitieux, The Replacement l’est incontestablement, avec sa société futuriste et ses quelques décors, sombres mais suffisamment mis en scène qu’ils instaurent sans l’ombre d’un souci une ambiance pesante. Comment différencier les originaux des clones ? Les clones nous doivent-ils reconnaissance ou doivent-ils être considérés comme des êtres à part entière ? Le visionnage de The Replacement laisse place (haha) à une tonne de questions d’anticipation qui montrent bien à quel point il tape juste. Le court-métrage de Sean Miller a d’ailleurs obtenu le prix Canal +, synonyme d’édition par le géant de la télévision. Une très bonne chose.
Cette première session fut une mise en jambe des plus violentes pour cette édition 2018 des Utopiales. Après deux courts très dérangeants et finalement pas si pertinents (Papilloplastie et L’Auxilaire) ainsi qu’une sorte de trailer (très réussi) pour une hypothétique bobine plus longue (Occupant), les premières oeuvres intéressantes arrivent enfin, notamment avec The Replacement, satire drôle d’un futur où les clones sont légions, ou encore Laura & Vineta, ou la rencontre hilarante entre un agriculteur un peu trop fan de ses patates, un agent du gouvernement un brin trop ridicule et un mystérieux objet venu d’ailleurs. Si je devais en retenir deux pour cette session, cela serait donc ceux là, car pour Space Flower, si c’était mignon et délicieusement kitch, il s’est avéré un peu trop léger sur le scénario, quant à Edge Of Alchemy, si la technique était intéressante, difficile de supporter l’effet visuel et la bande-son pendant 20 minutes.

SESSION 2

Contractor 014352 :
Parmi vous, se trouvent très certainement certains salariés de grandes entreprises, des entreprises si grandes qu’il est nécessaire de désigner les salariés par des identifiants numérotés. “Nous ne sommes pas que des nombres” est une phrase qui revient souvent au cinéma voire même dans les plaintes “in real life” de certains. Contractor 014352 nous propose de suivre l’homme qui doit rédiger les lettres et mails de licenciement. La décision ne vient pas de lui, pourtant, il est bel et bien désigné pour en être le facteur. Pour ou contre la lettre personnalisée ? Comment réussir à annoncer ce genre de nouvelles sans pour autant démolir la motivation et la vie d’une personne ? Un court-métrage intéressant et remarquablement bien joué.
Nous allons faire vite pour cette session. Je n’ai absolument rien suivi de Thalamos, qui m’a semblé tellement plat que je crois que mon cerveau a eu une absence malgré une réalisation sympathique. A Cat’s Consciousness avait du potentiel mais son côté absolument pas fini (en gros, un film d’animation avec des assets pas texturés) était trop déroutant pour être oublié. Attack Of The Cyber Octopuses, avec sa réalisation mixant fond verts bon marché et pistolets Nerfs, avait un certain charme mais son scénario était bien trop brouillon pour être apprécié. Heureusement, la suite de la session s’est nettement amélioré avec pour enchaînement Bendito Machine VI, un film d’animation proposant un mélange très drôle entre 2001 : L’Odyssée de l’Espace et une satire sur les nouvelles technologies sur un graphisme rappelant le jeu-vidéo Insanely Twisted Shadow Planet, ou encore le très inspiré par Wall-E en l’objet de Mécanique à la superbe réalisation. Je retiendrais surtout les deux derniers courts, à savoir cynique Contractor 014352 qui critique ouvertement la froideur dont certaines grosses entreprises sont caractérisées surtout quand il s’agit de faire du social, ou encore Everything, qui n’est ni plus ni moins qu’une sorte de trailer de 10 minutes pour l’excellente et planante expérience vidéoludique du même nom créée par David OReilly, mais montée comme un court-métrage, avec de métaphoriques extraits discours du philosophe Alan Watts.

SESSION 4

The Last Well :
L’eau est devenue une denrée très rare. Une des dernières sources est contrôlée par un homme, qui monnaie l’eau à tous ceux qui arrivent à le trouver. Sa dernière transaction se passe mal et il se retrouve à devoir héberger une femme et sa fille. Ce court-métrage réussit, par ses plans et les expressions de chacun, à raconter une histoire avec pour ainsi dire aucun dialogue. L’acteur Alen Liveric est d’ailleurs la pierre angulaire de l’oeuvre. Imposant, impassible, il tire l’intégralité du scénario à lui, et sans jamais rien trahir, il nous amène vers l’effroyable dénouement. Par sa violence, pas nécessairement visuelle, cette production croate laisse un arrière-goût d’effrayante crédibilité. A noter l’attachante prestation de Mia Biondic, mère, désormais veuve, qui souhaite à tout prix protéger sa fille. A tout prix.
Une session des plus étonnantes assurément ! Après 9 minutes de bruit blanc de télévision avec Keep That Dream Burning qui aurait déclenché plus d’une crise d’épilepsie, il s’est avéré que nous n’avons pas pu visionner RFLKTR, non sans que le projectionniste tente par deux fois de le faire, ainsi qu’un troisième essai en fin de session, une fois encore sans succès, mais pour la plus grande hilarité dans la salle. Apparemment, nous n’avons rien raté. La suite fût bien plus calme, avec un sympathique SOG, petit film d’animation avec des créatures étranges balançant des cailloux sur des poissons perchés dans des arbres (oui oui !), pour enchaîner sur une très bonne surprise en l’objet de The Last Well, un court dystopique se déroulant dans un monde où l’eau pure se fait rare et se récupère par une froide violence. L’inexplicable court métrage animé qui a suivi – The Mandalas Of The Inexplicable Reveries Of Daemonboy – avait du potentiel de sympathie s’il n’avait pas été aussi long, pas comme Paleonaut, qui, bien que classique, s’avérait plutôt intéressant dans son concept de voyage dans le temps. Mais grand fan de monsieur Don Hertzfeldt, mon préféré de la session sera donc la suite de World of Tomorrow, avec toute l’étrangeté de son humour, les thématiques abordées, ou tout simplement cette touche de n’importe quoi bordélique mais maîtrisé propre au réalisateur.

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